Les intérêts composés
17 parties
Objectifs — à la fin de ce cours, tu sais
- Distinguer l'intérêt SIMPLE de l'intérêt COMPOSÉ par leur nature — une suite arithmétique contre une suite géométrique —, et non par leur ampleur.
- Écrire et construire la formule K_n = K × (1 + i)^n, en sachant dire ce qu'on élève à la puissance : le FACTEUR, jamais le taux.
- Calculer le temps qu'un capital met à doubler, par le logarithme, et savoir dans quel sens la règle de 70 se trompe — qui n'est pas toujours le même.
- Ne jamais diviser un taux annuel par le nombre de périodes pour obtenir le taux d'une période : calculer le taux ÉQUIVALENT, et dire ce que rend vraiment un taux proportionnel.
- Remonter le temps : calculer la valeur ACTUELLE d'une somme future, et reconnaître que l'actualisation défait exactement la capitalisation.
- Capitaliser une suite de VERSEMENTS périodiques, en disant la convention retenue — début ou fin de période.
- ACTUALISER une suite de versements, et en déduire la mensualité constante qui rembourse un emprunt : c'est la même formule, lue à l'envers.
- Calculer un TAEG — le taux qui annule la somme des flux actualisés — et décomposer son écart au taux affiché entre ce qui vient de la périodicité et ce qui vient des frais.
- Lire un taux affiché en cherchant ce qu'il cache : la périodicité de composition, la DATE des flux, les frais, et la différence entre un taux annoncé et un taux effectif.
- Composer l'inflation en même temps que l'intérêt — la dette du chapitre n°17 —, et constater qu'un placement peut grossir en euros tout en rétrécissant en pouvoir d'achat.
- Nommer trois choses qu'un calcul d'intérêts composés ne dit pas, dont la première est : le taux ne restera pas constant.
I. Deux banques, le même taux, et 2 473,33 € qui les séparent
Bruno, l'un des quatre ménages de Clairval dont le chapitre n°17 a tenu les comptes, met de côté 12 000 € cette année-là. Il les place vingt ans, à 3 % l'an. Deux banques lui font une offre, et toutes deux annoncent le même taux.
La première calcule l'intérêt chaque année sur les 12 000 € de départ, et cet intérêt ne rejoint jamais ce capital : 3 % de 12 000 €, soit 360 € par an, vingt fois, mis de côté sans rien rapporter. Le tableau ci-dessous additionne tout de même les deux, pour que les offres se comparent au même moment. C'est l'intérêt SIMPLE. La seconde ajoute l'intérêt au capital à la fin de chaque année, si bien que l'année suivante l'intérêt se calcule sur un capital plus gros. C'est l'intérêt COMPOSÉ.
Avant de lire la suite, réponds : d'après toi, au bout de vingt ans, l'écart entre les deux offres vaut-il quelques dizaines d'euros, quelques centaines, ou plus de deux mille ? Écris ta réponse. La plupart des gens sous-estiment, et ce chapitre existe pour cette raison.
Voici les deux comptes, à cinq dates. Les nombres sortent d'un seul modèle, et chaque ligne se refait à la main.
Regarde d'abord la première ligne, parce que c'est elle qui rend le piège possible : au bout d'UN an, les deux offres donnent exactement la même chose, 12 360 €. Rien ne distingue encore les deux banques. L'écart naît à la deuxième année et ne se referme jamais — il vaut 10,80 € à deux ans, 111,29 € à cinq ans, 527,00 € à dix ans, et 2 473,33 € à vingt ans.
Ce n'est pas une différence de degré, c'est une différence de NATURE. En simple, le capital gagne la même somme chaque année : il croît d'une quantité constante, c'est une suite ARITHMÉTIQUE, et son graphe est une droite. En composé, le capital est multiplié chaque année par le même facteur : c'est une suite GÉOMÉTRIQUE, et son graphe est une courbe qui s'incurve vers le haut. Deux mécaniques, pas deux réglages de la même mécanique.
Retiens l'ordre de grandeur plutôt que le nombre : sur vingt ans et à 3 % — un taux modeste —, composer ajoute plus d'un CINQUIÈME du capital de départ. Ce n'est ni magique ni anecdotique, et la section II dit d'où cela vient.
| Au bout de | Capital en intérêt simple | Capital en intérêt composé | Écart |
|---|---|---|---|
| 1 an | 12 360,00 € | 12 360,00 € | 0,00 € |
| 2 ans | 12 720,00 € | 12 730,80 € | 10,80 € |
| 5 ans | 13 800,00 € | 13 911,29 € | 111,29 € |
| 10 ans | 15 600,00 € | 16 127,00 € | 527,00 € |
| 20 ans | 19 200,00 € | 21 673,33 € | 2 473,33 € |
II. Pourquoi c'est une suite géométrique
Toute la différence tient en une phrase : en composé, l'intérêt REJOINT le capital. Il cesse d'être un revenu qu'on retire pour devenir une partie du capital qui travaille. C'est pourquoi on dit que les intérêts se capitalisent.
Suis une seule année. Au début de l'année, le capital vaut K. À la fin, la banque ajoute l'intérêt i × K, où i est le taux écrit en décimal — 3 % s'écrit 0,03. Le capital vaut donc K + i × K, c'est-à-dire K × (1 + i). Voilà le geste élémentaire, et il n'y en a pas d'autre : passer d'une année à la suivante, c'est MULTIPLIER par (1 + i).
Note bien ce que cette écriture change. Tant qu'on dit « on ajoute 3 % », on pense addition, et on prolonge naturellement par une addition répétée — c'est l'intérêt simple. Dès qu'on dit « on multiplie par 1,03 », la répétition devient une PUISSANCE, et la mécanique juste apparaît d'elle-même. Le chapitre n°12 a fait le même passage sur les prix, et le n°9 sur la croissance.
L'encadré ci-dessous construit la formule ligne à ligne. Elle ne tombe pas du ciel : elle se déduit du geste élémentaire, répété n fois.
Maintenant, la lecture qui rend la mécanique VISIBLE. Regarde ce que le capital gagne chaque année, année par année, et non plus le total. En simple, il gagne 360 € l'année 1, 360 € l'année 2, 360 € l'année 20 : c'est constant, par construction. En composé, il gagne 360 € l'année 1 — les deux coïncident, on l'a vu —, puis 370,80 € l'année 2, 381,92 € l'année 3, et 631,26 € l'année 20. L'intérêt de la vingtième année vaut à lui seul 1,75 fois celui de la première.
D'où vient ce 370,80 € de la deuxième année ? De 360 € d'intérêt sur les 12 000 € d'origine, PLUS 10,80 € d'intérêt sur les 360 € de la première année. Ces 10,80 € — l'intérêt de l'intérêt — sont exactement l'écart que le tableau de la section I affiche à deux ans. Tout le chapitre est dans cette ligne.
Un contrôle que tu dois savoir faire, parce qu'un correcteur le fait : la somme des vingt intérêts annuels, ajoutée au capital de départ, doit redonner le capital final. 12 000 € plus la somme des intérêts composés donne bien 21 673,33 €. Si les deux ne coïncident pas, l'erreur est dans le détail, pas dans la formule.
| Année | Intérêt de cette année-là, en composé | Intérêt en simple |
|---|---|---|
| 1 | 360,00 € | 360,00 € |
| 2 | 370,80 € | 360,00 € |
| 3 | 381,92 € | 360,00 € |
| 10 | 469,72 € | 360,00 € |
| 20 | 631,26 € | 360,00 € |
La formule se construit, elle ne se récite pas
On note K le capital de départ, i le taux annuel écrit en DÉCIMAL (3 % = 0,03), et K_n le capital au bout de n années.
Le geste élémentaire, celui d'une seule année : le capital est multiplié par (1 + i). Tout le reste n'est que ce geste répété.
K_1 = K × (1 + i)
Une année : le capital, plus son intérêt.
K_2 = K_1 × (1 + i) = K × (1 + i)²
Deux années : on repart du capital ARRIVÉ, pas du capital de départ. C'est là, et nulle part ailleurs, que le composé se sépare du simple.
K_n = K × (1 + i)ⁿ
n années : le facteur (1 + i) appliqué n fois. C'est le FACTEUR qu'on élève à la puissance n, jamais le taux : (1,03)²⁰ vaut 1,806111, quand 0,03²⁰ ne veut rien dire ici.
K_n = K × (1 + i × n) [intérêt SIMPLE, pour comparaison]
L'intérêt simple, lui, ADDITIONNE n fois la même somme i × K. Les deux formules coïncident pour n = 1 — 1 + i × 1 = (1 + i)¹ — et pour n = 0 ; elles coïncident aussi, quel que soit n, quand le taux est NUL. Partout ailleurs elles s'écartent.
Sur le placement de Bruno : 12 000 × (1,03)²⁰ = 12 000 × 1,806111 = 21 673,33 €, contre 12 000 × (1 + 0,03 × 20) = 12 000 × 1,60 = 19 200 € en simple.
Le contrôle de bon sens, à faire systématiquement : le facteur composé (1,806111) doit dépasser le facteur simple (1,60) dès que n > 1 et que le taux est positif. S'il ne le dépasse pas, c'est qu'une puissance a été écrite à la place d'un produit, ou l'inverse.
III. Le temps de doubler, et la règle qui le devine
Une question qu'on pose souvent, et qui a une réponse exacte : combien de temps un capital met-il à doubler, à taux constant ? Elle est plus intéressante qu'elle n'en a l'air, parce que la réponse ne dépend PAS du capital. Doubler 100 € ou doubler un million prend le même temps au même taux — c'est une propriété de la suite géométrique, pas du montant.
