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Le choix du consommateur

15 parties

Objectifs — à la fin de ce cours, tu sais

  • Poser le problème du consommateur : un budget fini, des envies qui ne le sont pas, et une règle pour trancher.
  • Écrire la contrainte de budget en équation, tracer la droite de budget, et lire sa pente comme un prix relatif.
  • Énoncer la loi de l'utilité marginale décroissante, et s'en servir pour dénouer le paradoxe de l'eau et du diamant.
  • Appliquer la règle du dernier euro : classer les achats possibles par utilité marginale PAR EURO et dépenser dans l'ordre.
  • Construire la demande individuelle d'un bien en rejouant le choix à plusieurs prix, la relier à la demande de marché du cours n°1 — et la lire à l'envers pour y trouver la disposition à payer, enfin construite.
  • Décomposer l'effet d'une hausse de prix en effet de substitution et effet de revenu, et dire lequel une baisse de revenu isole.
  • Lire une courbe d'indifférence et son taux marginal de substitution, et montrer que la tangence redit la règle du dernier euro.
  • Reconnaître une solution en coin, et dire ce que la règle du consommateur suppose pour s'appliquer.

I. D'où vient la disposition à payer ?

Les deux chapitres précédents ont fait travailler un personnage sans jamais l'ouvrir. L'acheteur y portait un nombre — sa disposition à payer : 40 € pour le vélo d'Amina, 6,50 € pour le premier café — et ce nombre tombait du ciel. Il suffisait pour construire la demande, l'équilibre, les surplus, les procédures. Mais un examinateur finit toujours par poser la question d'en dessous : d'où sortent ces nombres ? Ce chapitre ouvre la boîte : il regarde un consommateur choisir, et fait NAÎTRE sa disposition à payer de deux ingrédients seulement — un budget fini, et des satisfactions qui s'usent.

Le décor est hérité du chapitre précédent, et c'est voulu : du café à 3 €, du thé à 1,50 € — « une tasse de café coûte deux thés », le prix relatif qu'il a mis en scène. Notre consommateur dispose de 12 € pour sa semaine de pauses. Douze euros, deux biens, et une question que tout le monde se pose devant un distributeur : combien de chaque ? La réponse occupera les sections II à IV, et elle tient en une règle qu'on peut appliquer en partiel comme au distributeur.

Avant la règle, une énigme — posée dans sa forme célèbre en 1776, après avoir couru le siècle chez les économistes, et c'est elle que la solution éclairera. Adam Smith, dans La Richesse des nations (livre I, chapitre 4), s'étonne : rien n'est plus utile que l'eau, et elle ne s'échange presque contre rien ; un diamant ne sert presque à rien, et il s'échange contre une fortune. Si la valeur venait de l'utilité, l'eau devrait valoir plus que le diamant. Le paradoxe de l'eau et du diamant attendra près d'un siècle d'être éclairé pour de bon — Smith s'en tire en séparant valeur d'usage et valeur d'échange, ce qui nomme le problème plus qu'il ne le résout ; un précurseur percera l'énigme dès 1854 sans être lu de personne, et il faudra 1871 pour que la clé entre dans la science établie, avec les marginalistes que le cours n°1 a présentés (Jevons, Menger). Cette clé tient en un mot : la MARGE. Garde l'énigme en tête, la section III te présente le précurseur et la dénoue en deux lignes.

II. La contrainte de budget : ce que 12 € autorisent

Commençons par ce qui ne se discute pas : on ne dépense pas ce qu'on n'a pas. Notons x le nombre de cafés et y le nombre de thés. Chaque café coûte 3 €, chaque thé 1,50 € : la dépense totale vaut 3x + 1,5y, et elle ne peut pas dépasser 12 €. Les paniers que le budget autorise vérifient donc 3x + 1,5y ≤ 12 — et comme un euro gardé ne rapporte rien dans ce chapitre, les paniers qui nous intéressent saturent la contrainte : 3x + 1,5y = 12. (Du moins tant qu'il reste une tasse utile à acheter — nos nombres sont réglés pour que le compte tombe juste, et la section IV dira quoi vérifier quand il ne tombe pas juste.) Cette équation est la CONTRAINTE DE BUDGET saturée — la contrainte elle-même, 3x + 1,5y ≤ 12, admet aussi les paniers qui laissent de l'argent —, et le graphique de l'équation est une droite, la DROITE DE BUDGET.

Lis ses deux extrémités, elles se calculent de tête. Tout en café : 12/3 = 4 cafés et rien d'autre. Tout en thé : 12/1,5 = 8 thés — plus que ce buveur n'en boira jamais, la section III le dira : la droite dit ce que le revenu PERMET, pas ce que le goût demande. Entre les deux, la droite descend — et sa PENTE est le nombre le plus important du chapitre. Renoncer à un café libère 3 €, qui achètent exactement deux thés : la droite perd deux thés chaque fois qu'elle gagne un café, sa pente vaut −2. Or « deux thés pour un café », c'est mot pour mot le PRIX RELATIF du chapitre précédent. La pente de la droite de budget n'est pas un nombre de plus : c'est le taux auquel LE MARCHÉ accepte d'échanger du thé contre du café, imposé au consommateur avant même qu'il ait des goûts.

Deux gestes déplacent cette droite — le schéma ci-dessous les montre (un prix SEUL fait pivoter ; tous les prix ensemble et dans la même proportion, à revenu fixe, translatent comme un revenu qui fond, et si le revenu suit les prix, rien ne bouge). Le REVENU la translate : avec 6 € au lieu de 12, les extrémités tombent à 2 cafés ou 4 thés, la droite se rapproche de l'origine PARALLÈLEMENT à elle-même — la pente n'a pas bougé, car les prix n'ont pas bougé. Un PRIX la fait pivoter : café à 6 €, l'extrémité café tombe à 2 quand l'extrémité thé reste à 8 — la droite pivote autour du point que le prix inchangé commande. Retiens le geste avant le calcul : revenu → translation, prix → pivot. C'est l'écho, côté consommateur, du réflexe du cours n°1 — déplacer la courbe, ou glisser le long d'elle.

La contrainte de budget, écrite une fois pour tout le chapitre

Rien que la comptabilité d'un porte-monnaie — mais posée en symboles, elle servira à chaque section.

  1. 3x + 1,5y = 12

    x : cafés à 3 € ; y : thés à 1,50 € ; 12 : le revenu de la semaine, en euros. Tout panier qui coûte exactement le budget est SUR la droite ; en dessous, il reste des euros ; au-dessus, il est inaccessible.

  2. x = 0 → y = 8 · y = 0 → x = 4

    Les deux extrémités : tout en thé, ou tout en café. Deux points suffisent à tracer la droite.

  3. pente = −(3 / 1,5) = −2

    Le rapport des prix, signe moins compris : un café de plus coûte toujours deux thés de moins. C'est le prix relatif du chapitre précédent, devenu géométrie.

Contrôle en un point : le panier (2 cafés ; 4 thés) coûte 3 × 2 + 1,5 × 4 = 12 €. Il est SUR la droite — retiens-le, c'est lui que la section IV va désigner.

La droite de budget : pente égale au prix relatif, translation par le revenu, pivot par un prixy (thés)x (cafés)(2 ; 4)pente −2 : le prix relatifrevenu 6 €café à 6 €4824
La droite de budget 3x + 1,5y = 12 : extrémités à 4 cafés et 8 thés, pente −2 — le prix relatif. En pointillé, les deux seuls gestes qui la déplacent : la translation quand le revenu tombe à 6 € (mêmes prix, même pente), le pivot quand le café passe à 6 € (l'extrémité thé ne bouge pas). Coïncidence de nos nombres, à ne pas surinterpréter : les deux variantes touchent l'axe des cafés au même point (2), car 6/3 = 12/6 — un revenu de 9 € l'aurait touché à 3. Le carré marque (2 ; 4), le panier que la section IV désignera.

III. L'utilité marginale : la dernière tasse décide

Le budget dit ce qui est POSSIBLE ; il ne dit rien de ce qui est PRÉFÉRABLE. Il faut maintenant décrire les goûts, et les économistes du XIXᵉ siècle ont buté longtemps sur la façon de le faire. La percée tient en une distinction : ce qui compte n'est pas ce que vaut LE café en général, mais ce que rapporte LA PROCHAINE tasse — l'utilité MARGINALE, celle de la dernière unité. Hermann Heinrich Gossen l'énonce dès 1854 dans un livre que personne ne lit alors : la satisfaction tirée de chaque unité supplémentaire d'un même bien DÉCROÎT à mesure qu'on en consomme. Première tasse du matin : un événement. Cinquième de la journée : un geste machinal. Le livre de Gossen sombre, son auteur meurt oublié — et quand Jevons découvrira l'ouvrage après coup, il reconnaîtra loyalement, dans la préface de 1879 à sa propre théorie, que Gossen l'avait « completely anticipated » — complètement devancé. (D'autres approchaient la clé par leurs propres chemins — l'ingénieur Dupuit, que le cours n°1 t'a montré inventer le surplus en 1844, raisonnait déjà à la marge d'un pont — mais c'est Gossen qui en fait des lois générales du comportement.) L'histoire a retenu la leçon sous le nom de PREMIÈRE LOI DE GOSSEN.

Donnons des nombres à notre consommateur — fictifs et assumés comme tels, exprimés en « points de satisfaction » (l'unité fera sourire, la section VII s'en débarrassera proprement). Le tableau ci-dessous égrène ses tasses : le premier café de la semaine lui rapporte 18 points, le deuxième 12, le troisième 8 — la décroissance de Gossen, ligne à ligne. Côté thé, la même loi de décroissance, à des niveaux plus modestes — jusqu'à la 5ᵉ tasse, à 3 points des deux côtés — et par paliers plus doux : 9, puis 7,5, puis 6. Au-delà de cinq tasses de chaque, plus rien : ce consommateur-là est rassasié.

