La loi de l'offre et de la demande
18 parties
Objectifs — à la fin de ce cours, tu sais
- Poser le cadre : dire sur quel type de marché la loi s'énonce, et ce que la clause « toutes choses égales par ailleurs » autorise à faire.
- Définir la demande et l'offre comme des relations entre prix et quantités, tracer leurs courbes et les lire dans les deux sens.
- Expliquer par leurs mécanismes pourquoi la demande décroît (effet de substitution, effet de revenu) et pourquoi l'offre croît (rendements décroissants, coût marginal croissant).
- Construire la demande de marché en additionnant les demandes de chaque groupe d'acheteurs — les quantités, jamais les prix.
- Écrire l'offre et la demande sous forme d'équations, et déterminer l'équilibre en résolvant Qd = Qo.
- Distinguer sans hésiter un mouvement LE LONG d'une courbe d'un déplacement DE la courbe.
- Dire ce qu'un prix plafond ou un prix plancher provoque, à quelle condition il mord, et quelle quantité s'échange alors.
- Prévoir l'effet d'un choc sur le prix et sur la quantité d'équilibre — graphiquement et par le calcul —, y compris lorsque les deux courbes se déplacent en même temps.
- Mesurer ce qu'un marché rapporte à ceux qui y participent — surplus du consommateur et du producteur — et chiffrer la perte sèche qu'une entrave au prix provoque.
I. Le cadre : de quel marché parle-t-on ?
Un marché, c'est la rencontre de deux populations : des acheteurs, qui ont chacun un besoin et un budget, et des vendeurs, qui ont chacun des coûts et quelque chose à vendre. Marché du café, du logement étudiant, du travail saisonnier : la scène est la même — un bien, deux camps, et un prix qui naît de leur rencontre. Ce chapitre explique comment ce prix se forme, et pourquoi il ne s'installe pas n'importe où.
La loi de l'offre et de la demande décrit un marché de CONCURRENCE PURE ET PARFAITE, et une copie sérieuse en pose les cinq conditions dès la première ligne — le partiel les demande par leur nom. L'atomicité : de nombreux acheteurs et de nombreux vendeurs, aucun assez gros pour fixer le prix à lui seul. L'homogénéité : un bien identique d'un vendeur à l'autre, si bien que seul le prix les départage. La fluidité : on entre sur le marché et on en sort librement — c'est elle qui, à long terme, fait varier le nombre de vendeurs et DÉPLACE donc les courbes (section VII). La transparence : chacun connaît les prix et la qualité, d'où un prix unique — personne ne paie plus cher ce qu'il trouve moins cher à côté. Enfin la LIBRE CIRCULATION DES FACTEURS DE PRODUCTION : le travail et le capital se déplacent sans coût ni délai d'une entreprise à l'autre, si bien qu'aucun vendeur n'embauche ni ne s'équipe à des conditions que les autres n'obtiendraient pas — c'est elle qui donne corps à la fluidité, car entrer sur un marché ne sert à rien si les machines et les bras ne peuvent pas suivre. (Hypothèses exigeantes ? Oui, et assumées. Beaucoup de marchés réels s'en écartent : un vendeur unique, une poignée de vendeurs qui se surveillent, des produits très différenciés. Ces écarts ne sont pas des ratés du modèle : ils appellent d'autres modèles — monopole, oligopole, concurrence monopolistique, en deuxième année. Le marché concurrentiel est l'étalon : c'est en le maîtrisant qu'on saura mesurer exactement ce que chaque écart change.)
Deux précisions valent des points ici. La première est de vocabulaire : PURE et PARFAITE ne sont pas un pléonasme. Les trois premières conditions — atomicité, homogénéité, fluidité — définissent la concurrence PURE, c'est-à-dire pure de tout élément de monopole ; les deux dernières — transparence, libre circulation des facteurs — la rendent PARFAITE, en garantissant que ce marché sans monopole fonctionne aussi sans friction. La distinction elle-même vient d'Edward Chamberlin (The Theory of Monopolistic Competition, 1933), forgée précisément pour isoler ce que « pur » veut dire avant d'y mêler autre chose. Sois exact, en revanche, sur ce qu'on lui doit : la RÉPARTITION en trois + deux, qui range la fluidité du côté de la pureté, est une convention des manuels FRANÇAIS, pas la sienne. Chez Chamberlin, est pur ce qui écarte tout élément de monopole — le grand nombre et l'homogénéité du produit ; tout ce qui relève d'un fonctionnement sans friction, l'information comme la mobilité, appartient à la « perfection ». C'est bien la convention française que ton partiel attend, et c'est elle qu'il faut rendre : cinq conditions, trois pour la pureté, deux pour la perfection. Mais on ne fait pas dire à Chamberlin plus qu'il n'a écrit — et savoir que ce découpage est une habitude d'enseignement, non une thèse d'auteur, est exactement le genre de recul qui distingue une copie. La seconde précision est d'une autre nature. Tout ce chapitre suppose aussi que le prix est libre de monter comme de baisser, rien ne l'administre. Ce n'est pas une sixième condition de la concurrence — c'est un préalable INSTITUTIONNEL : le droit, pour le mécanisme que ce chapitre décrit, de faire son travail. La section VIII le lèvera délibérément, et l'on mesurera ce qu'un marché devient quand on le lui retire.