On cherche donc n tel que (1 + i)ⁿ = 2. Pour faire descendre n de son exposant, on prend le logarithme des deux côtés : n × ln(1 + i) = ln 2, donc n = ln 2 / ln(1 + i). À 3 %, cela fait 23,45 ans. Ce n'est pas un nombre entier d'années, et il n'y a aucune raison qu'il le soit.
Maintenant l'approximation que tout le monde emploie, et que peu savent justifier. Quand i est petit, ln(1 + i) est très proche de i. Le calcul devient n ≈ ln 2 / i, soit 0,6931 / i. En écrivant le taux en pourcentage plutôt qu'en décimal, cela donne 69,31 divisé par le taux — et l'on arrondit à 70, parce que 70 se divise plus commodément. C'est la fameuse règle de 70 : à 3 %, elle annonce 70 / 3 = 23,33 ans, contre 23,45 exacts.
Et voici ce qu'il faut savoir sur cette règle, parce que c'est presque toujours dit de travers : elle ne se trompe PAS toujours dans le même sens. Les deux approximations jouent à TOUT taux et en sens contraire : l'arrondi de 69,31 vers 70 gonfle le résultat, l'approximation ln(1 + i) ≈ i le réduit. Ce qui change avec le taux, c'est LAQUELLE l'emporte — la première en dessous, où la règle SURESTIME, la seconde au-dessus, où elle SOUS-estime. Les deux effets se compensent autour de 1,98 %, où la règle est juste à quelques jours près. En dessous elle surestime — à 1 %, elle annonce 70 ans pour 69,66 —, au-dessus elle sous-estime — à 12 %, elle annonce 5,83 ans pour 6,12.
C'est pourquoi les financiers, qui travaillent sur des taux plus élevés que les démographes, préfèrent la règle de 72 : elle bascule, elle, à 7,85 %, donc elle est calibrée sur la plage qu'ils pratiquent. Et 72 se divise par 2, 3, 4, 6, 8, 9 et 12, ce qui se calcule de tête. Le nombre choisi n'est pas une vérité mathématique : c'est le réglage d'une approximation sur une plage de taux.
La règle de 72 est d'ailleurs plus ancienne que le logarithme qui la justifie. Luca Pacioli la donne dans la Summa de arithmetica, publiée à Venise en 1494, sans la démontrer — signe qu'elle circulait déjà —, et il l'illustre sur un taux de 6 % : 72 divisé par 6 fait douze ans. La valeur exacte est 11,90 ans : sa règle surestimait d'un mois et quart, et l'on comprend maintenant pourquoi, puisque 6 % est en dessous de la bascule de 7,85 %.
Du logarithme à la règle de 70, en trois pas
L'objet cherché : le nombre d'années n au bout desquelles le capital a doublé, à taux annuel i constant.
(1 + i)ⁿ = 2
Doubler, c'est atteindre un facteur de 2. Le capital n'apparaît pas : il se simplifie des deux côtés.
n × ln(1 + i) = ln 2
Le logarithme fait descendre l'exposant, parce que ln(xⁿ) = n × ln x — c'est sa raison d'être ici. Le n°12 l'emploie exactement de la même façon, et pour la même question : combien de jours les prix allemands mettaient-ils à doubler. Il ne s'en sert JAMAIS pour changer de période — cela, il le fait à la racine trentième, et la ligne de méthode de ce chapitre dit pourquoi.
n = ln 2 / ln(1 + i)
La valeur EXACTE. À 3 %, 0,693147 / 0,029559 = 23,45 ans.
n ≈ 0,6931 / i puis n ≈ 70 / (taux en %)
L'approximation : ln(1 + i) ≈ i pour i petit, puis 69,31 arrondi à 70. Deux approximations de SENS CONTRAIRE — l'arrondi gonfle, le logarithme réduit —, et c'est leur compensation qui fait la qualité de la règle. La bascule se CALCULE : c'est le taux qui résout 70/t = ln 2 / ln(1 + t/100), soit 1,9838 %. La même équation, avec 72, donne 7,8469 %.
À 3 % : exact 23,45 ans, règle de 70 → 23,33 ans, écart un mois et demi. À 12 % : exact 6,12 ans, règle de 70 → 5,83 ans, écart trois mois et demi — soit 4,6 % de la durée, contre 0,5 % à 3 %.
Le contrôle : AU-DESSUS de la bascule, l'écart RELATIF de la règle grandit avec le taux — 0,5 % à 3 %, 2,4 % à 7 %, 4,6 % à 12 %. En dessous il décroît en s'approchant de la bascule, où il s'annule. Au-delà d'une dizaine de pour cent, ne devine plus, calcule.
IV. Le taux mensuel n'est pas le taux annuel divisé par douze
Voici la faute la plus fréquente de tout le sujet, et elle a exactement la forme de celle du chapitre n°17 : un calcul naturel, jamais interrogé, et faux. Un placement annonce 12 % l'an. Quel est le taux du mois ? Presque tout le monde divise par douze et répond 1 %.
Vérifie plutôt que de croire : si l'on gagne 1 % chaque mois et que ces intérêts se capitalisent, le facteur annuel vaut (1,01)¹², soit 1,126825. Le taux annuel n'est donc pas 12 %, mais 12,682503 %. On a gagné 0,682503 point de plus que ce qui était annoncé, sans que personne n'ait rien promis de tel.
Il faut donc distinguer deux taux, et le vocabulaire compte parce que les brochures l'emploient. Le taux PROPORTIONNEL est le taux annuel divisé par le nombre de périodes : 12 / 12 = 1 % par mois. Le taux ÉQUIVALENT est celui qui, composé douze fois, redonne EXACTEMENT le taux annuel annoncé : il vaut (1,12)^(1/12) − 1, soit 0,948879 % par mois. C'est la racine douzième — le même outil que le n°9 emploie pour le taux annuel moyen et le n°12 pour l'hyperinflation.
Le sens de l'écart, et il ne change jamais tant que le taux est positif : un taux proportionnel composé rend TOUJOURS plus que le taux annoncé, jamais moins. La raison tient à la mécanique de la section II — composer, c'est faire travailler les intérêts, et cela ne peut qu'ajouter. L'égalité n'arrive que dans un seul cas : quand il n'y a qu'une seule période dans l'année, où il n'y a rien à composer.
Et l'écart grandit dans les deux directions : avec le taux, et avec la finesse du découpage. On note p le nombre de périodes dans l'année — p = 12 pour des mois, 365 pour des jours —, et le taux annuel EFFECTIF, celui qu'on obtient vraiment, vaut (1 + i/p)^p − 1. Ici i est le taux ANNUEL, et i/p celui de la période. À partir de la section VII, où l'on travaille directement en mois, la lettre i désignera le taux de la PÉRIODE — regarde toujours ce que la lettre désigne avant de l'employer. C'est le nom que les énoncés emploient, et celui de la carte à apprendre. Le tableau ci-dessous prend 12 % l'an et découpe l'année de plus en plus fin. On y voit deux choses. D'abord que découper rapporte : de 12 % à 12,747462 % en passant de l'année au jour. Ensuite, et c'est plus surprenant, que le gain PLAFONNE : entre le jour et l'heure, on ne gagne plus que deux millièmes de point.
Ce plafond a un nom et une histoire. Quand le nombre de périodes tend vers l'infini, (1 + i/p)^p tend vers e^i — le taux effectif d'un placement à 12 % ne dépassera jamais e^0,12 − 1, soit 12,749685 %, quelle que soit la finesse du découpage. C'est en cherchant cette limite sur un placement à 100 % que Jacob Bernoulli rencontre en 1683 le nombre que l'on note e depuis Euler. Autrement dit : la capitalisation continue, dont on parle beaucoup, n'est que la version limite de ce tableau, et elle rapporte à peine plus que la capitalisation quotidienne.
Ce qu'un étudiant doit retenir pour sa copie : devant deux taux qui ne portent pas sur la même période, on ne compare RIEN tant qu'on ne les a pas ramenés à la même. Et pour les y ramener, on passe par les FACTEURS — on élève et on prend des racines —, jamais par une multiplication ou une division du taux.
| 12 % l'an, composés… | Taux de la période | Taux annuel réellement obtenu |
|---|---|---|
| une fois (annuel) | 12 % | 12,000000 % |
| deux fois (semestriel) | 6 % | 12,360000 % |
| quatre fois (trimestriel) | 3 % | 12,550881 % |
| douze fois (mensuel) | 1 % | 12,682503 % |
| 365 fois (quotidien) | 0,032877 % | 12,747462 % |
| 8 760 fois (horaire) | 0,001370 % | 12,749592 % |
| une infinité de fois | — | 12,749685 % |
V. Remonter le temps : la valeur actuelle
Jusqu'ici le chapitre est allé du présent vers l'avenir. La question inverse est au moins aussi utile : que vaut AUJOURD'HUI une somme qu'on touchera dans dix ans ?
Le raisonnement est le même, pris à l'envers. Si placer une somme pendant dix ans la multiplie par (1,03)¹⁰, alors disposer d'une somme dans dix ans équivaut à disposer aujourd'hui de cette somme DIVISÉE par (1,03)¹⁰. On appelle cela actualiser, et le résultat la valeur actuelle. Mille euros dans dix ans, à 3 %, valent 744,09 € aujourd'hui.
Ce n'est pas une opinion sur l'avenir, et cela n'a rien à voir avec l'inflation — la section IX s'en occupera séparément. C'est une équivalence de CALCUL : 744,09 € placés aujourd'hui à 3 % donnent exactement 1 000 € dans dix ans. Les deux sommes sont deux écritures du même objet, à deux dates.