L'énigme de la section I se dénoue ici, en deux lignes comme promis. L'eau est abondante : on en consomme déjà beaucoup, et la MARGE — le verre suivant — ne vaut presque rien, quoi que vaille l'eau en général. Le diamant est rare : on en est à la première unité, celle du haut du tableau, et la marge vaut une fortune. Le prix ne paie jamais la valeur d'un bien « en soi » : il se règle sur la dernière unité échangée. Smith comparait les totaux, la solution compare les marges. Réponse de copie, en une phrase : l'eau a une utilité TOTALE immense et une utilité MARGINALE dérisoire ; le diamant, l'inverse — et le prix suit la marge.

Tasse (rang)Utilité marginale du caféUtilité marginale du thé
1ʳᵉ189
2ᵉ127,5
3ᵉ86
4ᵉ54,5
5ᵉ33

IV. La règle du dernier euro

Voici le cœur du chapitre, et la règle se démontre avec un raisonnement d'échange que le partiel adore. Suppose le budget déjà réparti, d'une façon quelconque. Déplace UN euro du thé vers le café : tu perds ce que cet euro rapportait en thé, tu gagnes ce qu'il rapporte en café. Si le gain dépasse la perte, la répartition n'était pas la bonne — et le même argument vaut dans l'autre sens. Le choix ne tient donc en équilibre que lorsqu'un euro rapporte AUTANT de satisfaction d'un côté que de l'autre : l'utilité marginale PAR EURO doit s'égaliser entre les biens. C'est la DEUXIÈME LOI DE GOSSEN — la règle du dernier euro.

Attention au piège qui coûte le plus de points : on n'égalise pas les utilités marginales, on égalise les utilités marginales DIVISÉES PAR LE PRIX. La 2ᵉ tasse de café (12 points) rapporte plus que la 3ᵉ de thé (6 points) — mais elle coûte le double. Ramenées à l'euro : 12/3 = 4 points par euro côté café, 6/1,5 = 4 points par euro côté thé. Égalité. Un bien cher a le droit d'être cher : il doit seulement le rendre, euro pour euro.

La règle devient un algorithme de copie, et le tableau ci-dessous le déroule sur nos 12 € : calcule l'utilité par euro de chaque tasse possible, classe tout par ordre décroissant, dépense dans l'ordre jusqu'à épuisement. Les six premiers achats — le 1ᵉʳ café, les deux premiers thés, puis le 2ᵉ café (à égalité de points par euro avec le 3ᵉ thé : la plus chère d'abord), enfin les 3ᵉ et 4ᵉ thés — consomment exactement 12 € : le panier choisi est (2 cafés ; 4 thés), pour 57 points. Cherche alors l'égalisation dans le panier : une paire comparable — une tasse de chaque bien achetée au même rendement : 2ᵉ café, 3ᵉ thé — tombe à 4 points par euro des deux côtés ; mais la condition porte sur les DERNIÈRES tasses de chaque bien, et la toute dernière achetée (4ᵉ thé, 3 points par euro) déborde de l'égalité — le paragraphe suivant dit pourquoi, et c'est la vie des tasses entières. Et vérifie qu'aucune tasse restée au comptoir — 3ᵉ café (8/3 ≈ 2,7 par euro), 5ᵉ thé (2 par euro) — ne rapporte plus par euro que ce qui a été acheté.

Une honnêteté de méthode, avant d'aller plus loin — deux avertissements du monde INDIVISIBLE. D'abord, l'égalisation tombe rarement juste au centime : ici la 4ᵉ tasse de thé (3 points par euro) entre encore dans le panier parce qu'il reste 1,50 € et qu'elle bat tout ce qui est encore achetable. Ensuite, le classement a besoin d'une règle de départage. À ÉGALITÉ de points par euro, sers d'abord la tasse la PLUS CHÈRE : elle place davantage d'euros au meilleur rendement encore disponible, quand la petite en laisse en attente à un rendement moindre. À prix égaux, l'ordre est indifférent. L'exercice 1 te fera toucher le piège : à 9 € de budget, départager dans l'autre sens fait finir sur un panier battu. Ce départage est une règle de CE chapitre, vérifiée sur tous ses cas — pas un théorème universel : les tasses entières savent déjouer toute recette simple, et de près : thé à 3,25 € (café 3 €, 12 €), le classement rend (2 ; 1), 39 points, les deux contrôles passent, et (4 ; 0) en vaut 43. D'où le filet, qui tient en une phrase : classement ainsi réglé et double contrôle passé, le panier est le bon dans chacune des situations que ce chapitre résout — nous l'avons vérifié en comparant, à chaque fois, TOUS les paniers finançables ; hors d'elles, le thé à 3,25 € vient de montrer que le filet cède sans prévenir. Au moindre doute face à un énoncé neuf, la comparaison directe de deux ou trois paniers voisins reste le juge de paix, et c'est l'affaire de trois lignes. L'égalisation au sens strict, elle, vaut quand les quantités se fractionnent — la section VII le montrera sur une courbe lisse, où elle tombe juste, exactement, en (2 ; 4).

Ordre d'achatTasseUtilité par euroDépense cumulée
11ᵉʳ café (18 points, 3 €)63 €
21ᵉʳ thé (9 points, 1,50 €)64,50 €
32ᵉ thé (7,5 points)56 €
42ᵉ café (12 points)49 €
53ᵉ thé (6 points)410,50 €
64ᵉ thé (4,5 points)312 € — stop

La règle du dernier euro, posée puis appliquée

La démonstration par l'échange d'un euro, puis le panier qu'elle désigne sur nos tables.

  1. Um(café)/p(café) = Um(thé)/p(thé)

    Um : l'utilité marginale de la PROCHAINE tasse ; p : son prix. Tant que les deux rapports diffèrent, déplacer un euro du côté faible vers le côté fort augmente la satisfaction totale — le choix n'est stable qu'à l'égalité.

  2. 12/3 = 4 et 6/1,5 = 4

    Sur les tables du cours : la 2ᵉ tasse de café et la 3ᵉ de thé rapportent chacune 4 points par euro. Une paire comparable s'égalise (2ᵉ café, 3ᵉ thé) — mais la condition vise les dernières tasses de chaque bien, et la dernière achetée (4ᵉ thé, 3 points par euro) déborde de l'égalité : en tasses entières, n'attends pas une égalité au centime — le panier se valide par le double contrôle (budget épuisé, rien de mieux au comptoir), et au moindre doute par la comparaison directe.

  3. panier choisi : (2 ; 4), dépense 3×2 + 1,5×4 = 12 €

    Deux cafés, quatre thés : le budget est épuisé, aucun euro déplacé n'améliore. Utilité totale : (18+12) + (9+7,5+6+4,5) = 57 points.

Réflexe de contrôle, et son statut honnête : vérifie les DEUX choses — le budget épuisé, et rien de mieux au comptoir. Ces deux contrôles attrapent l'immense majorité des erreurs de copie ; en tasses ENTIÈRES, aucune recette courte n'est pour autant un certificat — il existe des prix où le meilleur panier laisse au comptoir une tasse au rendement supérieur à la dernière achetée, simplement parce qu'elle ne rentre plus dans le budget (café à 4,50 € : le meilleur panier est (1 ; 5), 12 € pile, et le 2ᵉ café resté au comptoir rapporte ≈ 2,7 points par euro contre 2 au dernier thé — il coûte 4,50 €, et il ne reste rien). Le seul juge, en indivisible : la comparaison directe des paniers voisins. Autre couture du même tissu : à des prix qui ne tombent pas juste, un reliquat peut rester INCASABLE — café à 5 € : le meilleur panier (1 ; 4) dépense 11 €, et le douzième euro ne paie aucune tasse. La section VII montrera le monde divisible, où l'égalisation redevient un critère exact.

V. Du choix à la demande : ta courbe, construite

Le cours n°1 posait la loi de la demande ; ce chapitre peut maintenant la FABRIQUER. Une courbe de demande individuelle répond à la question : combien de cafés ce consommateur choisit-il À CHAQUE prix ? Il suffit de rejouer la section IV en changeant le prix du café, tout le reste — revenu, prix du thé, goûts — restant cloué au mur : c'est la clause « toutes choses égales par ailleurs » du cours n°1, appliquée à la lettre.

Café à 6 € : chaque point de café coûte deux fois plus cher, le classement se renverse — les trois premiers thés passent devant, le 1ᵉʳ café (3 points par euro) ne se place qu'ensuite, et les 12 € s'épuisent sur (1 café ; 4 thés). Café soldé à 1,50 € : les cafés remontent le classement, le panier devient (4 ; 4). Trois prix, trois choix : 4 cafés à 1,50 €, 2 cafés à 3 €, 1 café à 6 €. Voilà une courbe de demande — pas supposée : DÉDUITE, point par point, de la règle du dernier euro. (Et si tu relies plutôt les paniers COMPLETS — (4 ; 4), (2 ; 4), (1 ; 4) — dans le plan des deux biens, tu traces la courbe de CONSOMMATION-PRIX ; sa jumelle côté revenu t'attend à la section VI.) Elle décroît, et l'on sait désormais exactement pourquoi : quand le café renchérit, ses points par euro fondent, et le classement le rétrograde.