Un dernier outil avant d'entrer : la clause « toutes choses égales par ailleurs » — ceteris paribus dans les énoncés. Isoler l'effet du prix demande de raisonner comme en laboratoire : on fait varier le prix, et lui seul, en supposant constant tout le reste — revenus, goûts, prix des autres biens, techniques de production. Les lois des sections II et IV s'énoncent sous cette clause. La section VII la lèvera délibérément, et c'est là que le chapitre bascule : étudier ce qui arrive quand « le reste » se met à bouger, c'est tout l'art de l'exercice de partiel.
Cette clause a un nom savant, et le partiel l'emploie : ce chapitre fait de l'ÉQUILIBRE PARTIEL — on étudie UN marché, celui du café, en tenant pour fixes les prix et les revenus de tous les autres. C'est la méthode d'Alfred Marshall, et elle s'oppose à celle de Léon Walras, dont les Éléments (1874) cherchent au contraire l'ÉQUILIBRE GÉNÉRAL : tous les marchés d'une économie déterminés ensemble, chacun par tous les autres. Les deux hommes ont raison en même temps — le café dont le prix monte déplace bien la demande de thé, qui déplace en retour celle du café —, mais on ne peut pas tout tenir à la fois quand on apprend. On retiendra donc Walras pour la fiction d'ajustement de la section VII, et Marshall pour le cadre : un marché isolé, deux courbes, un point. Savoir que ce cadre est un CHOIX, et non la réalité, fait partie du cours.
II. La demande : ce que les acheteurs sont prêts à acheter
La demande n'est pas un chiffre : c'est une RELATION. Elle associe à chaque prix possible la quantité totale que les acheteurs sont prêts à acheter à ce prix, toutes choses égales par ailleurs. À 5 € la tasse, peu de cafés trouvent preneur ; à 1 €, beaucoup plus. La courbe de demande dessine cette relation — par convention héritée d'Alfred Marshall, le prix se lit en ordonnée et les quantités en abscisse, alors même que c'est le prix qui commande la quantité : garde la convention, elle est attendue.
Cette exigence — une envie ne compte que si elle peut payer — n'est pas une subtilité moderne : c'est le premier mot d'Adam Smith sur le sujet. Dans La Richesse des nations (1776, livre I, chapitre VII), il distingue le simple désir de la DEMANDE EFFECTIVE, celle des acheteurs disposés à payer le prix : « A very poor man may be said in some sense to have a demand for a coach and six; he might like to have it; but his demand is not an effectual demand » — un homme très pauvre peut, en un sens, demander un carrosse à six chevaux ; il aimerait l'avoir, mais son désir n'est pas une demande effective. Les manuels français en tirent une formule commode — en économie, une demande est un désir SOLVABLE — et tu peux l'écrire. Sache seulement qu'elle abrège Smith en le modernisant : chez lui, la demande effective n'est pas adossée à un pouvoir d'achat en général, mais à un PRIX précis. C'est celle « of those who are willing to pay the natural price of the commodity » — le prix qui couvre tout juste la rente, le travail et le profit qu'il faut payer pour apporter le bien au marché. Et l'adjectif y cache un verbe : cette demande est dite effective parce qu'elle est « sufficient to effectuate the bringing of the commodity to market », suffisante pour FAIRE VENIR la marchandise. C'est le ressort exact de la gravitation qu'exposera la section VII : si la quantité apportée tombe sous la demande effective, le prix de marché monte au-dessus du prix naturel ; si elle la dépasse, il redescend. Chez Smith, les deux notions sont une seule pièce.
La loi de la demande énonce que cette relation est DÉCROISSANTE : quand le prix monte, la quantité demandée baisse. Deux mécanismes distincts l'expliquent, et une bonne copie les nomme tous les deux. L'effet de substitution : le café renchéri devient moins intéressant que ses substituts, une partie des acheteurs bascule vers le thé. L'effet de revenu : à budget inchangé, un prix plus élevé réduit ce que ce budget permet d'acheter — le pouvoir d'achat se contracte, et la consommation avec lui.