Les deux opérations se défont l'une l'autre, exactement. Capitaliser une somme puis actualiser le résultat sur la même durée et au même taux redonne la somme de départ, au centime près. C'est le contrôle à faire quand on hésite sur le sens : si tu multiplies là où il fallait diviser, l'aller-retour ne retombe pas juste.
Et voici ce que l'actualisation ne dit pas, qu'on oublie souvent : le TAUX d'actualisation n'est pas donné par la nature. C'est un choix, et il commande tout le résultat. La même somme de 1 000 € à dix ans vaut 744,09 € actualisée à 3 %, et beaucoup moins à 8 %. Quand on te présente une valeur actuelle, la première question à poser n'est pas « combien ? » mais « à quel taux ? ».
L'actualisation, et le contrôle qui prouve qu'on ne s'est pas trompé de sens
On note V_n la somme disponible dans n années, et V_0 sa valeur actuelle — ce qu'il faudrait placer aujourd'hui pour l'obtenir.
V_n = V_0 × (1 + i)ⁿ
La capitalisation, celle de la section II, écrite avec les nouvelles notations.
V_0 = V_n / (1 + i)ⁿ
On isole V_0 : on DIVISE par le facteur. Actualiser et capitaliser sont la même équation lue dans les deux sens.
V_0 = 1 000 / (1,03)¹⁰ = 1 000 / 1,343916 = 744,09 €
Le nombre du chapitre. Divise par le FACTEUR, jamais par le taux ni par (1 + i × n).
Le contrôle en aller-retour : 744,09 × (1,03)¹⁰ redonne 1 000 €. Si ce n'est pas le cas, une puissance a été confondue avec un produit.
Et le contrôle de bon sens : une valeur actuelle est toujours INFÉRIEURE à la somme future, dès que le taux est positif. Si tu trouves plus, tu as multiplié au lieu de diviser.
VI. Verser tous les ans, et non une fois pour toutes
Jusqu'ici Bruno a placé une somme, une fois. Le cas le plus courant est autre : on verse un peu chaque année, pendant des années. Zoé, la jeune active du n°17, épargne 1 000 € par an. Que devient cette suite de versements au bout de vingt ans, à 3 % ?
La tentation est de capitaliser vingt mille euros sur vingt ans. C'est faux, et pour une raison simple : les vingt mille euros n'ont pas été là dès le début. Le premier versement travaille dix-neuf ans, le deuxième dix-huit, et le dernier — versé à la fin de la vingtième année — ne travaille pas du tout.
Il faut donc capitaliser chaque versement séparément, puis additionner. Cela fait vingt termes, dont chacun est le précédent multiplié par 1,03 : c'est une somme de suite géométrique, et elle a une formule fermée que l'encadré établit. Le résultat : 26 870,37 € pour 20 000 € versés, soit 6 870,37 € d'intérêts.
La convention compte, et un correcteur la demande. Ce calcul suppose des versements de FIN de période — le versement de l'année k arrive le dernier jour de l'année k. Si les versements arrivent en DÉBUT de période, chacun travaille un an de plus, et le résultat entier est multiplié par (1 + i) : 27 676,49 € au lieu de 26 870,37 €, soit 806,11 € d'écart pour la seule convention. Dis toujours laquelle tu retiens.
Ce que ce calcul rend visible, et qui est le vrai enseignement de la section : les deux leviers n'agissent pas de la même manière. Le VERSEMENT agit proportionnellement — le doubler double le résultat, 53 740,75 € au lieu de 26 870,37 € —, tandis que la DURÉE agit par une puissance. Double le résultat EXACT, non le 26 870,37 affiché : celui-ci donnerait 53 740,74 €, un centime de moins. C'est le piège de l'exercice 6 (b), sur un arrondi cette fois. Ne conclus pas trop vite que la durée l'emporte : à 3 %, commencer dix ans plus tôt ne donne que 47 575,42 €, MOINS que le versement doublé, et il faudrait douze ans et demi d'avance pour l'égaler. La puissance finit par gagner, mais elle met du temps, et le taux commande ce délai. Le premier versement, qui travaille dix-neuf ans, rapporte 753,51 € d'intérêts ; le dernier n'en rapporte aucun.
La somme des versements, terme à terme puis en une ligne
On note V le versement, fait à la FIN de chacune des n années, et i le taux annuel en décimal.
Le versement de la dernière année ne travaille pas ; celui de l'avant-dernière travaille un an ; le premier travaille n − 1 années.
K_n = V + V(1 + i) + V(1 + i)² + … + V(1 + i)ⁿ⁻¹
La somme terme à terme, du dernier versement au premier. Chaque terme est le précédent multiplié par (1 + i).
K_n = V × [1 + (1 + i) + … + (1 + i)ⁿ⁻¹]
On met V en facteur : il reste la somme des n premières puissances de (1 + i).
S × (1 + i) − S = (1 + i)ⁿ − 1
Le pas qui ferme la somme, et qu'il ne faut pas sauter : en notant S la somme entre crochets, la multiplier par (1 + i) puis lui retrancher S fait disparaître tous les termes du milieu ; il ne reste que le dernier moins le premier. À gauche il reste S × i.
K_n = V × [(1 + i)ⁿ − 1] / i (i ≠ 0)
On divise par i, ce qui EXIGE i ≠ 0. Le dénominateur est i, le TAUX — pas (1 + i). Et à taux NUL la formule n'a pas de sens : la raison vaut alors 1, la somme des n termes vaut simplement n × V, soit 20 000 €. Porte la condition avec la formule.
K_20 = 1 000 × [(1,03)²⁰ − 1] / 0,03 = 1 000 × 0,806111 / 0,03 = 26 870,37 €
Pour 20 000 € effectivement versés : les intérêts ajoutent 6 870,37 €.
Le contrôle grossier : le résultat dépasse le total versé (20 000 €) dès que le taux est positif, et reste sous ce que donnerait le total placé dès la première année, 20 000 × 1,806111 = 36 122,22 €. Il est TROP LARGE pour attraper la faute la plus fréquente — l'exposant n − 1 au lieu de n, qui donne 25 116,87 €, dans les bornes lui aussi. Le contrôle qui discrimine est autre : le DERNIER versement ne travaille pas, donc le total doit valoir exactement 1 000 € de plus que la même rente sur 19 ans capitalisée un an, et surtout la somme entre crochets, (1,03)²⁰ − 1 = 0,806111, doit porter l'exposant du NOMBRE DE VERSEMENTS, pas de leur durée de travail.
Si ton résultat vaut 36 122,22 €, tu as capitalisé la somme des versements au lieu de capitaliser les versements un par un.
VII. Emprunter : la même suite, lue à l'envers
La section VI a capitalisé des versements vers un futur. Prends maintenant l'opération symétrique — actualiser une suite de versements —, et tu obtiens l'objet le plus courant de toute la finance des particuliers : un emprunt.
Commence par la question de la section V, posée non plus sur une somme mais sur une SUITE. Que vaut aujourd'hui la promesse de recevoir 1 000 € par an pendant vingt ans, à 3 % ? Chaque versement s'actualise séparément, et l'on somme : le résultat est 14 877,47 €. Vérifie-le par le contrôle que ce chapitre impose partout — capitalise ces 14 877,47 € pendant vingt ans à 3 %, et tu retrouves 26 870,37 €, le capital exact de la section VI. Les deux sections décrivent le même objet à deux dates.
Un emprunt, c'est cette équation lue à l'envers, et c'est tout. La banque te remet aujourd'hui une somme ; tu lui verses en échange une mensualité constante pendant n mois. Pour que l'échange soit équilibré au taux du prêt, le capital prêté doit valoir exactement la VALEUR ACTUELLE de tes mensualités. On connaît le capital et l'on cherche la mensualité : il suffit d'inverser la formule.
Applique-le à un prêt immobilier, chiffres pédagogiques : 200 000 € empruntés sur vingt ans — 240 mois —, au taux nominal de 3 %. Et voici où la section IV te rattrape : la banque applique le taux mensuel PROPORTIONNEL, 3/12 = 0,25 % par mois. Ce n'est pas une négligence de sa part, c'est la convention des prêts immobiliers français — et c'est précisément ce qui fera que le taux réellement supporté dépassera les 3 % affichés, comme la section VIII va le chiffrer.
La mensualité vaut 1 109,20 € — 1 109,195196 € exactement, et c'est cette valeur-là qu'il faut multiplier. Sur 240 mois, cela fait 266 206,85 € remboursés pour 200 000 € empruntés : le crédit coûte 66 206,85 €, soit un tiers du capital. Ne lis pas ce tiers comme un taux : il est le CUMUL de vingt ans d'intérêts, et le comparer aux 3 % annuels n'aurait aucun sens — ce sont deux grandeurs de natures différentes, l'une en euros, l'autre par an.
Ce que cette section rend visible, et qui vaut d'être dit : la mensualité n'est PAS le capital divisé par le nombre de mois. Cette division donnerait 833,33 €, et elle ignore que la banque est privée de son argent pendant vingt ans. L'écart, 275,86 € par mois, EST le prix du temps — et prends-le sur les valeurs EXACTES : 1 109,20 moins 833,33 donnerait 275,87, un centime de trop, parce que les deux affichages sont arrondis — et c'est le même objet que l'intérêt composé de la section II, vu depuis l'autre côté du guichet.
De la valeur actuelle d'une rente à la mensualité, en inversant
On note V le versement, i le taux de la PÉRIODE en décimal, n le nombre de versements, et V_0 la valeur actuelle de la suite.