Le schéma ci-dessous la trace, dans la convention du cours n°1 — prix en ordonnée, héritée de Marshall. Remarque une propriété de CE consommateur, à ne pas prendre pour une loi : aux trois prix, il consacre exactement 6 € au café (1,5 × 4 = 3 × 2 = 6 × 1). La moitié du budget — c'est la signature du jeu de préférences choisi pour ce cours ; la section VII l'écrira noir sur blanc et la démontrera à tout prix pour le consommateur lisse. Les tables, elles, la suivent aux trois prix du cours — et à d'autres, café 2 € par exemple — mais pas partout : à 3,75 €, l'exercice 4 te fera trouver 7,50 € au café — et ce n'est pas l'arrondi des tasses entières qui les écarte : rendues divisibles, elles donneraient encore (2 ; 3), 12 € pile. Deux jeux de goûts, calibrés pour désigner les mêmes paniers sur les quatre scénarios du cours (la section VII le dira), et libres de diverger ailleurs. Autre remarque, plus troublante : ses thés n'ont pas bougé (4 aux trois prix). Le prix du café a changé deux fois, le thé n'a pas bronché — la section VI explique ce calme apparent, et il cache un vrai combat.

Et la promesse du titre se tient ici. Lis cette courbe À L'ENVERS, comme le cours n°1 te l'a appris : à chaque quantité, le prix-frontière au-delà duquel la tasse ne passe plus. À 3 €, la 2ᵉ tasse entre au panier ; à 6 €, plus. Ce prix-frontière porte un nom que tu connais depuis le premier chapitre : la DISPOSITION À PAYER. Sur la courbe lisse, il se lit exactement — 3 € pour la 2ᵉ tasse, 1,50 € pour la 4ᵉ. Aux tables, il se loge plus haut — l'exercice 4 te fera rejouer le classement à 3,75 €, où la 2ᵉ tasse passe encore —, parce que les tables sont d'autres goûts que la courbe, pas parce que les tasses sont entières : ce que les deux dispositifs partagent à coup sûr, ce sont les quatre paniers du cours, non la frontière. L'essentiel est là : ce nombre tombait du ciel — 40 € pour le vélo d'Amina, sans explication. Il a désormais une usine : un budget, des utilités marginales qui s'usent, la règle du dernier euro qui arbitre. Et avec lui, le SURPLUS du cours n°1 gagne la sienne : v ne se postule plus, elle se calcule — et v − p, ce que l'échange laisse à l'acheteur, se calcule avec elle. Ce que les chapitres 1 et 2 posaient en donnée, ce chapitre vient de le FABRIQUER. L'usine livre la NATURE du nombre, pas sa valeur chez autrui : les 6,50 € du premier café, au cours n°1, étaient ceux d'un AUTRE buveur, sur un autre marché — notre consommateur, lui, vient de fabriquer les siens. (Une rigueur pour plus tard, héritée du cours n°1 : le long d'une courbe de demande se glisse aussi, en toute rigueur, l'effet de revenu que la section VI démonte — et dès qu'il joue, le surplus v − p sommé sur les tasses n'est plus une mesure exacte du bien-être, seulement une bonne approximation ; l'exactitude demanderait les compensations à la Hicks que la section VI croise. Au partiel de L1, la clause « toutes choses égales par ailleurs » suffit.)

Dernier pont, et le cours n°1 se referme : la demande DE MARCHÉ y était la somme horizontale des demandes individuelles — étudiants plus employés, à chaque prix. Tu sais maintenant d'où viennent les courbes qu'on additionnait : chacune est la trace d'un consommateur qui applique, avec son budget et ses goûts, la règle du dernier euro. La microéconomie s'emboîte ainsi : Gossen dans chaque tête, Marshall sur le marché.

La demande individuelle de café, construite en rejouant le choix à trois prixP (€)Q (cafés)1,50 €43 €26 €1dà chaque point : p × q = 6 €
La demande individuelle de café, construite en rejouant le choix à trois prix, revenu fixé à 12 € : 4 cafés à 1,50 €, 2 à 3 €, 1 à 6 €. La courbe lisse qui les relie est celle du consommateur divisible de la section VII, calibré pour passer par ces trois choix — elle vérifie prix × quantité = 6 € partout, la moitié du budget (propriété du jeu de préférences choisi ici, pas une loi). Prix en ordonnée : convention du cours n°1, héritée de Marshall.

VI. Substitution et revenu : les deux effets, démontés

Le cours n°1 nommait deux mécanismes derrière la loi de la demande — effet de substitution, effet de revenu — sans pouvoir les démonter : il n'avait encore ni budget écrit, ni utilités. C'est ici que ça se démonte. Reprends la hausse du café de 3 à 6 € : le panier passe de (2 ; 4) à (1 ; 4). Ce recul du café mélange DEUX choses, et le partiel demande de les séparer. D'abord le prix RELATIF a changé : un café coûtait deux thés, il en coûte quatre — dans le classement des utilités par euro, chaque tasse de café rétrograde, et le consommateur SUBSTITUE. Ensuite le pouvoir d'achat a fondu sans qu'aucun billet ait quitté le porte-monnaie : l'ancien panier (2 ; 4) coûterait désormais 6 × 2 + 1,5 × 4 = 18 €, inaccessible avec 12 €. Tout se passe comme si le consommateur s'était APPAUVRI — c'est l'effet de revenu.

Comment isoler le second ? Par l'expérience que le modèle isole et que la réalité mêle à tout le reste : changer le revenu SANS toucher aux prix — une prime le fait, mais jamais seule. Budget ramené de 12 à 6 €, prix inchangés : le choix devient (1 café ; 2 thés) — les deux consommations reculent. Un bien dont la consommation baisse quand le revenu baisse est un bien NORMAL : ici, sur la plage explorée, le café et le thé se comportent tous deux en biens normaux (la section VIII dira le petit accroc de palier que les tasses entières peuvent produire entre deux revenus voisins). Le bien INFÉRIEUR du cours n°1 est l'autre cas — la consommation qui MONTE quand le revenu recule, parce qu'on se rabat — et tu peux maintenant le dire proprement : c'est un bien dont l'effet de revenu joue à rebours. Un dernier mot sur cette expérience, car elle fabrique DEUX objets d'examen qu'il ne faut pas confondre. Relie les paniers complets à chaque revenu — (2 ; 4) à 12 €, (1 ; 2) à 6 €, dans le plan des deux biens — et tu traces le CHEMIN D'EXPANSION DU REVENU (la courbe de consommation-revenu). Reporte maintenant, pour UN bien, sa quantité face au revenu — (6 € ; 1 café), (12 € ; 2 cafés), dans le plan revenu-quantité — et tu obtiens la courbe d'ENGEL du café : croissante pour un bien normal, décroissante pour un bien inférieur. Ernst Engel, lui, avait établi dès 1857, sur les budgets de familles qu'il dépouillait, la première loi empirique de la consommation : la part du budget consacrée à la nourriture recule quand le revenu monte.

Avant de quitter l'expérience, porte-la dans le plan du cours n°1 — c'est lui qu'elle vient boucler. À 3 € le café, le choix tombe de 2 tasses (revenu 12 €) à 1 tasse (revenu 6 €) : dans le plan prix-quantité de la section V, le point glisse vers la gauche sans que le prix ait bougé. Et pour le consommateur lisse, tout se lit d'un coup : sa courbe vérifiait prix × quantité = 6 € — la moitié de 12 ; à revenu 6 €, elle vérifie prix × quantité = 3 €. Chaque point migre vers la gauche : la courbe ENTIÈRE s'est déplacée. C'est, construit sous tes yeux, le DÉPLACEMENT de la demande que le cours n°1 posait en affirmation — le revenu déplace la courbe, disait-il, sans pouvoir encore le montrer ; l'exercice 5 te le fera tracer. Le cours n°1 citait une troisième manette : le prix d'un bien LIÉ. Chez le consommateur LISSE, elle ne ferait rien à la demande de café : la tangence égalise les deux DÉPENSES — y/x = p(café)/p(thé) se réarrange en p(thé) × y = p(café) × x —, la moitié du revenu à chaque bien quels que soient les deux prix (le calcul de la section VII, refait sans fixer le prix du thé), et 6 € de café à 3 € la tasse font 2 tasses, que le thé coûte 1 € ou 3 €. Les tables, elles, répondent bel et bien : thé à 3 €, le classement de la section IV donne (3 cafés ; 1 thé) — vérifie, quatre achats — et la dépense de café monte à 9 € : le café gagne une tasse quand son substitut renchérit, exactement le déplacement que le cours n°1 décrivait avec ses substituts. Le chapitre s'en tiendra pourtant à ce coup d'œil, et voici pourquoi : sur cette manette, les deux dispositifs cessent de désigner le même choix — non plus à la marge d'un prix-frontière, comme à la section V, mais sur le panier lui-même : le lisse garde ses 2 cafés, les tables sautent à 3 — et une démonstration bâtie là-dessus perdrait l'accord des deux échafaudages qui porte le chapitre. La leçon générale des biens liés, elle, est déjà écrite au cours n°1.

Reviens alors à l'énigme laissée en section V : pourquoi les thés n'ont-ils pas bougé quand le café a doublé ? Ce calme est un combat qui finit à égalité. L'effet de substitution POUSSE le thé : devenu relativement moins cher, il devrait gagner des tasses. L'effet de revenu le TIRE : appauvri, le consommateur devrait en boire moins, puisque le thé est normal. Chez notre consommateur, les deux forces se compensent exactement — signature, encore, du jeu de préférences choisi. Retiens la méthode plutôt que le résultat : un « rien ne bouge » peut cacher deux effets pleins qui s'annulent, et une copie qui les nomme tous deux vaut plus qu'une copie qui constate l'immobilité.

Et le bien de Giffen du cours n°1 ? Tu peux enfin le formuler exactement : il faudrait un bien inférieur dont l'effet de revenu soit assez violent pour DOMINER la substitution — la quantité monterait alors avec le prix. La décomposition qui rend ce raisonnement possible a une histoire en deux temps, et elle vaut un point de dissertation : Eugen Slutsky la publie en 1915 dans une revue italienne, en pleine guerre — sur le moment, personne ou presque ne la lit. John Hicks et Roy Allen la reconstruisent en 1934, découvrent ensuite le texte de Slutsky — l'Italie l'avait repéré dès 1933, les revues internationales le feront connaître en 1935-1936 —, et lui rendent la paternité. L'équation porte aujourd'hui son nom.

La hausse du café, décomposée sur nos nombres

Les deux effets ne se voient pas séparément dans le panier final — mais chacun laisse une trace calculable.

  1. prix relatif : 3/1,5 = 2 thés → 6/1,5 = 4 thés

    La trace de la SUBSTITUTION : le taux d'échange du marché double contre le café. Dans le classement des utilités par euro, toutes les tasses de café rétrogradent.

  2. ancien panier au prix neuf : 6×2 + 1,5×4 = 18 € > 12 €

    La trace de l'effet de REVENU : le panier d'hier n'est plus finançable. Sans perdre un euro de revenu, le consommateur est plus pauvre en pouvoir d'achat.

  3. revenu 12 → 6 €, prix fixes : (2 ; 4) → (1 ; 2)

    L'expérience qui isole l'effet de revenu : les deux biens reculent, donc les deux sont normaux. C'est le témoin de laboratoire du chapitre.

  4. compensation de Slutsky : 18 € au lieu de 12 → (1,5 ; 6) → puis 12 € → (1 ; 4)

    La décomposition, CHIFFRÉE sur le consommateur divisible que la section VII écrira en toutes lettres — une seule de ses propriétés suffit ici, celle que la section V a constatée sur trois prix et que la section VII démontre : il consacre la MOITIÉ du budget à chaque bien. Vérifie donc tout en tête : à 18 € et café 6 €, moitié de 18 = 9 € → 1,5 café ; 9 € de thé à 1,50 € → 6 thés. Redonne juste de quoi racheter l'ancien panier aux prix neufs (18 €) : la substitution SEULE joue — le café tombe de 2 à 1,5 tasse, le thé MONTE de 4 à 6. Retire ensuite les 6 € de compensation : l'effet de revenu ramène le café à 1 et le thé à 4. Café : −0,5 puis −0,5, les deux effets s'additionnent ; thé : +2 puis −2, ils s'annulent exactement — le match nul du paragraphe précédent, désormais arbitré.

En copie, la décomposition se raconte dans cet ordre : ce que fait le prix relatif (substitution), ce que fait le pouvoir d'achat (revenu), puis le bilan — et l'on précise le SIGNE de l'effet de revenu selon que le bien est normal ou inférieur.

Il existe une seconde convention de compensation, celle de Hicks : à SATISFACTION constante plutôt qu'à panier constant. Les chiffres diffèrent un peu, le principe non — au partiel, nomme ta convention.

VII. Classer sans mesurer : les courbes d'indifférence

Depuis la section III, une gêne accompagne le cours : ces « points de satisfaction », qui les a mesurés ? Personne, et personne ne le pourra — aucun thermomètre ne lit la satisfaction dans une tête. Jevons et Walras — celui du tâtonnement, au cours n°1 — assumaient pourtant cette utilité CARDINALE — une quantité, même si Jevons accordait qu'on ne la mesure jamais directement. Le tournant vient de Vilfredo Pareto, dans son Manuale d'economia politica (1906) : pour expliquer un choix, nul besoin de MESURER les satisfactions — il suffit que le consommateur sache CLASSER les paniers, dire « je préfère celui-ci », « ces deux-là se valent ». L'utilité devient ORDINALE : un classement, pas une quantité. Tout ce que ce chapitre a construit DE CHOIX — les paniers, la demande, la règle — survit à ce régime minceur ; ce qui ne survit pas, c'est la prétention de compter les satisfactions en unités. Voici comment.

L'outil du classement est la COURBE D'INDIFFÉRENCE : l'ensemble des paniers entre lesquels le consommateur ne tranche pas. Francis Edgeworth les dessine le premier (Mathematical Psychics, 1881), Pareto en fait le langage courant. Il est temps d'écrire la forme lisse promise à la section V — le consommateur divisible calibré sur les choix de nos tables, celui qui donnait déjà la courbe q = 6/p : son compteur est U = x × y, le produit des deux quantités — la forme que manuels et TD appellent COBB-DOUGLAS, du nom de Charles Cobb et Paul Douglas qui l'ont rendue célèbre en 1928 (pour décrire la production ; les préférences l'ont adoptée ensuite). La plus simple des formes à parts de budget constantes : tu vérifieras dans l'encadré qu'elle consacre toujours la moitié du revenu à chaque bien — la signature vue à la section V. La courbe d'indifférence qui passe par (2 ; 4) rassemble alors tous les paniers de produit 8 : (1 ; 8), (2 ; 4), (4 ; 2)… — vérifie, trois multiplications.

Deux mises en garde de lecture. Ce compteur n'est PAS celui des tables : il classe les paniers dans un ordre compatible avec les choix des quatre scénarios du cours, mais ses « unités » ne sont pas les « points » des sections III à VI — et c'est très bien ainsi, puisque la leçon de cette section est justement que l'unité ne compte pas. Et la forme lisse prolonge le consommateur au-delà de ses cinq tasses — commodité de tracé, comme la droite d'offre prolongée du cours n°1 : ses courbes valent dans la fenêtre du cours.

Deux propriétés se lisent sur le dessin : la courbe DESCEND — pour rester indifférent, qui perd du thé doit recevoir du café — et elle se BOMBE vers l'origine : plus on a de café, moins on exige de thé pour en lâcher un. Cette courbure traduit dans le langage des pentes le même fait de goût que la première loi de Gossen — la lassitude. (Les deux énoncés ne sont pas mathématiquement équivalents, et affiner leur parenté est précisément une partie du travail de Hicks et Allen en 1934 ; l'intuition, elle, est la même, et c'est elle qu'un partiel demande.) Dernière propriété, démontrable en une phrase : deux courbes d'indifférence ne se CROISENT jamais — un point commun serait indifférent à deux niveaux à la fois, il faudrait être indifférent entre les deux niveaux eux-mêmes — que la monotonie classe strictement, et la transitivité propage la contradiction. Absurde, donc jamais. Ces propriétés ont leur vocabulaire d'examen, et il faut le posséder : le consommateur compare toujours deux paniers (COMPLÉTUDE), ses classements s'enchaînent sans boucle (TRANSITIVITÉ — c'est elle que la démonstration du non-croisement vient d'utiliser), plus vaut toujours mieux (MONOTONIE — c'est elle qui pousse à tout dépenser ; nos tables la violent au-delà de cinq tasses), et le bombement se dit CONVEXITÉ des préférences : les mélanges valent au moins les extrêmes.

La pente de cette courbe porte un nom d'examen : le TAUX MARGINAL DE SUBSTITUTION, le nombre de thés que CE consommateur, là où il se trouve, échange contre un café sans y perdre. Il se calcule en deux lignes, et le partiel aime cette démonstration : le long de la courbe, ce que le café ajoute doit compenser exactement ce que le thé retire — Um(café) × Δx = Um(thé) × Δy —, donc le taux d'échange Δy/Δx vaut le rapport des utilités marginales, Um(café)/Um(thé). Pour U = x × y, ce rapport vaut y/x : en (2 ; 4), le TMS vaut 4/2 = 2 thés pour 1 café. Or la droite de budget impose SON taux d'échange : 2 thés pour 1 café aussi — le taux d'échange de la section II, sa pente au signe près. Au panier choisi, les deux pentes coïncident : la courbe d'indifférence est TANGENTE à la droite de budget. Ce n'est pas une coïncidence, c'est la règle du dernier euro réécrite sans unité de mesure : TMS = rapport des prix, c'est mot pour mot Um(café)/Um(thé) = p(café)/p(thé), qui se réarrange en Um/p égalisés. Deux écritures, une seule règle — le partiel accepte les deux, la meilleure copie montre qu'elles se déduisent l'une de l'autre.

Et l'égalisation qui, en tasses indivisibles, ne tombait juste « qu'à l'unité près » (section IV) devient exacte ici : au point (2 ; 4) de la courbe lisse, le dernier euro rapporte autant des deux côtés — Um(café)/p(café) = 4/3 et Um(thé)/p(thé) = 2/1,5 = 4/3 (pour U = x × y, un café de plus rapporte y et un thé de plus rapporte x — l'encadré ci-dessous le justifie), dans l'unité de ce compteur, qui n'est pas celle des tables : deux compteurs, la même égalité, et c'est bien la preuve que l'unité n'y est pour rien. L'échafaudage des « points » peut alors se ranger : la tangence ne mentionne plus aucune unité de satisfaction, seulement des pentes — un classement suffit. C'est la leçon épistémologique du chapitre, et elle est de Pareto : on a jeté le thermomètre, gardé la règle. Le mouvement aura une dernière étape, pour d'autres cours : Paul Samuelson (1938) montrera qu'on peut lire les préférences dans les CHOIX observés eux-mêmes, sans même demander leur classement au consommateur — la préférence révélée, où il ne reste plus que des actes.

Le programme du consommateur, résolu comme au partiel

L'exercice canonique de licence, sur nos nombres : une fonction d'utilité, deux prix, un revenu — trouver le panier. Sans multiplicateur de Lagrange — l'outil général que d'autres TD te feront manier : il encode exactement la même condition, la tangence, qui se lit ici directement.

  1. max U(x ; y) = x × y sous 3x + 1,5y = 12

    Le programme : x les cafés, y les thés, U le compteur ordinal de la section, la contrainte de budget de la section II. Tout l'énoncé du chapitre tient sur cette ligne.