Chaque versement s'actualise selon son rang : celui du rang k est divisé par (1 + i)^k.
V_0 = V/(1 + i) + V/(1 + i)² + … + V/(1 + i)ⁿ
La somme terme à terme. C'est encore une suite géométrique, de raison 1/(1 + i) cette fois.
V_0 = V × [1 − (1 + i)^(−n)] / i (i ≠ 0)
La forme fermée, obtenue exactement comme en section VI — multiplier par la raison, soustraire, isoler. Même condition : à taux nul, V_0 vaut n × V, puisque le temps ne coûte alors rien.
m = K × i / [1 − (1 + i)^(−n)]
L'inversion : on remplace V_0 par le capital emprunté K, et l'on isole le versement, qui devient la mensualité m.
m = 200 000 × 0,0025 / [1 − (1,0025)^(−240)] = 1 109,20 €
Le taux de la période est le taux mensuel PROPORTIONNEL, 0,25 %. L'exposant est NÉGATIF : on divise par le facteur, on ne le multiplie pas — c'est une actualisation.
Le contrôle : la valeur actuelle des 240 mensualités, au taux mensuel du prêt, redonne le capital emprunté. Si ce n'est pas le cas, l'exposant a perdu son signe. Fais-le sur la mensualité EXACTE, 1 109,195196 € : avec les 1 109,20 € affichés il retombe sur 200 000,87 €, et ces quatre-vingt-sept centimes ne sont pas une erreur du contrôle, mais l'arrondi que tu viens d'introduire.
Deux contrôles de bon sens. La mensualité dépasse toujours K/n — 833,33 € ici — dès que le taux est positif, puisqu'elle paie aussi les intérêts. Et le total remboursé, 266 206,85 €, dépasse le capital du coût du crédit, 66 206,85 €.
VIII. Ce que le taux affiché ne dit pas, et comment on le calcule
Le chapitre n°17 a posé, dans sa section VI, une leçon qu'il faut reprendre ici parce que c'est la même : entre un taux ANNONCÉ et un rendement TOUCHÉ s'intercalent toujours des conventions de calcul. Il l'a montrée sur les quinzaines du Livret A ; ce chapitre en donne la version générale.
Trois conventions changent le résultat sans changer le taux affiché. La PÉRIODICITÉ de composition, d'abord — la section IV l'a chiffrée : le même 12 % rend entre 12 % et 12,749685 % selon qu'on compose une fois l'an ou continûment. La DATE des flux, ensuite : la section VI a montré que verser en début ou en fin d'année change le résultat de 806,11 € sur vingt ans. Les FRAIS, enfin, qui ne figurent pas dans le taux mais se retranchent du capital.
C'est pour rendre ces offres comparables qu'on impose, sur les crédits, l'affichage d'un taux annuel EFFECTIF global — le TAEG. Son principe prolonge la section IV et emprunte l'outil de la section V : c'est le taux annuel qui rend NULLE la somme de tous les flux du crédit une fois actualisés — le capital reçu d'un côté, les échéances et les frais de l'autre. Ramener toutes les offres à cette même base rend enfin comparables deux nombres affichés.
Calcule-le sur le prêt de la section VII, et regarde ce qui se passe. Sans aucun frais, le TAEG vaut 3,0416 % pour un taux nominal affiché à 3 % : l'écart de 0,0416 point ne vient d'AUCUN frais, il vient uniquement de ce que la banque applique un taux mensuel proportionnel — c'est le calcul de la section IV, au millionième de point près. Ajoute les 1 000 € de frais de dossier, et le TAEG monte à 3,0987 %. L'écart total au taux affiché vaut 0,0987 point, et il s'EMPILE dans cet ordre : 0,0416 point pour la seule périodicité, puis 0,0572 de plus quand on ajoute les frais. Additionne ces deux affichages et tu trouves 0,0988, un dix-millième au-dessus du total : c'est l'arrondi, pas une erreur — les valeurs exactes sont 0,041596 et 0,057152, dont la somme fait bien 0,098748. Ne dis pas que le TAEG « additionne » deux causes. Mesurées SÉPARÉMENT — les frais seuls, la banque appliquant cette fois le taux équivalent — elles donnent 0,0416 et 0,0570, dont la somme, 0,0986, n'est pas tout à fait le total : il reste 0,000107 point d'interaction, soit un dix-millième. Deux causes qui agissent sur le même objet ne s'additionnent qu'à l'ordre près, et c'est vrai bien au-delà du crédit.
Une chose te surprendra, et il faut la dire : le TAEG ne se calcule PAS par une formule. On cherche le taux qui annule la somme des flux actualisés, et cette équation est de degré 240 — personne ne la résout à la main. On l'approche par essais successifs : on propose un taux, on regarde si la valeur actuelle des mensualités dépasse ou non ce que l'emprunteur a réellement reçu, et l'on resserre. C'est un calcul de machine, et le fait qu'il n'ait pas de forme close ne le rend ni approximatif ni suspect.
Ne demande pas au TAEG plus qu'il ne donne. Il ramène des offres à une base commune ; il ne dit pas si un crédit est une bonne idée, ni ce qui se passe si les taux changent, ni ce que coûte un remboursement anticipé. C'est un instrument de COMPARAISON, pas un jugement.
Et le réflexe de lecture, celui qui vaut pour toute ta vie de lecteur de brochures : quand deux taux sont affichés côte à côte, demande-toi d'abord s'ils portent sur la même période, ensuite s'ils composent à la même fréquence, enfin s'ils intègrent les mêmes frais. Trois questions, dans cet ordre. Le chapitre n°17 en posait trois du même genre sur les taux d'épargne ; ce sont les cousines de celles-ci.
Chercher un TAEG quand aucune formule ne le donne
On note K le capital emprunté, F les frais payés au départ, m la mensualité et n le nombre de mensualités. L'emprunteur reçoit vraiment K − F, et il rend n fois m.
Le TAEG est le taux qui rend ces deux flux ÉQUIVALENTS une fois actualisés. On l'écrit, on ne le résout pas : on l'encadre.
K − F = m × [1 − (1 + r)^(−n)] / r
L'équation, en r, le taux de la PÉRIODE. À gauche ce que l'emprunteur reçoit ; à droite la valeur actuelle de ce qu'il rend, actualisée à ce même r. C'est la formule de la section VII, avec r inconnu au lieu de m.
199 000 = 1 109,195196 × [1 − (1 + r)^(−240)] / r
Le prêt du chapitre : 200 000 € reçus moins 1 000 € de frais, contre 240 mensualités. La mensualité EXACTE, pas les 1 109,20 € affichés — avec l'arrondi, les quatre essais ci-dessous décalent tous de quatre-vingt-sept centimes, et le premier ne retomberait plus sur un compte rond.
r = 0,25 % → 200 000,00 € (trop haut : on a actualisé trop faiblement)
Le premier essai est le taux du prêt lui-même : sans frais, il redonnerait exactement 200 000 €. Il faut donc un r PLUS grand pour descendre à 199 000 €.
r = 0,26 % → 197 850,12 € (trop bas) · r = 0,255 % → 198 920,97 € (trop bas)
On encadre, puis on resserre. Chaque essai coupe l'intervalle en deux : c'est une dichotomie, et douze essais suffisent à fixer les quatre décimales.
r = 0,254632 % → 199 000,10 € · TAEG = (1,00254632)¹² − 1 = 3,0987 %
Le taux de la période trouvé, on l'annualise par la règle de la section IV — composer douze fois, jamais multiplier par douze.
Le contrôle qui prouve qu'on n'a pas dérivé : sans frais, la recherche doit retomber EXACTEMENT sur le taux du prêt, 0,25 % par mois, et donc sur 3,0416 % l'an — l'effet de la seule périodicité.
Et le contrôle de sens : le TAEG dépasse toujours le taux nominal dès qu'il y a des frais ou plus d'une période dans l'année. S'il tombe en dessous, un signe s'est perdu.
IX. En euros constants : l'inflation se compose aussi
Il reste une chose à composer, et c'est celle qu'on oublie : les prix. Un capital qui grossit de 1,7 % par an pendant que les prix montent de 2,1 % par an ne s'enrichit pas — il rétrécit, lentement et sûrement.
Le chapitre n°17 a posé la règle et le chapitre n°11 avant lui : le rendement RÉEL se calcule par DIVISION, r = (1 + i)/(1 + π) − 1, jamais par la soustraction i − π. Et pour l'appliquer sur plusieurs années, il a posé la règle d'or : on élève le RAPPORT à la puissance n, jamais le rendement réel arrondi.
Applique-la aux 12 000 € de Bruno, non plus au taux pédagogique de 3 %, mais sur un vrai Livret A : 1,7 % servis, 2,1 % d'inflation. Le rendement réel vaut −0,391773 % par an — négatif, puisque les prix montent plus vite que le livret ne rapporte. Au bout de vingt ans, le capital vaut 12 000 × (1,017/1,021)²⁰, soit 11 093,93 € de pouvoir d'achat. Il a PERDU 906,07 €.
Et regarde bien ce qui s'est passé, parce que les deux lectures sont vraies en même temps et qu'un candidat doit les tenir ensemble. En EUROS, le capital a grossi : 12 000 × (1,017)²⁰ fait 16 811,26 €, il a gagné près de cinq mille euros. En POUVOIR D'ACHAT, il a fondu de 906,07 €. Ce n'est pas une contradiction : ce sont deux mesures différentes du même compte, et c'est exactement la distinction du chapitre n°6 entre nominal et réel.