  2. TMS = y/x (car Um(café) = y et Um(thé) = x)

    Pour U = x × y, un café de plus rapporte « y », un thé de plus rapporte « x » — le TMS est leur rapport. C'est la pente de la courbe d'indifférence au point (x ; y).

  3. tangence : y/x = 3/1,5 = 2 ⟹ y = 2x

    La condition d'optimum intérieur : la pente de la courbe égale la pente du budget — le prix relatif. Elle dit la PROPORTION du panier, pas encore son niveau.

  4. 3x + 1,5 × (2x) = 12 ⟹ 6x = 12 ⟹ x = 2, y = 4

    La contrainte fixe le niveau : (2 ; 4), le panier des tables — les deux dispositifs désignent le même choix. Remarque au passage : 3x = 6 €, la moitié du revenu au café — la signature vue à la section V, vérifiée ici à 3 € ; l'étape suivante la démontre à tout prix.

  5. à prix quelconque p : y/x = p/1,5 ⟹ 1,5y = p·x ⟹ chaque bien reçoit R/2

    La tangence en général : la dépense en thé égale la dépense en café — chacune la moitié du revenu, quel que soit p. La signature des parts constantes est DÉMONTRÉE, et avec elle la courbe lisse de la section V : q(café) = R/(2p) = 6/p pour R = 12.

  6. contrôle à revenu 6 € : y = 2x et 6x = 6 ⟹ (1 ; 2)

    Même méthode, autre revenu : le panier serré de la section VI. Deux résolutions, deux confirmations du modèle indivisible.

Réflexe de partiel : la tangence donne une ÉQUATION DE PROPORTION, la contrainte donne le NIVEAU — il faut toujours les deux, et conclure par le panier chiffré. Un TMS égalisé sans budget saturé ne désigne aucun panier.

Courbes d'indifférence et droite de budget : la tangence au panier choisiy (thés)x (cafés)(2 ; 4)tangence : TMS = 2 = prix relatifniveau atteintniveau battu4824
Le langage ordinal, sur nos nombres : la droite de budget de la section II (extrémités 4 cafés / 8 thés, pente −2) et deux courbes d'indifférence du consommateur divisible. La courbe supérieure passe par le panier choisi (2 ; 4) et n'a QUE ce point en commun avec la droite : tangence — TMS = prix relatif = 2. La courbe inférieure, d'un niveau de satisfaction moindre, coupe la droite deux fois : des paniers finançables mais battus. Mêmes axes biens × biens que le schéma du budget.

VIII. Ce que la règle suppose — et où elle craque

Un cas de partiel d'abord, parce qu'il piège chaque année : la SOLUTION EN COIN. Suppose un consommateur que le thé laisse parfaitement froid — toutes ses utilités marginales de thé sont nulles. La règle d'égalisation n'a alors aucun point d'appui : aucun euro mis sur le thé ne rapportera jamais rien, et le classement envoie tout le budget sur le café : panier (4 ; 0), sur l'axe — dans le COIN du graphique. La bonne réponse n'est pas d'écrire Um/p égalisés quand même : c'est de dire que la condition d'égalité ne s'applique qu'aux biens effectivement consommés, et qu'un bien peut rester à zéro parce que son premier euro, déjà, ne soutient pas la comparaison. Constater le coin, puis comparer directement les paniers : voilà le geste attendu. L'autre coin canonique du partiel passe par le TMS : des SUBSTITUTS PARFAITS — thé et café interchangeables tasse pour tasse, courbes d'indifférence en DROITES, TMS constant. Si ce taux d'échange intime diffère du prix relatif, aucune tangence n'est possible : tout le budget file vers le bien avantageux, coin encore. À l'opposé, des COMPLÉMENTS PARFAITS — le café et le sucre du cours n°1 — se consomment en proportions fixes : courbes d'indifférence en L, et le choix se pose à l'ANGLE du L, sur la droite de budget, quel que soit le prix relatif. Ne confonds pas l'angle et le coin — le mot piège les copies : à l'angle du L, les DEUX biens sont consommés ; une solution en coin, elle, vit sur un axe, un bien à zéro. Ces deux cartes extrêmes encadrent la nôtre, la bombée. Un mot sur le consommateur LISSE, car l'inférence rapide est un piège : ce n'est pas le bombement qui protège du coin, c'est de ne jamais toucher les axes — U = x × y vaut zéro dès qu'un bien tombe à zéro, ses courbes collent aux axes sans les toucher, et ce consommateur-là ne finit donc jamais en coin ; d'autres goûts y finissent très bien, bombés ou non — nos tables elles-mêmes, à thé assez cher (6 €), envoient tout le budget au café : (4 ; 0), et c'est un coin de GOÛT : dès sa première tasse (9 points pour 6 €, soit 1,5 point par euro), le thé rapporte moins par euro que la 4ᵉ et dernière tasse de café achetable (5 points pour 3 €, ≈ 1,67 point par euro) — son premier euro perd déjà la comparaison, le classement ne lui en donne aucun. Retiens le triptyque, il fait les questions de cours : le coin, les droites, le L. L'exercice 9 te fait manier les trois.

Ensuite, l'honnêteté du modèle — elle vaut mieux qu'une foi aveugle. La règle du dernier euro suppose un consommateur qui connaît ses goûts, compare tous les paniers, et arbitre librement à chaque euro. Or on achète aussi par habitude, par impulsion, sous publicité, ou par addiction — le café en sait quelque chose. Ces écarts ne sont pas des anecdotes : une branche entière de la discipline, l'économie comportementale, s'est construite en les documentant, et le cursus la rencontrera. Ce que le modèle prétend n'est donc pas que chaque humain calcule des utilités par euro au comptoir — c'est que la contrainte de budget mord toujours, que la satiété use tous les plaisirs, et que sous ces deux lois-là les demandes DÉCROISSENT quand les prix montent, comme si chacun appliquait la règle — à l'exception de Giffen, que la section VI a cadrée, et des accrocs d'arrondi des tasses entières, que la seconde précision ci-dessous nomme. Deux précisions ferment ce point. D'abord, chez nos deux consommateurs, Giffen est exclu par la STRUCTURE des goûts, et pas seulement par la forme lisse : dès que deux biens sont notés séparément, chacun à utilité marginale décroissante — c'est la construction même des tables —, chaque bien est nécessairement normal, en divisible, c'est-à-dire une fois écarté l'arrondi des tasses entières. Vois pourquoi sur un panier où les deux biens sont consommés et le budget dépensé : si un revenu accru faisait reculer le café, sa dernière tasse rapporterait davantage par euro, l'égalisation forcerait le thé à reculer aussi, et le budget accru ne serait plus dépensé — contradiction ; aux coins comme à la satiété, un bien est bloqué, à zéro ou au plafond, et l'autre ne peut que garder ou recevoir : aucun des deux ne recule non plus. La forme x × y n'est pas plus enchevêtrée que les tables : son compteur ne vaut que par l'ordre qu'il donne aux paniers, et le même ordre s'obtient en notant chaque bien à part, à utilité marginale décroissante ; aux prix du cours, x = R/6 et y = R/3 croissent avec le revenu. Il faut donc des goûts plus enchevêtrés — un bien dont le plaisir dépend de ce qu'on tient de l'autre, sans qu'aucun reclassement ne défasse le nœud — pour fabriquer l'exception. Ensuite, les tables indivisibles peuvent produire des accrocs de PALIER, au revenu comme au prix : passe le budget de 7,50 à 9 €, le thé recule de 3 à 2 tasses pendant que le café gagne la sienne ; à 5 € de budget, quand le café renchérit de 1 à 1,25 €, le meilleur panier passe de (3 ; 1) à (4 ; 0) — une tasse de café DE PLUS à un prix plus haut. On dirait un bien inférieur, puis un Giffen — ce n'est ni l'un ni l'autre : c'est l'arithmétique des tasses entières qui réarrange le panier. Distingue toujours un effet d'arrondi d'un effet de goût. Un modèle se juge à ce qu'il prédit, pas au réalisme de ses rouages — c'est ainsi que le cours n°1 faisait accepter son commissaire-priseur : une fiction assumée, utile par ce qu'elle démontre.

Enfin, les frontières du chapitre, à connaître pour ne pas les franchir en copie : deux biens seulement (la logique s'étend à n biens, l'écriture aussi — l'égalisation vaut alors sur TOUS les biens consommés) ; des tasses indivisibles qui font de l'égalisation stricte un cas limite (section IV) ; et un consommateur pris isolément — ce que les choix des uns font aux prix de tous a occupé les chapitres 1 et 2. Le fil microéconomique, lui, ne reprend que plus loin dans le cursus, après un long bloc de macroéconomie : l'élasticité d'abord, qui chiffre les sensibilités que ce chapitre explique, puis le producteur et ses coûts.

IX. L'atelier : choisis, puis vérifie-toi

La règle du dernier euro se retient définitivement le jour où l'on s'est trompé une fois en l'appliquant. L'atelier ci-dessous te met au comptoir : un scénario — le prix du café, le budget —, et tu PRONOSTIQUES le panier avant que le classement ne se déroule. Tant que ton pronostic n'est pas posé, rien ne se révèle : c'est le contrat de tous les ateliers de ce cursus.

Deux conseils d'usage. Commence par « Café à 6 €, budget 12 € » et demande-toi, AVANT de valider : les thés vont-ils bouger ? La section VI a répondu, mais la réponse ne devient tienne qu'après le pari. Termine par « Café à 3 €, budget 6 € » : tu y verras l'effet de revenu à l'état pur — les deux biens reculent ; que les proportions demeurent (2 : 4, puis 1 : 2) est la signature du jeu de préférences choisi, ses parts de budget constantes, pas une propriété de l'effet de revenu. Les quatre scénarios sont ceux du cours — (2 ; 4) à la section IV, (1 ; 4) et (4 ; 4) à la section V, (1 ; 2) à la section VI — : l'atelier ne teste donc pas ta découverte mais ta RÈGLE, et il ne vaut que joué SANS relire. Si tes pronostics tombent juste, la section IV est acquise ; sinon, le classement affiché — achats dans l'ordre, et la prochaine tasse de chaque bien restée au comptoir, avec ses points par euro — te montre où ton intuition a bifurqué.

Choisis la situation
Ton pronostic, avant le classement :

Choisis un nombre de cafés ET de thés avant de dérouler.

Application — un sujet de partiel, corrigé pas à pas

Un consommateur dispose de 12 € par semaine pour ses pauses. Le café coûte 3 €, le thé 1,50 €. Ses utilités marginales sont : café 18, 12, 8, 5, 3 ; thé 9, 7,5, 6, 4,5, 3. (1) Écrivez la contrainte de budget et donnez la pente de la droite. (2) Déterminez le panier optimal et justifiez-le par la règle appropriée. (3) Le café passe à 6 € : nouveau panier, et analyse de la variation en distinguant les deux effets à l'œuvre.

  1. (1) Contrainte : 3x + 1,5y ≤ 12, saturée — dépense = revenu — en la droite 3x + 1,5y = 12, avec x les cafés et y les thés. Extrémités : 4 cafés ou 8 thés. Pente : −3/1,5 = −2 — le marché échange deux thés contre un café ; c'est le prix relatif, et il faut le NOMMER ainsi.
  2. (2) La règle du dernier euro : classer les tasses par utilité marginale PAR EURO (jamais par utilité brute — c'est le piège de l'énoncé, le café semble « meilleur » tasse à tasse). Classement : 1ᵉʳ café et 1ᵉʳ thé (6 points par euro), 2ᵉ thé (5), 2ᵉ café et 3ᵉ thé (4), 4ᵉ thé (3) — dépense cumulée 12 €, stop. Panier : (2 cafés ; 4 thés). Double contrôle : budget saturé, et les tasses restantes (3ᵉ café ≈ 2,7 par euro ; 5ᵉ thé 2) font moins bien que tout ce qui est acheté.
  3. (3) À 6 €, les utilités par euro du café sont divisées par deux : le classement devient thé 1, 2, 3 (6 ; 5 ; 4 points par euro), puis 1ᵉʳ café (3) et 4ᵉ thé (3) — 12 €, stop : panier (1 ; 4). Analyse : effet de SUBSTITUTION (le prix relatif passe de 2 à 4 thés par café, le café rétrograde dans le classement) et effet de REVENU (l'ancien panier coûterait 18 €, le pouvoir d'achat a fondu). Le café recule sous les deux forces ; le thé, poussé par l'une et tiré par l'autre, ne bouge pas — et le dire vaut des points.

Phrase de copie : « Le consommateur égalise les utilités marginales par euro sous sa contrainte de budget ; la hausse d'un prix agit alors par deux canaux, substitution et revenu, qu'il faut nommer et signer séparément avant de conclure sur les quantités. »

À toi de jouer — cherche avant de regarder

  1. Ton budget de pauses tombe à 9 € (café 3 €, thé 1,50 €, mêmes utilités que le cours). (a) Écris la contrainte de budget et ses extrémités. (b) Déroule le classement du dernier euro et donne le panier choisi. (c) Vérifie les deux contrôles de la section IV.

    Un coup de pouce

    Le classement du cours ne change pas — c'est le moment où le budget dit stop qui change.

    Voir le corrigé

    (a) 3x + 1,5y = 9 : extrémités 3 cafés ou 6 thés, pente −2 inchangée (les prix n'ont pas bougé — translation, pas pivot).

    (b) Même classement qu'en section IV : 1ᵉʳ café (3 €), 1ᵉʳ thé (4,50 €), 2ᵉ thé (6 €), 2ᵉ café (9 €) — stop. Panier : (2 cafés ; 2 thés).

    (c) Budget saturé : 3×2 + 1,5×2 = 9, et les tasses écartées rapportent au mieux autant que les tasses achetées. Ce budget-là contient le piège du départage, et il faut le voir : au moment de dépenser les 3 € restants, 2ᵉ café et 3ᵉ thé sont à ÉGALITÉ (4 points par euro). La règle de la section IV — à égalité, la plus chère d'abord — sert le café et donne (2 ; 2), soit 46,5 points. Sers le thé d'abord et déroule : tu finis sur (1 ; 4), 45 points — un panier BATTU, qu'un échange améliore (rendre les 3ᵉ et 4ᵉ thés, 10,5 points pour 3 €, contre le 2ᵉ café à 12). Le départage n'est pas un détail de goût : la grosse tasse ne rentre plus si on attend.

  2. En trois phrases au plus, dénoue le paradoxe de l'eau et du diamant — et cite correctement qui l'a posé et qui l'a dénoué.

    Un coup de pouce

    Une phrase pour le paradoxe, une pour la marge, une pour le prix.

    Voir le corrigé

    Adam Smith (1776) fixe la forme célèbre du paradoxe — l'énigme courait déjà le siècle : l'eau, indispensable, ne vaut presque rien à l'échange quand le diamant, futile, vaut une fortune.

    La solution est marginaliste (Jevons, Menger, 1871, sur la loi que Gossen avait posée dès 1854) : la valeur ne se règle pas sur l'utilité TOTALE d'un bien mais sur l'utilité de sa DERNIÈRE unité — immense pour un diamant qu'on n'a pas, dérisoire pour un énième verre d'eau.

    Le prix suit la marge : abondance → marge faible → prix faible, rareté → marge forte → prix fort. L'eau totale vaut infiniment plus que les diamants ; son dernier verre, presque rien.

  3. Café soldé à 1,50 € (revenu 12 €). (a) Que devient la droite de budget ? (b) Déroule le classement et donne le panier. (c) L'égalisation du dernier euro tombe-t-elle juste ici ? Justifie proprement le panier malgré tout.

    Un coup de pouce

    À prix égaux, comparer les utilités par euro revient à comparer les utilités tout court.

    Voir le corrigé

    (a) Pivot : l'extrémité café passe de 4 à 8 tasses, l'extrémité thé reste à 8. La pente devient −1 : à prix égaux, un café coûte exactement un thé.

    (b) Classement par points par euro : 1ᵉʳ café (12), 2ᵉ café (8), 1ᵉʳ thé (6), 3ᵉ café (≈ 5,3), 2ᵉ thé (5), 3ᵉ thé (4), 4ᵉ café (≈ 3,3), 4ᵉ thé (3) — huit tasses à 1,50 €, soit 12 € tout rond. Panier : (4 ; 4).

    (c) Non : le dernier café acheté rapporte ≈ 3,3 points par euro, le dernier thé 3 — pas d'égalité stricte, les tasses sont indivisibles. La justification correcte est celle du classement : le budget est saturé et toute tasse écartée (5ᵉ café : 2 ; 5ᵉ thé : 2) rapporte moins que toute tasse achetée. Au besoin, le juge de paix — et il se joue contre les voisins qui dépensent EUX AUSSI les 12 € : (5 ; 3) donne 68,5 points, (3 ; 5) en donne 68, contre 70 au panier choisi. Comparer un panier non saturé, comme (5 ; 2) et ses 10,50 €, ne prouverait rien : il lui reste de quoi s'offrir un thé.

  4. Sans refaire tout le calcul : quand le café passe de 3 à 6 €, la dépense consacrée au café passe de 6 à 6 €. (a) Montre-le, puis explique pourquoi cette constance N'EST PAS une loi générale. (b) Lis la courbe de la section V à l'envers pour la 2ᵉ tasse : que dit la courbe lisse, et que dit le monde indivisible ? Rejoue le classement à 3,75 € avant de répondre. Comment le cours n°1 appelait-il ce prix-frontière ?

    Un coup de pouce

    Multiplie prix par quantité aux deux prix — puis, pour le (b), déroule le classement à 3,75 € comme à la section IV : utilités par euro, cumuls, stop à 12 €.

    Voir le corrigé

    (a) À 3 € : 2 cafés, dépense 6 €. À 6 € : 1 café, dépense 6 €. La quantité est exactement divisée par le facteur du prix : la dépense ne bouge pas.

    C'est la signature des préférences CHOISIES pour ce cours (parts de budget constantes : moitié café, moitié thé — démontrée à tout prix pour le consommateur lisse à la section VII ; les tables la suivent aux prix du cours mais pas partout, ton (b) à 3,75 € le prouve avec ses 7,50 € au café) — commode pour apprendre, nullement universelle. D'autres goûts donneraient une dépense qui monte ou qui baisse avec le prix ; le chapitre sur l'élasticité, plus loin dans le cursus, donnera le critère exact qui départage ces cas.

    (b) Sur la courbe lisse, le prix-frontière de la 2ᵉ tasse se lit exactement : 3 € (et 1,50 € pour la 4ᵉ). En indivisible, déroule à 3,75 € : thé₁ (6), thé₂ (5), café₁ (4,8), thé₃ (4), café₂ (3,2) — cumuls 1,50 ; 3 ; 6,75 ; 8,25 ; 12 € : la 2ᵉ tasse PASSE ENCORE, panier (2 ; 3). La frontière des tables se loge donc au-dessus de 3 € — non par l'arrondi des tasses entières (rendues divisibles, les tables donneraient encore (2 ; 3), 12 € pile), mais parce que tables et courbe sont deux jeux de goûts qui ne coïncident que sur les quatre scénarios du cours. Ce prix-frontière est la DISPOSITION À PAYER du cours n°1, celle qui y « tombait du ciel » : elle sort ici du budget, des utilités marginales et de la règle du dernier euro. Une courbe de demande se lit dans les deux sens, et le sens inverse fabrique les nombres que les deux premiers chapitres postulaient.