La leçon générale du chapitre, et elle renverse l'idée reçue : l'intérêt composé n'est pas une force qui joue POUR l'épargnant. C'est une mécanique, et elle joue dans le sens du taux qu'on lui donne. Sur un rendement réel négatif, elle compose la perte avec la même régularité qu'elle composerait un gain. Sur une DETTE, elle travaille contre celui qui doit — Farid, le quatrième ménage du n°17, désépargne 500 € cette année-là ; laissés à courir vingt ans à 3 %, ces 500 € deviennent une dette de 903,06 €.
Ne conclus pas de cette section qu'un livret réglementé est un mauvais placement : ce chapitre ne compare rien, ne conseille rien, et la section X dit pourquoi. Il constate une mécanique de calcul sur des taux publiés à une date donnée.
X. Trois choses que ce calcul ne dit pas
Tout ce chapitre repose sur une hypothèse énorme, écrite nulle part jusqu'ici : le taux est CONSTANT. Il est temps de la mettre au jour, et de nommer ce que le calcul ne dit pas.
LE PREMIER SILENCE : le taux ne restera pas constant. Le Livret A lui-même est révisé deux fois par an — le n°17 l'a établi, il valait 1,5 % avant le 1ᵉʳ août 2026. Sur vingt ans, aucun taux d'aucun placement ne reste immobile. Le calcul de ce chapitre décrit donc une trajectoire HYPOTHÉTIQUE : « si le taux restait à 3 % », et non « voici ce que tu auras ». En copie, écris l'hypothèse avant le résultat ; un correcteur la cherche.
LE DEUXIÈME : il ne dit rien du RISQUE. Un taux annoncé n'est pas un taux touché. Même contractuellement garanti sur toute la période, il suppose que celui qui l'a promis puisse payer — une obligation d'entreprise porte un taux fixe et peut faire défaut. Et le Livret A ne garantit pas son taux du tout : il se révise deux fois l'an, sa garantie portant sur le CAPITAL. Hors des placements dont le CAPITAL est garanti, un rendement espéré s'accompagne donc d'une possibilité de perte en euros, que ce chapitre ne mesure pas et ne prétend pas mesurer. Et là même où le capital est garanti, la section IX l'a montré : le pouvoir d'achat, lui, ne l'est jamais. Une courbe qui monte régulièrement dessine une certitude qui n'existe pas.
LE TROISIÈME : il ne dit rien de ce que le détenteur peut FAIRE de son capital. La fiscalité prélève une part des intérêts, sauf exonération ; la liquidité — la possibilité de récupérer son argent quand on en a besoin — ne figure dans aucune de ces formules ; et une somme bloquée vingt ans n'a pas la même valeur d'usage qu'une somme disponible. Ces trois-là ne sont pas des raffinements : ce sont les raisons pour lesquelles on ne choisit jamais un placement sur la seule foi d'un exposant.
Et une prudence de méthode, celle que ce cursus répète depuis le chapitre n°9 : une croissance exponentielle prolongée assez loin donne toujours des nombres absurdes. Un centime placé à 3 % au début de notre ère vaudrait aujourd'hui environ 10²⁴ €, soit quelque deux milliards de fois la richesse du monde. Ce n'est pas un argument en faveur de l'épargne : c'est la preuve qu'aucun taux ne tient sur deux mille ans, et donc que l'extrapolation a une portée limitée. Le calcul est exact ; c'est son application qui demande du jugement.
XI. L'atelier : compose, et prédis avant de voir
Le tableau de la section I ne montre qu'un cas : 12 000 € à 3 % sur vingt ans. L'atelier te laisse déplacer les trois curseurs — le capital, le taux, la durée — et choisir la périodicité de composition. À chaque fois, PRÉDIS avant de regarder.
PREMIÈRE manipulation, celle qui vérifie la section I : mets la durée à 1 an. Simple et composé donnent exactement la même chose, quel que soit le taux et quel que soit le capital. Monte ensuite la durée d'un cran à la fois, et regarde l'écart s'ouvrir — d'abord imperceptiblement, puis massivement. Il n'existe aucune durée supérieure à un an, à taux positif, où les deux coïncident de nouveau.
DEUXIÈME : garde le capital et la durée, et double le taux. L'écart entre simple et composé fait bien plus que doubler — c'est la signature de la puissance. Essaie 3 % puis 6 % sur vingt ans, et compare les deux écarts.
TROISIÈME, la plus instructive, et elle se joue sur le bloc du BAS — celui de la périodicité, qui ne touche pas aux deux capitaux mais affiche le TAUX. Mets le taux à 12 % et passe de l'annuel au mensuel : le taux réellement obtenu monte de 12,000000 % à 12,682503 %. Passe au quotidien : 12,747462 %, à peine plus. Et la borne affichée ne bouge pas d'un millième — 12,749685 %, quel que soit le découpage. C'est la limite de Bernoulli de la section IV, rendue palpable : composer plus souvent rapporte de moins en moins, et jamais au-delà de e^i − 1.
Une chose que l'atelier ne fera pas, et c'est délibéré : il n'affiche aucune performance passée, aucun placement réel et aucune recommandation. Il calcule une formule sur des nombres que tu choisis, et rien d'autre.
Application — un sujet de partiel, corrigé pas à pas
Camille dispose de 8 000 € qu'elle peut placer quinze ans. Deux offres lui sont faites. L'offre A sert 4 % l'an, intérêts composés une fois par an. L'offre B sert 0,33 % par mois, intérêts composés chaque mois ; la brochure présente cette offre comme « équivalente à 4 % l'an ». (a) Que vaut le capital de Camille au bout de quinze ans dans chacune des deux offres ? (b) Quel est le taux annuel effectif de l'offre B, et la brochure dit-elle vrai ? (c) Quel taux mensuel aurait-il fallu servir pour que la brochure dise vrai ? (d) Camille voudrait disposer de 20 000 € dans quinze ans : quelle somme devrait-elle placer aujourd'hui à 4 % ? (e) En supposant une inflation de 2,1 % par an, que vaut en pouvoir d'achat le résultat de l'offre A ?
- (a) Pose d'abord l'hypothèse, comme la méthode l'impose : les deux taux sont supposés CONSTANTS sur les quinze années, ce qu'aucune banque ne garantit — sans cette réserve, le calcul se lit comme une prévision. Offre A. On applique la formule de la section II : K_15 = 8 000 × (1,04)¹⁵. Le facteur vaut 1,800944, donc K_15 = 14 407,55 €. C'est le facteur qu'on élève à la puissance quinze, jamais le taux.
- Offre B. Quinze ans font 180 mois, et le taux mensuel s'applique 180 fois : K = 8 000 × (1,0033)¹⁸⁰. Le facteur vaut 1,809448, donc K = 14 475,59 €. L'offre B rapporte 68,04 € de plus que l'offre A — ce qui suffit déjà à montrer que les deux ne sont pas équivalentes.
- (b) Le taux annuel effectif de B est le taux qui, appliqué une fois, donnerait le même facteur annuel que douze mois à 0,33 % : (1,0033)¹² − 1 = 4,0327 %. La brochure dit donc FAUX, et elle se trompe en faveur du client — de 0,0327 point. Formule la réponse dans cet ordre : la propriété (un taux proportionnel composé rend plus que le taux annoncé), le calcul, puis la conclusion. Une réponse qui commence par « c'est faux » sans le facteur ne vaut rien.
- (c) Il fallait servir le taux ÉQUIVALENT à 4 % l'an, c'est-à-dire la racine douzième du facteur annuel, moins un : (1,04)^(1/12) − 1 = 0,3274 % par mois. La brochure a divisé 4 par 12 pour trouver 0,33, à l'arrondi près — c'est exactement la faute de la section IV.
- (d) On actualise, comme à la section V : V_0 = 20 000 / (1,04)¹⁵ = 20 000 / 1,800944 = 11 105,29 €. Contrôle de bon sens : la valeur actuelle est inférieure à la somme future, et l'aller-retour retombe juste — 11 105,29 × 1,800944 redonne 20 000 €.
- (e) On élève le RAPPORT, jamais le rendement réel arrondi — la règle du chapitre n°17. Le pouvoir d'achat vaut 8 000 × (1,04/1,021)¹⁵ = 10 548,82 €. Le rendement réel annuel est de 1,860921 %, et non les 1,9 % que donnerait la soustraction. Ici le rendement réel est POSITIF : le placement gagne du pouvoir d'achat, à la différence du Livret A de la section IX, où l'inflation dépassait le taux servi.
Phrase de copie attendue : « L'offre B rapporte 14 475,59 € contre 14 407,55 € pour l'offre A, parce que 0,33 % par mois ne sont pas équivalents à 4 % l'an mais à 4,0327 % : un taux proportionnel composé rend davantage que le taux annuel dont il est tiré, dès qu'il y a plus d'une période et que le taux est positif. Le taux mensuel équivalent à 4 % l'an est 0,3274 %. En pouvoir d'achat, et sous une inflation de 2,1 %, l'offre A ne laisse que 10 548,82 € des 14 407,55 € affichés. »
À toi de jouer — cherche avant de regarder
Un capital de 5 000 € est placé à 4 % pendant trois ans. (a) Que vaut-il au bout des trois ans, en intérêt simple puis en intérêt composé ? (b) Quel est l'intérêt de la TROISIÈME année dans chaque cas ? (c) D'où vient exactement la différence entre les deux intérêts de la troisième année ?
Un coup de pouce
Pour (c), demande-toi sur quel capital porte l'intérêt de la troisième année dans chacun des deux calculs.
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(a) Simple : 5 000 × (1 + 0,04 × 3) = 5 000 × 1,12 = 5 600,00 €. Composé : 5 000 × (1,04)³ = 5 000 × 1,124864 = 5 624,32 €. L'écart vaut 24,32 €.
(b) En simple, l'intérêt de la troisième année est le même que celui des autres : 4 % de 5 000 €, soit 200,00 €. En composé, c'est la différence entre les capitaux de fin de troisième et de deuxième année : 5 624,32 − 5 408,00 = 216,32 €.
(c) L'intérêt de la troisième année porte, en simple, sur les 5 000 € de départ ; en composé, sur les 5 408,00 € présents au début de cette année-là — soit 408,00 € de plus, qui sont les intérêts des deux premières années. 4 % de 408,00 € font 16,32 €, exactement l'écart des deux intérêts. Retiens cette ligne s'il ne devait en rester qu'une de la section : l'écart est l'intérêt DES INTÉRÊTS.
(a) Combien de temps faut-il pour doubler un capital à 7 % ? Donnez la valeur exacte puis celle de la règle de 70. (b) La règle sur- ou sous-estime-t-elle ici ? (c) Un ami vous dit : « la règle de 70 sous-estime toujours le temps de doublement ». Que lui répondez-vous ?
Un coup de pouce
Pour (c), essayez un taux très faible — 1 %, par exemple — et comparez.
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(a) Exact : ln 2 / ln(1,07) = 0,693147 / 0,067659 = 10,24 ans. Règle de 70 : 70 / 7 = 10,00 ans.
(b) Elle SOUS-estime, de 0,24 an environ, soit près de trois mois.
(c) FAUX, et il faut construire le contre-exemple. À 1 %, la valeur exacte est 69,66 ans et la règle annonce 70 ans : elle SURESTIME. La raison : la règle contient deux approximations de sens contraire — l'arrondi de 69,31 vers 70, qui gonfle le résultat, et l'approximation ln(1 + i) ≈ i, qui le réduit. La première domine aux taux faibles, la seconde aux taux élevés, et elles se compensent autour de 1,98 %. En copie, réponds dans cet ordre : FAUX, la propriété vraie, sa condition, puis le contre-exemple chiffré. Une réponse « vrai » suivie d'un contre-exemple se fait sanctionner deux fois.
Vrai ou faux, en justifiant chaque réponse ; une phrase suffit, sauf là où la proposition demande qu'on pose sa CONDITION de validité. (a) Le taux mensuel équivalent à un taux annuel de 6 % vaut 0,5 %. (b) Le temps de doublement d'un capital ne dépend pas du montant placé. (c) L'intérêt composé rapporte toujours plus que l'intérêt simple. (d) Composer les intérêts de plus en plus souvent fait tendre le gain vers l'infini. (e) La valeur actuelle d'une somme future est toujours plus petite que cette somme.
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(a) FAUX. 0,5 % est le taux PROPORTIONNEL. Le taux équivalent est (1,06)^(1/12) − 1 = 0,4868 % par mois — et l'on vérifie que 0,5 % composé douze fois donne 6,1678 %, et non 6 %.
(b) VRAI, sous une condition qu'il faut poser : un taux UNIQUE, et aucun frais fixe. Le temps de doublement vaut alors ln 2 / ln(1 + i), où le capital ne figure pas — il s'est simplifié des deux côtés de l'équation (1 + i)ⁿ = 2, puisque doubler, c'est atteindre un FACTEUR de 2 quel que soit le point de départ. Dès qu'un frais FIXE s'ajoute, le montant reparaît : à 3 % avec 10 € de tenue de compte par an, un million double, et cent euros ne doublent jamais. Il reparaît aussi si le taux dépend de l'encours — un plafond, des tranches. Justifie par la simplification, pas par un exemple : deux cas particuliers ne font pas une propriété.
(c) FAUX en toute généralité, et c'est le mot TOUJOURS qui fait la réponse. La propriété vraie est : à taux POSITIF et pour une durée SUPÉRIEURE à un an, le composé dépasse le simple. Les deux coïncident exactement à un an — et à zéro. Porte la condition avec la propriété, sans quoi l'affirmation est fausse sur son cas limite, celui-là même que le chapitre met en tête de son premier tableau.
(d) FAUX. Le taux effectif est BORNÉ : quand le nombre de périodes tend vers l'infini, (1 + i/p)^p tend vers e^i. À 12 % l'an, on ne dépassera jamais 12,749685 %, et la capitalisation quotidienne en atteint déjà 12,747462 %. C'est la limite que Bernoulli rencontre en 1683.
(e) VRAI, à taux positif — et il faut le dire. À taux nul, les deux sont égales ; à taux négatif, la valeur actuelle serait supérieure. La condition tient à ce qu'on divise par (1 + i)ⁿ, qui n'est supérieur à 1 que si i l'emporte sur zéro.
Une carte de crédit affiche « 1,5 % par mois ». (a) Quel taux annuel effectif cela représente-t-il ? (b) De combien diffère-t-il du taux annuel que l'on obtiendrait en multipliant simplement par douze ? (c) Une dette de 2 000 € laissée à courir deux ans sans remboursement atteint quelle somme ?
Un coup de pouce
Pour (c), comptez les périodes en MOIS, pas en années.
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(a) (1,015)¹² − 1 = 1,195618 − 1 = 19,5618 % par an.
(b) La multiplication simple donnerait 18 %. L'écart vaut 1,5618 point — près d'un dixième du taux annoncé. Note le sens : le taux effectif est SUPÉRIEUR, comme toujours quand on compose un taux proportionnel.
(c) Deux ans font 24 mois : 2 000 × (1,015)²⁴ = 2 000 × 1,429503 = 2 859,01 €. La dette a gagné 859,01 €, soit 43 % du montant emprunté. La mécanique est exactement celle du placement de Bruno, au signe près : les intérêts composés ne sont pas du côté de l'épargnant, ils sont du côté de celui qui perçoit les intérêts.
On vous propose de recevoir soit 10 000 € aujourd'hui, soit 13 000 € dans six ans. (a) À 4 %, laquelle des deux vaut le plus ? (b) À 5 % ? (c) Quel est le taux qui rend les deux offres exactement équivalentes ? (d) Que conclure sur la manière de présenter une valeur actuelle ?
Un coup de pouce
Pour (c), cherchez le taux tel que 10 000 × (1 + i)⁶ = 13 000.
Voir le corrigé
(a) Actualisons les 13 000 € : 13 000 / (1,04)⁶ = 13 000 / 1,265319 = 10 274,09 €. C'est plus que 10 000 € : l'offre à six ans l'emporte.
(b) 13 000 / (1,05)⁶ = 13 000 / 1,340096 = 9 700,80 €. C'est moins que 10 000 € : l'offre immédiate l'emporte. La conclusion s'est INVERSÉE entre 4 % et 5 %.
(c) On cherche i tel que (1 + i)⁶ = 1,3, donc 1 + i = 1,3^(1/6) = 1,044698, soit i = 4,4698 %. En dessous de ce taux, l'offre à six ans gagne ; au-dessus, l'offre immédiate.
(d) Que le taux d'actualisation COMMANDE la conclusion, et qu'une valeur actuelle présentée sans son taux ne veut rien dire. C'est la question à poser en premier devant tout calcul de ce genre : à quel taux ?
Zoé change de rythme : elle verse 1 500 € par an pendant vingt-cinq ans à 2,5 %, en fin d'année. (a) Combien a-t-elle versé, et combien récupère-t-elle ? (b) Que deviendrait le résultat si elle versait en DÉBUT d'année ? (c) Un camarade calcule 37 500 × (1,025)²⁵ et annonce ce résultat. Quelle est son erreur ?
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(a) Elle a versé 25 × 1 500 = 37 500 €. Elle récupère 1 500 × [(1,025)²⁵ − 1] / 0,025 = 51 236,65 €, soit 13 736,65 € d'intérêts. L'exposant porte le NOMBRE DE VERSEMENTS, vingt-cinq : l'écrire 24 donnerait 48 523,56 €, et le contrôle large ne l'attraperait pas.
(b) Chaque versement travaillerait un an de plus : le résultat entier serait multiplié par 1,025, soit 52 517,56 €, et l'écart pour la seule convention vaut 1 280,92 €. Multiplie le résultat EXACT, non le 51 236,65 arrondi : le chapitre s'interdit ailleurs de capitaliser un arrondi. Dis toujours quelle convention tu retiens : un correcteur qui ne la trouve pas ne peut pas noter le calcul.
(c) Il a capitalisé la SOMME des versements comme si les 37 500 € avaient été présents dès la première année. Ils ne l'étaient pas : le premier versement travaille vingt-quatre ans, le dernier zéro. Son résultat, 69 522,90 €, est d'ailleurs le majorant du calcul — utile comme contrôle, faux comme réponse.
Farid, le quatrième ménage de Clairval, désépargne 500 € cette année-là — il consomme plus qu'il ne reçoit et s'endette d'autant. (a) Cette dette court à 3 %, sans aucun remboursement. Au bout de combien d'années ENTIÈRES dépasse-t-elle 1 000 € ? (b) La mécanique est-elle la même que pour un placement ? (c) Que faudrait-il ajouter au chapitre pour que ce calcul décrive une vraie dette ?
Un coup de pouce
Pour (a), ne calcule pas année par année : dépasser 1 000 € en partant de 500 €, c'est DOUBLER, et la section III répond sans le montant.