  5. Le revenu passe de 12 à 6 €, prix inchangés. (a) Panier ? (b) Quel effet cette expérience isole-t-elle, et pourquoi la réalité ne l'offre-t-elle jamais aussi proprement ? (c) Qu'apprend-elle sur la nature des deux biens ? (d) Reporte ton (a) dans le plan prix-quantité de la section V, puis donne, pour le consommateur lisse, l'équation de la courbe de demande du café à ce revenu : que fait la courbe ?

    Un coup de pouce

    Relis la définition des deux effets : lequel passe par les prix relatifs ?

    Voir le corrigé

    (a) Classement : 1ᵉʳ café (3 €), 1ᵉʳ thé (4,50 €), 2ᵉ thé (6 €) — stop. Panier : (1 ; 2).

    (b) L'effet de REVENU seul : les prix relatifs n'ont pas bougé (toujours 2 thés pour 1 café), donc aucune substitution n'est en jeu. Dans la réalité, une hausse de prix mélange toujours les deux effets — c'est le modèle qui permet de couper l'un des deux fils.

    (c) Les deux consommations reculent quand le revenu recule : café et thé sont des biens NORMAUX pour ce consommateur. Un bien inférieur aurait fait l'inverse — et c'est par le signe de cet effet-là qu'on le définit proprement.

    (d) À 3 €, le point (3 € ; 2 cafés) devient (3 € ; 1 café) : il glisse vers la gauche à prix inchangé. Pour le consommateur lisse, la courbe vérifiait prix × quantité = 6 € (la moitié de 12) ; à revenu 6 €, elle vérifie prix × quantité = 3 €. Chaque point migre vers la gauche : la courbe ENTIÈRE se déplace. C'est le déplacement de la demande par le revenu — celui que le cours n°1 affirmait, et que la section VI construit désormais.

  6. « Le prix du café a doublé et ma consommation de thé n'a pas changé : le thé n'est donc pas concerné. » Corrige cette copie.

    Un coup de pouce

    Un solde nul peut être la somme de deux termes non nuls.

    Voir le corrigé

    Le thé est doublement concerné — par deux forces opposées. Effet de substitution : le thé, relativement moins cher (un café en vaut désormais quatre), devrait GAGNER des tasses. Effet de revenu : le pouvoir d'achat a fondu (l'ancien panier coûterait 18 € pour 12 € en poche) et, le thé étant normal, il devrait en PERDRE.

    Chez ce consommateur, les deux forces se compensent exactement : l'immobilité est un match nul, pas une absence de match. La copie corrigée nomme les deux effets, donne leur signe, et conclut sur leur somme — c'est précisément ce que la décomposition de Slutsky (1915), reconstruite par Hicks et Allen (1934), permet d'écrire.

  7. Un consommateur ne tire STRICTEMENT AUCUNE satisfaction du thé (utilités marginales nulles à tous les rangs), mêmes prix, budget 12 €. (a) Donne son panier. (b) Peut-on écrire la condition Um(café)/p(café) = Um(thé)/p(thé) ? (c) Comment nomme-t-on cette situation, et quel est le geste de copie attendu ?

    Un coup de pouce

    Où le panier se trouve-t-il sur le graphique de la section II ?

    Voir le corrigé

    (a) Tout au café : (4 ; 0), pour 12 €. Chaque euro mis sur le thé rapporterait 0 — il perd contre n'importe quelle tasse de café, dont la 4ᵉ (5 points pour 3 €).

    (b) Non : l'égalité n'a pas de solution, le membre de droite vaut 0 quoi qu'on fasse. La condition d'égalisation ne vaut que pour les biens effectivement consommés.

    (c) Une SOLUTION EN COIN — le panier est sur l'axe, dans le coin du graphique. Geste attendu : constater que le classement n'envoie jamais un euro vers le thé, poser le panier de coin, et comparer directement s'il faut prouver l'optimalité. Écrire l'égalisation quand même est LA faute type de ce chapitre.

  8. Sur la courbe d'indifférence qui passe par le panier (2 ; 4) du consommateur divisible : (a) donne son TMS en ce point et compare-le à la pente de la droite de budget ; (b) montre que cette tangence et la règle du dernier euro sont la même condition, écrite deux fois.

    Un coup de pouce

    Écris TMS = Um(café)/Um(thé), puis divise autrement.

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    (a) TMS en (2 ; 4) : 2 thés pour 1 café. Taux d'échange de la droite de budget : 3/1,5 = 2 thés pour 1 café (sa pente, signe gardé : −2). Égalité — la courbe est tangente à la droite au panier choisi : elle la touche sans la traverser, aucun panier finançable ne fait mieux.

    (b) Démontre d'abord ce que le TMS EST : le long d'une courbe d'indifférence, le gain du café compense la perte du thé — Um(café) × Δx = Um(thé) × Δy —, donc le taux d'échange Δy/Δx est le rapport des utilités marginales, Um(café)/Um(thé). Le taux d'échange du budget, lui, est le rapport des prix, p(café)/p(thé). La tangence s'écrit Um(café)/Um(thé) = p(café)/p(thé) — et il suffit de faire passer chaque prix sous son utilité pour obtenir Um(café)/p(café) = Um(thé)/p(thé) : la règle du dernier euro. Deux notations, une seule idée ; la version ordinale (tangence) n'a même plus besoin d'unité de satisfaction — c'est l'apport de Pareto (1906).

  9. Le triptyque de la section VIII, aux prix du cours (café 3 €, thé 1,50 €, budget 12 €). Un consommateur tient café et thé pour interchangeables TASSE POUR TASSE : une tasse est une tasse, d'où qu'elle vienne (TMS constant, égal à 1). (a) Pourquoi la tangence est-elle impossible ici ? (b) Donne son panier. (c) En dessous de quel prix du café basculerait-il — et que se passe-t-il exactement à ce prix-frontière ? (d) Un troisième buveur ne conçoit le café qu'avec exactement un sucre (compléments parfaits). Sans calcul : pourquoi son choix se pose-t-il à l'angle du L, et pourquoi n'est-ce PAS une solution en coin ?

    Un coup de pouce

    Compare le taux d'échange intime (1 thé pour 1 café) au taux du marché (2 thés pour 1 café).

    Voir le corrigé

    (a) Ses courbes d'indifférence sont des DROITES de pente −1 (taux d'échange : un thé pour un café) ; la droite de budget a une pente de −2 (deux thés pour un café). Deux droites de pentes différentes ne sont jamais tangentes : la condition TMS = prix relatif n'a pas de solution, et le choix se décide au bord.

    (b) Chaque tasse le satisfait autant, mais le thé coûte deux fois moins cher : chaque euro mis sur le thé achète deux fois plus de tasses. Tout le budget y file — panier (0 ; 8), 12 € pile, une solution en COIN. Preuve sans force brute : sur la droite de budget, 3x + 1,5y = 12 donne un total de tasses x + y = 8 − x — chaque café pris retire une tasse au total, le maximum est bien tout-thé.

    (c) Sous 1,50 €, le café devient la tasse la moins chère et tout le budget bascule sur le coin opposé : (12/p cafés ; 0). À 1,50 € exactement, prix relatif = TMS = 1 : le consommateur est indifférent entre TOUS les paniers de la droite de budget — le cas rare où le choix n'est pas unique.

    (d) Hors de l'angle du L, il possède des tasses ou des sucres qui n'ajoutent RIEN à sa satisfaction mais ont coûté des euros : il fait mieux en revenant à l'angle, posé sur la droite de budget. Les DEUX biens y sont consommés — ce n'est donc pas une solution en coin : ce mot se réserve au panier posé sur un axe, un bien à zéro.