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(a) Dépasser 1 000 €, c'est DOUBLER : la section III donne la réponse sans calculer la dette année par année, puisque le temps de doublement à 3 % vaut ln 2 / ln 1,03 = 23,45 ans. La première année entière est donc la 24ᵉ. Vérifie les deux bords, un correcteur le fait : 500 × (1,03)²³ = 986,79 € — pas encore —, et 500 × (1,03)²⁴ = 1 016,40 €. Et note ce que le temps de doublement t'a épargné : il ne dépend pas du montant, donc il répondait à la question avant tout calcul.
(b) OUI, exactement la même, au signe près. La formule ne sait pas si le capital appartient à celui qui la calcule : elle multiplie par (1 + i)ⁿ. C'est pourquoi le chapitre évite de parler de « la force de l'intérêt composé » comme d'un allié : elle travaille pour celui qui PERÇOIT les intérêts, pas pour celui qui les doit.
(c) Il faudrait au moins : le taux réel du crédit, qui n'est pas celui d'un placement ; les remboursements, que ce calcul suppose inexistants ; et les frais. Une dette réelle se rembourse par échéances, ce qui relève du calcul de la section VI appliqué en sens inverse : c'est exactement ce que la section VII développe, et la mensualité y répond.
Un emprunt de 150 000 € est proposé sur 15 ans — 180 mois — au taux nominal de 2,4 %, avec 900 € de frais de dossier. (a) Quelle est la mensualité, la banque appliquant le taux proportionnel ? (b) Combien le crédit coûte-t-il, frais compris ? (c) Le TAEG sera-t-il supérieur ou inférieur à 2,4 %, et pourquoi — sans le calculer ? (d) Un courtier vous dit : « les frais ne changent presque rien, ils font moins de 1 % du capital ». Que répondez-vous ?
Un coup de pouce
Pour (a), le taux de la période est 2,4/12. Pour (c), deux causes jouent dans le même sens, et la section VIII les nomme.
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(a) Taux mensuel proportionnel : 2,4/12 = 0,2 %. m = 150 000 × 0,002 / [1 − (1,002)⁻¹⁸⁰] = 993,14 €. L'exposant est négatif : c'est une actualisation.
(b) Total remboursé : 180 mensualités EXACTES font 178 764,85 €, soit 28 764,85 € au-delà du capital. Ne multiplie pas l'affichage : 180 × 993,14 donne 178 765,20 €, trente-cinq centimes de trop. Avec les 900 € de frais, le crédit coûte 29 664,85 €.
(c) SUPÉRIEUR, et pour DEUX raisons qui jouent dans le même sens. D'abord la périodicité : un taux proportionnel de 0,2 % composé douze fois rend 2,4266 % et non 2,4 %. Ensuite les frais, qui réduisent ce que l'emprunteur reçoit vraiment sans réduire ce qu'il rembourse. Ces deux causes s'ajoutent toujours : aucune ne peut compenser l'autre, puisque toutes deux augmentent le taux effectif.
(d) Que le pourcentage du CAPITAL n'est pas la bonne mesure. Ce qui compte est l'effet sur le TAEG, et il se compare au taux, pas au capital : 900 € sur 150 000 € font 0,6 % du capital, mais ils déplacent le TAEG de 0,0870 point, près d'un dixième — à comparer aux 2,4 % affichés, pas aux 150 000 €. C'est la faute de dénominateur que le chapitre n°17 traque : un rapport ne se lit pas sans savoir ce qu'il divise.
Un Livret A sert 1,7 % l'an, l'inflation vaut 2,1 % l'an. (a) Que deviennent 30 000 € au bout de DIX ans, en euros courants puis en pouvoir d'achat ? (b) Comment concilier les deux résultats ? (c) Un journaliste écrit : « grâce aux intérêts composés, votre livret vous enrichit sans que vous fassiez rien ». Que répondez-vous, en une phrase de copie ?
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(a) En euros courants : 30 000 × (1,017)¹⁰ = 35 508,37 €. En pouvoir d'achat : 30 000 × (1,017/1,021)¹⁰ = 28 845,19 €, soit une perte de 1 154,81 €. Le chapitre a fait le calcul sur 12 000 € et vingt ans ; ni le capital ni la durée ne sont ceux-là, et aucun de ces trois nombres ne se recopie. On élève le RAPPORT, jamais le rendement réel arrondi : c'est la règle du chapitre n°17, et l'arrondi coûterait ici quelques euros.
(b) Les deux sont vraies et mesurent des choses différentes : le nombre d'euros a augmenté, ce que ces euros permettent d'acheter a diminué. C'est la distinction nominal/réel du chapitre n°6, appliquée à un compte d'épargne.
(c) « Faux dès que l'inflation dépasse le taux servi : la capitalisation compose alors un rendement réel NÉGATIF, et le pouvoir d'achat du capital diminue régulièrement — 30 000 € placés dix ans à 1,7 % sous une inflation de 2,1 % n'en valent plus que 28 845,19. » Note que la phrase ne dit pas que le livret est un mauvais placement : elle corrige une affirmation, elle n'en substitue pas une autre.
Deux placements sont proposés sur dix ans : le premier à 5 % composés annuellement, le second à 4,9 % composés mensuellement au taux proportionnel. (a) Lequel rapporte le plus ? (b) De combien, sur 10 000 € ? (c) Que faut-il retenir de la comparaison ?
Un coup de pouce
Ramenez les deux offres à un taux annuel effectif avant de comparer quoi que ce soit.
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(a) Le second. Son taux mensuel proportionnel vaut 4,9 / 12 = 0,408333 %, et le taux annuel effectif (1,00408333)¹² − 1 = 5,0116 %, contre 5,0000 % pour le premier.
(b) Sur 10 000 € et dix ans : 10 000 × (1,05)¹⁰ = 16 288,95 € pour le premier ; pour le second, 10 000 × (1 + 0,049/12)¹²⁰ = 16 306,88 €. L'écart vaut 17,94 €. Capitalise le taux MENSUEL sur 120 mois, et non le taux effectif arrondi à 5,0116 % : celui-ci donnerait 16 306,95 €, sept centimes de trop. C'est la faute que l'exercice 6 (b) sanctionne, commise sur un taux au lieu d'un capital.
(c) Qu'un taux affiché plus BAS peut rapporter davantage, si sa périodicité de composition est plus fine — et donc qu'on ne compare jamais deux taux annoncés sans les avoir ramenés à la même base. C'est précisément la raison d'être du taux annuel effectif. Note aussi l'ordre de grandeur : l'écart est réel mais petit, 17,94 € sur 16 000 €. La périodicité compte, elle ne fait pas de miracle.
Définitions à connaître
- Intérêt simple
- Un intérêt calculé à chaque période sur le capital de DÉPART, et qui ne rejoint jamais ce capital. Le capital croît d'une somme constante : K_n = K × (1 + i × n), une suite arithmétique. Il coïncide avec l'intérêt composé pour n = 1 et pour n = 0, et pour aucune autre durée dès que le taux n'est pas nul.
- Intérêt composé
- Un intérêt qui REJOINT le capital à la fin de chaque période et produit à son tour des intérêts. Le capital est multiplié à chaque période par le même facteur : K_n = K × (1 + i)ⁿ, une suite géométrique. C'est le FACTEUR (1 + i) qu'on élève à la puissance n, jamais le taux i. La mécanique ignore le signe : une dette laissée à courir grossit exactement comme un placement.
- Facteur de capitalisation
- Le nombre (1 + i)ⁿ par lequel le capital est multiplié au bout de n périodes. Ne le confonds pas avec le facteur d'UNE période, (1 + i), que la carte « Intérêt composé » nomme aussi facteur : celui-ci est le premier élevé à la puissance n. C'est l'objet qu'on manipule dans tous les calculs du chapitre : on l'élève, on en prend la racine, on divise par lui pour actualiser. À 3 % sur vingt ans, il vaut 1,806111 — un facteur, sans unité, jamais un montant.
- Temps de doublement
- Le nombre de périodes au bout desquelles un capital a doublé, à taux constant : n = ln 2 / ln(1 + i). Il ne dépend PAS du capital, qui se simplifie dans l'équation (1 + i)ⁿ = 2. Ce n'est en général pas un nombre entier de périodes.
- Règle de 70
- L'approximation du temps de doublement par 70 divisé par le taux en pourcentage. Elle vient de ce que ln 2 ≈ 0,6931 et que ln(1 + i) ≈ i pour i petit. Elle ne se trompe pas toujours dans le même sens. Deux approximations y jouent EN SENS CONTRAIRE à tout taux : l'arrondi de 69,31 vers 70 gonfle le résultat, l'approximation ln(1 + i) ≈ i le réduit. Ce qui change à 1,98 %, c'est LAQUELLE des deux l'emporte — la première en dessous, la seconde au-dessus. L'écart relatif s'annule à la bascule et grandit de part et d'autre. La règle de 72, préférée en finance, bascule à 7,85 % et se divise de tête.
- Taux proportionnel
- Le taux annuel divisé par le nombre de périodes de l'année : 12 % l'an donnent 1 % par mois. Composé sur toute l'année, il rend TOUJOURS plus que le taux annuel dont il est tiré, dès qu'il y a plus d'une période et que le taux est positif — 1 % par mois font 12,682503 % l'an, et non 12 %. Ce n'est donc pas le taux du mois « équivalent » à 12 % l'an.
- Taux équivalent
- Le taux d'une période qui, composé sur toute l'année, redonne EXACTEMENT le taux annuel : i_e = (1 + i)^(1/p) − 1, la racine p-ième du facteur annuel moins un. Pour 12 % l'an sur douze mois, il vaut 0,948879 % — et non 1 %. C'est lui qu'on emploie pour ramener deux taux de périodicités différentes à la même base avant de les comparer.
- Taux annuel effectif
- Ce qu'un placement ou un crédit rapporte ou coûte réellement sur une année, une fois la périodicité de composition prise en compte : (1 + i/p)^p − 1 pour un taux proportionnel. Il est BORNÉ par e^i − 1, la limite atteinte quand les périodes deviennent infiniment nombreuses — 12,749685 % pour un taux annoncé de 12 %. Sur les crédits, la version réglementée qui intègre en outre les frais s'appelle le TAEG.
- Valeur actuelle
- Ce qu'il faudrait placer aujourd'hui, au taux i, pour disposer d'une somme donnée dans n périodes : V_0 = V_n / (1 + i)ⁿ. C'est l'opération INVERSE de la capitalisation, et l'aller-retour retombe exactement sur la somme de départ. Elle est inférieure à la somme future dès que le taux est positif ET que l'échéance est future — à n = 0 les deux se confondent —, et le TAUX retenu commande le résultat — une valeur actuelle citée sans son taux ne veut rien dire. Elle ne mesure pas l'inflation, qui est un autre calcul.
- Versements périodiques
- Une suite de versements égaux capitalisés jusqu'à un terme commun : K_n = V × [(1 + i)ⁿ − 1] / i, pour des versements de FIN de période, et à condition que i ≠ 0 — à taux nul le total vaut simplement n × V. La convention doit être dite : en début de période, chaque versement travaille une période de plus et le total est multiplié par (1 + i). Ne capitalise jamais la somme des versements comme si elle avait été présente dès le départ : ce calcul donne un majorant, utile en contrôle et faux en réponse.
- Valeur actuelle d’une suite de versements
- Ce dont il faudrait disposer aujourd'hui pour servir n versements de V au taux i, versés en FIN de période : V_0 = V × [1 − (1 + i)^(−n)] / i, à condition que i ≠ 0 — à taux nul elle vaut n × V. C'est la symétrique de la capitalisation d'une rente : capitaliser cette valeur actuelle sur les mêmes n périodes redonne exactement le capital de la rente. L'exposant est NÉGATIF : on divise par le facteur. La convention se DIT, comme pour la capitalisation : en DÉBUT de période, chaque versement est avancé d'une période et le total est multiplié par (1 + i) — 15 323,80 € au lieu de 14 877,47 € sur la rente du chapitre, soit 446,32 € pour la seule convention.
- Mensualité constante
- Le versement qui rembourse un capital K en n périodes au taux i de la période : m = K × i / [1 − (1 + i)^(−n)]. C'est la formule précédente inversée, la banque prêtant aujourd'hui la valeur actuelle des mensualités à venir. Elle dépasse toujours K/n dès que le taux est positif, puisqu'elle paie aussi les intérêts. Sur les prêts immobiliers français, le taux de la période est le taux PROPORTIONNEL i/12 — c'est la convention, et c'est la première raison pour laquelle le TAEG dépasse le taux nominal.
- TAEG
- Le taux annuel effectif global : le taux qui rend NULLE la somme des flux d'un crédit une fois actualisés — ce que l'emprunteur reçoit vraiment, frais déduits, égalant la valeur actuelle de ses mensualités. Sur un crédit à échéances nombreuses, il n'a pas de forme close : l'équation est de degré n, et on le cherche par essais successifs — ce qui ne le rend ni approximatif ni suspect. À une seule échéance il s'écrit directement : 990 € reçus contre 1 050 € dus dans un mois donnent 1 050/990 − 1 = 6,0606 % par mois. Son écart au taux nominal se décompose : ce qui vient de la PÉRIODICITÉ, et ce qui vient des FRAIS. Il compare des offres ; il ne dit pas si un crédit est une bonne idée.
- Capitalisation continue
- La limite de la composition quand les périodes deviennent infiniment nombreuses : le facteur annuel tend vers e^i. Elle ne rapporte presque rien de plus que la composition quotidienne — 12,749685 % contre 12,747462 % pour un taux annoncé de 12 %. C'est en cherchant cette limite sur un placement à 100 % que Jacob Bernoulli rencontre en 1683 le nombre noté e.
- Rendement réel
- Ce qu'un placement rapporte en POUVOIR D'ACHAT, établi au chapitre n°17 : r = (1 + i)/(1 + π) − 1, jamais i − π. Sur plusieurs années, on élève le RAPPORT (1 + i)/(1 + π) à la puissance n, jamais le rendement réel arrondi. Il est négatif dès que l'inflation dépasse le taux servi, et la capitalisation compose alors la perte aussi régulièrement qu'elle composerait un gain.
Méthode — les réflexes de copie
- Avant tout calcul d'intérêts, écris DEUX choses : la période de capitalisation, et si les intérêts rejoignent ou non le capital. La moitié des fautes du sujet viennent d'une périodicité implicite.
- Ce qu'on élève à une puissance, c'est le FACTEUR (1 + i), jamais le taux. Et ce qu'on prend en racine pour changer de période, c'est encore le facteur. Écris le facteur avant de toucher à l'exposant.
- Ne divise pas un taux annuel par le nombre de périodes pour obtenir le taux ÉQUIVALENT d'une période : celui-ci vaut (1 + i)^(1/p) − 1. La division donne le taux PROPORTIONNEL, qui rend toujours PLUS que le taux annoncé dès qu'il y a plus d'une période et que le taux est positif. Elle n'est pas interdite pour autant : c'est la convention des prêts immobiliers, et la section VII l'EXIGE — au taux équivalent, la mensualité du chapitre vaudrait 1 105,15 € au lieu de 1 109,20 €. Ce qu'il ne faut jamais, c'est appeler le proportionnel « équivalent ».
- Un taux annuel effectif se calcule avant toute comparaison. Deux taux affichés ne se comparent pas tant qu'ils ne portent pas sur la même période, ne composent pas à la même fréquence, et n'intègrent pas les mêmes frais — trois questions, dans cet ordre.
- Le temps de doublement ne dépend pas du capital. Si ton calcul le fait apparaître, tu as gardé un terme qui devait se simplifier.
- Le mot TOUJOURS est à surveiller sur ce sujet. « Le composé rapporte plus que le simple » demande deux conditions : un taux positif et une durée supérieure à une période. À une période exactement, les deux coïncident — et c'est le premier cas que le chapitre montre.
- Actualiser, c'est DIVISER par le facteur ; capitaliser, c'est le multiplier. Le contrôle en aller-retour tranche à coup sûr : capitalise puis actualise, et tu dois retomber sur ta somme de départ au centime près.
- Devant une valeur actuelle, demande le TAUX avant de regarder le montant : c'est lui qui commande la conclusion, et il peut l'inverser.
- Pour une suite de versements, capitalise chaque versement selon le temps qu'il travaille VRAIMENT, et dis ta convention — début ou fin de période. Contrôle : le résultat tombe entre le total versé et ce total capitalisé sur toute la durée. Ce contrôle est LARGE : il ne rattrape pas l'exposant n − 1 au lieu de n. Vérifie en plus que l'exposant porte le NOMBRE DE VERSEMENTS.
- Devant un emprunt, écris que le capital prêté VAUT la valeur actuelle des mensualités : tout en découle, la mensualité comme le TAEG. L'exposant y est NÉGATIF — on actualise, on ne capitalise pas.
- Un TAEG ne se compare pas au capital mais au TAUX affiché : des frais qui pèsent 0,6 % du capital peuvent déplacer le TAEG de plusieurs centièmes de point, et c'est ce déplacement-là qui se lit.
- En euros constants, élève le RAPPORT (1 + i)/(1 + π) à la puissance n — jamais le rendement réel arrondi, dont l'erreur se compose elle aussi.
- N'élève JAMAIS un nombre arrondi. Reprends la valeur exacte à chaque étape et n'arrondis qu'à l'affichage : un centième d'écart sur un facteur devient des euros au bout de vingt ans, et le chapitre sanctionne cette faute trois fois — sur une somme, sur un taux effectif et sur un capital.
- Écris toujours l'hypothèse avant le résultat : « à taux constant de X % ». Aucun taux ne reste constant vingt ans, et un correcteur cherche cette réserve — c'est elle qui distingue un calcul d'une prévision.
Sources
- Luca Pacioli, Summa de arithmetica, geometria, proportioni et proportionalita (Venise) — l'ouvrage où apparaît la plus ancienne trace connue de la règle de 72, donnée sans démonstration et illustrée sur un taux de 6 %, plus d'un siècle avant l'invention du logarithme qui la justifie, 1494
- Richard Witt, Arithmeticall Questions, touching the Buying or Exchange of Annuities (Londres) — le premier ouvrage entièrement consacré aux intérêts composés, avec ses tables de facteurs et ses 124 exemples résolus, là où les auteurs précédents n'y consacraient qu'un chapitre, 1613
- Jacob Bernoulli, Le problème de la composition continue des intérêts — en cherchant la limite de (1 + 1/n)ⁿ sur un placement à 100 %, Bernoulli rencontre le nombre que Leonhard Euler notera e et dont la section IV donne la conséquence : le taux effectif est borné, 1683
- Service-public.gouv.fr, Livret A — taux annuel de 1,7 % en vigueur du 1er août 2026 au 31 janvier 2027, le taux dont la section IX compose vingt années, 2026
- INSEE, Informations rapides n° 194 — indice des prix à la consommation de juillet 2026, résultats définitifs : « Sur un an, les prix à la consommation augmentent de 2,1 % en juillet 2026, après +1,8 % en juin », 2026