Définitions à connaître

Panier
Une combinaison de quantités des biens considérés — ici (x cafés ; y thés). C'est l'objet sur lequel portent le budget, les préférences et le choix : on ne classe pas des biens, on classe des paniers.
Contrainte de budget
L'ensemble des paniers qu'un revenu permet de financer aux prix en vigueur : p₁x + p₂y ≤ R — ici 3x + 1,5y ≤ 12. Saturée (dépense = revenu), elle devient l'équation de la droite de budget.
Droite de budget
Graphique de la contrainte saturée dans le plan des deux biens. Ses extrémités sont les paniers « tout en un seul bien » (R/p) ; sa pente est le rapport des prix, signe moins. Le revenu la translate, un prix la fait pivoter.
Prix relatif (pente du budget)
Le taux auquel le marché échange un bien contre l'autre : p(café)/p(thé) thés pour un café. C'est la pente de la droite de budget au signe près (pente −2, taux d'échange 2) — le chapitre précédent lui a consacré sa dernière section avant l'atelier.
Utilité
La satisfaction qu'un consommateur tire d'un panier. Cardinale si on prétend la mesurer (les « points » des sections III à VI), ordinale si l'on exige seulement de savoir classer les paniers (section VII) — le choix optimal ne dépend que du classement.
Utilité marginale
Le supplément de satisfaction apporté par UNE unité de plus d'un bien, la consommation du reste étant inchangée. C'est elle — et non l'utilité totale que le bien procure en bloc — qui gouverne les prix : le dénouement du paradoxe de l'eau. Comparer des PANIERS entiers par leur utilité totale, comme au juge de paix de la section IV, reste légitime : on y départage des choix, pas des biens.
Première loi de Gossen (1854)
L'utilité marginale d'un bien décroît à mesure que sa consommation augmente : chaque tasse rapporte moins que la précédente. C'est elle qui dénoue le paradoxe de l'eau et du diamant ; la courbure des courbes d'indifférence porte la même intuition de lassitude, sans lui être mathématiquement équivalente (section VII).
Deuxième loi de Gossen (règle du dernier euro)
À l'optimum, le dernier euro dépensé rapporte la même satisfaction dans chaque bien consommé : Um/p égalisés. Sinon, déplacer un euro du côté faible vers le côté fort améliore le panier — le choix n'est stable qu'à l'égalité. Exacte en divisible ; en tasses entières, à l'unité près : classement, puis double contrôle (section IV).
Utilité marginale par euro
Um/p : ce qu'une unité rapporte, ramené à ce qu'elle coûte. C'est la grandeur qui se classe et s'égalise (exactement en divisible, à l'unité près en tasses entières) — comparer des utilités brutes entre biens de prix différents est LA faute du chapitre.
Demande individuelle
La quantité qu'UN consommateur choisit à chaque prix, tout le reste étant fixé — obtenue en rejouant la règle du dernier euro prix par prix. La demande de marché du cours n°1 en est la somme horizontale.
Effet de substitution
La part d'une variation de consommation due au changement du prix RELATIF : le bien renchéri rétrograde dans le classement des utilités par euro, ses substituts montent. Il ne joue jamais EN FAVEUR du bien dont le prix augmente : contre lui d'ordinaire, pas du tout pour des compléments parfaits (section VIII), où seul l'effet de revenu bouge.
Effet de revenu
La part due à la variation du POUVOIR D'ACHAT : un prix qui monte appauvrit sans qu'aucun euro n'ait disparu. Son signe s'énonce toujours AVEC son ancrage : pour une hausse de prix, il retire des unités à un bien normal et en rend à un bien inférieur — une baisse inverse tout. Il s'isole en faisant varier le revenu à prix constants.
Bien normal / bien inférieur
Normal : sa consommation évolue comme le revenu. Inférieur : elle évolue à rebours — on s'en détourne quand on s'enrichit. La distinction se lit dans le signe de l'effet de revenu ; elle OUVRE le cas Giffen sans le décider : l'infériorité est nécessaire, pas suffisante — il faut encore un effet de revenu assez fort pour dominer la substitution (section VI).
Courbe de consommation-prix
Le chemin des paniers COMPLETS quand un prix varie, tout le reste fixe — ici (4 ; 4), (2 ; 4), (1 ; 4) quand le café passe de 1,50 à 6 €. La demande individuelle en est la projection dans le plan prix-quantité ; sa jumelle côté revenu est le chemin d'expansion du revenu.
Courbe d'Engel
La quantité d'UN bien portée face au REVENU, à prix fixes — ici (6 € ; 1 café), (12 € ; 2 cafés) : croissante pour un bien normal, décroissante pour un bien inférieur. À distinguer du chemin d'expansion du revenu, qui relie les paniers COMPLETS dans le plan des deux biens. Engel (1857) a établi sur des budgets de familles la première loi empirique de la consommation : la part consacrée à la nourriture recule quand le revenu monte.
Courbe d'indifférence
L'ensemble des paniers entre lesquels le consommateur ne tranche pas. Décroissante (perdre d'un bien exige recevoir de l'autre), bombée vers l'origine — la même lassitude que la première loi de Gossen, dite dans le langage des pentes —, et deux courbes ne se croisent jamais. Dessinée par Edgeworth (1881), érigée en langage par Pareto (1906).
Taux marginal de substitution (TMS)
La pente d'une courbe d'indifférence, citée en VALEUR ABSOLUE — la courbe descend, la pente elle-même est négative ; le signe se garde quand on écrit une PENTE (−2 pour la droite de budget), on l'omet quand on cite un TAUX D'ÉCHANGE, et le TMS s'emploie en taux d'échange : le nombre d'unités du bien en ordonnée (ici les thés) que le consommateur cède contre UNE unité du bien en abscisse (un café) sans changer de satisfaction. Égal à Um(café)/Um(thé) — l'utilité marginale du bien reçu sur celle du bien cédé ; à l'optimum intérieur, TMS = rapport des prix — la tangence.
Axiomes des préférences (complétude, transitivité, monotonie, convexité)
Complétude : deux paniers se comparent toujours. Transitivité : les classements s'enchaînent sans boucle — c'est elle qui, avec la monotonie, interdit à deux courbes d'indifférence de se croiser (la démonstration de la section VII les emploie toutes deux). Monotonie (non-satiété) : plus vaut mieux — c'est elle qui pousse à tout dépenser ; nos tables la violent au-delà de cinq tasses. (Le reliquat incasable de la section IV a une autre cause : les tasses entières — 1 € ne paie aucune tasse.) Convexité : les courbes se bombent vers l'origine — les mélanges valent au moins les extrêmes.
Solution en coin
Panier optimal posé sur un axe : un bien n'est pas consommé du tout, parce que son premier euro perd déjà la comparaison — ou parce qu'un TMS constant ne rencontre jamais le prix relatif. La condition d'égalisation ne s'y applique pas : elle ne vaut que pour les biens effectivement consommés.
Substituts parfaits / compléments parfaits
Substituts parfaits : préférences à TMS constant (courbes d'indifférence en droites) — l'optimum est en coin dès que ce taux diffère du prix relatif. Compléments parfaits : consommation en proportions fixes (courbes en L) — l'optimum se pose à l'ANGLE du L, sur la droite de budget, les deux biens consommés : ce n'est pas une solution en coin. Les deux cartes extrêmes qui encadrent les courbes bombées du cours.
Utilité cardinale / ordinale
Cardinale : mesurable en unités (les « points » du cours, échafaudage assumé). Ordinale : seul le CLASSEMENT des paniers compte (Pareto, 1906). Le choix optimal est le même dans les deux langues — c'est ce qui autorise à jeter le thermomètre.
Préférences Cobb-Douglas
La famille de compteurs U = x^a × y^b, dont la signature est d'affecter à chaque bien une PART CONSTANTE du budget. Ici U = x × y : moitié-moitié, d'où la dépense en café clouée à 6 €. Nommées d'après Cobb et Douglas (1928), qui ont rendu la forme célèbre en décrivant la production.

Méthode — les réflexes de copie

  1. Commence toute copie par la contrainte : nomme x et y, écris la contrainte p₁x + p₂y ≤ R et sa droite saturée p₁x + p₂y = R (ici 3x + 1,5y = 12), donne les extrémités et la pente. Un choix sans budget écrit n'est pas un choix, c'est une envie.
  2. La pente de la droite de budget est un PRIX RELATIF : dis-le avec ce mot, et rappelle qu'un revenu la translate quand un prix la fait pivoter.
  3. Jamais d'utilités brutes entre deux biens : toujours Um DIVISÉE PAR LE PRIX. Un bien cher a le droit d'être cher — il doit le rendre euro pour euro.
  4. La règle du dernier euro se démontre en une phrase d'échange : si un euro rapporte plus ici que là, déplace-le — le choix n'est stable qu'à l'égalité des Um/p.
  5. En unités indivisibles, applique le CLASSEMENT (dépenser dans l'ordre des Um/p, à égalité la plus chère d'abord), puis fais les DEUX contrôles : budget épuisé — ou reliquat incasable —, et rien de mieux au comptoir. Ce sont des filets, pas des certificats (une tasse chère peut rester au comptoir avec un bon rendement, faute de place) : le juge de paix reste la comparaison directe des paniers voisins. L'égalisation exacte est le cas divisible.
  6. Pour construire une demande individuelle : rejoue le choix à chaque prix, tout le reste cloué au mur — c'est « toutes choses égales par ailleurs » en actes.
  7. Hausse de prix = DEUX effets, à nommer et à signer : substitution (prix relatif) jamais en faveur du bien renchéri — contre lui, ou nul pour des compléments parfaits ; revenu (pouvoir d'achat) selon la nature du bien. Une quantité immobile peut cacher deux effets pleins qui s'annulent.
  8. Pour isoler l'effet de revenu : varie le revenu à prix constants. Ce que cette expérience fait bouger n'a rien à voir avec la substitution.
  9. Tangence et dernier euro sont la MÊME condition : TMS = p₁/p₂ se réarrange en Um₁/p₁ = Um₂/p₂ — en indices, le Um(café)/p(café) = Um(thé)/p(thé) du cours. Sache passer d'une écriture à l'autre, le correcteur teste souvent ce pont.
  10. Un bien consommé à zéro doit alerter : solution en coin, l'égalisation ne s'applique pas. Constate le coin, compare directement, et dis pourquoi la condition tombe.
  11. Les « points de satisfaction » sont un échafaudage : précise, quand on te le demande, que le classement suffit (ordinal) — la règle survit sans unité de mesure.

Sources

  • Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776
  • Jules Dupuit, De la mesure de l'utilité des travaux publics, 1844
  • Hermann Heinrich Gossen, Entwickelung der Gesetze des menschlichen Verkehrs, 1854
  • Ernst Engel, Die Productions- und Consumtionsverhältnisse des Königreichs Sachsen, 1857
  • William Stanley Jevons, The Theory of Political Economy (préface de la 2ᵉ édition, 1879), 1871
  • Carl Menger, Grundsätze der Volkswirtschaftslehre, 1871
  • Léon Walras, Éléments d'économie politique pure, 1874
  • Francis Ysidro Edgeworth, Mathematical Psychics, 1881
  • Alfred Marshall, Principles of Economics, 1890
  • Vilfredo Pareto, Manuale d'economia politica, 1906
  • Eugen Slutsky, Sulla teoria del bilancio del consumatore, 1915
  • Charles Cobb et Paul Douglas, A Theory of Production, 1928
  • John Hicks et Roy Allen, A Reconsideration of the Theory of Value, 1934
  • Paul Samuelson, A Note on the Pure Theory of Consumer's Behaviour, 1938