Ces deux effets tirent normalement dans le même sens — vers le bas —, et c'est ce qui fonde la loi. Il existe une exception théorique, que la plupart des L1 mentionnent au moins en note : pour un bien inférieur dont l'effet de revenu l'emporterait sur l'effet de substitution — le bien de Giffen —, la quantité demandée augmenterait quand le prix monte, et la courbe se redresserait. Cas d'école quasi introuvable (l'exemple classique, débattu, est le pain des ménages les plus pauvres au XIXᵉ siècle) ; la loi vaut pour l'immense majorité des biens. Retiens surtout CE qui pourrait la renverser — l'effet de revenu, seul —, car le comprendre, c'est comprendre pourquoi elle tient d'ordinaire.
D'où sort cette quantité « totale » ? De l'addition des acheteurs, un par un. Chacun a sa propre demande, et la demande de marché est, À CHAQUE PRIX, la somme des quantités que chacun veut. On additionne les quantités et jamais les prix — d'où le nom de somme horizontale : sur le graphique, on ajoute des longueurs mesurées horizontalement, à hauteur de prix constante. Sur notre marché fictif du café, deux groupes d'acheteurs se partagent le quartier :
| Prix de la tasse | Étudiants du campus | Employés du quartier | Demande de marché |
|---|---|---|---|
| 2 € | 500 | 400 | 900 |
| 3 € | 350 | 350 | 700 |
| 4 € | 200 | 300 | 500 |
III. Lire une courbe de demande dans les deux sens
Le tableau ci-dessus dit deux choses, et la seconde échappe souvent. Première lecture : la demande de marché décroît parce que CHAQUE demande décroît — additionner des relations décroissantes ne peut donner qu'une relation décroissante. Seconde lecture : les deux groupes ne réagissent pas de la même façon. D'un euro au suivant, les étudiants renoncent à 150 tasses quand les employés n'en abandonnent que 50 : les étudiants sont bien plus sensibles au prix. Un mot de prudence tout de même : cette comparaison est sûre ici parce que les deux groupes demandent la MÊME quantité à ce prix — 350 tasses chacun à 3 €. Comparer « 150 perdues contre 50 » revient à comparer des variations ABSOLUES ; or la sensibilité au prix se mesure en variations RELATIVES, rapportées à la quantité de départ. À quantités égales, les deux classements coïncident à coup sûr — c'est bien le cas ici. Ailleurs, rien ne le garantit : ils peuvent coïncider encore, ils peuvent s'inverser. L'égalité des quantités est donc une condition SUFFISANTE, pas nécessaire — et la nuance compte, parce qu'elle interdit les deux règles générales à la fois. Reprends les mêmes pentes sur d'autres tailles de groupe : 150 tasses perdues sur 1 000, c'est 15 % ; 50 sur 350, c'est 14,3 % — des quantités presque du simple au triple, et pourtant le même classement. Cette mesure relative porte un nom, l'ÉLASTICITÉ, et le chapitre « L'élasticité-prix » lui est consacré tout entier.
La courbe elle-même se lit dans les deux sens, et les deux lectures servent. Sens direct, de l'axe des prix vers celui des quantités : « à ce prix-là, combien les acheteurs prennent-ils ? ». Sens inverse : « pour écouler cette unité-là, quel prix maximal peut-on demander ? » — la hauteur de la courbe au-dessus d'une unité mesure la disposition à payer du dernier acheteur qu'il faut convaincre. Cette seconde lecture ressemble à une curiosité ; c'est pourtant elle qui permettra, à la section IX, de chiffrer ce que l'échange rapporte aux acheteurs — le surplus.
Attention au vocabulaire, c'est lui qui départage les copies : la « quantité demandée » est UN point de la courbe — la réponse des acheteurs à un prix donné ; « la demande » est la courbe entière. Quand le prix change, la quantité demandée change ; la demande, elle, n'a pas bougé d'un millimètre.
IV. L'offre : ce que les vendeurs sont prêts à vendre
Symétriquement, l'offre associe à chaque prix la quantité que les vendeurs sont prêts à mettre sur le marché à ce prix, toutes choses égales par ailleurs. La loi de l'offre énonce une relation CROISSANTE : un prix plus élevé rend la vente plus rémunératrice et pousse les producteurs déjà présents à produire davantage. Comme pour la demande, l'offre du marché est la somme, à chaque prix, de ce que propose chaque vendeur.
Reste à comprendre pourquoi produire davantage coûte de plus en plus cher — c'est ce qui donne sa pente à la courbe, et le partiel réclame ce mécanisme par son nom, exactement comme il réclame ceux de la demande. À court terme, les capacités sont données : le local, les machines, l'équipe ne changent pas. Pour servir des tasses supplémentaires, le café ouvre plus tard, paie des heures majorées, loue une machine d'appoint — et chaque heure de travail ajoutée dans une cuisine qu'on n'agrandit pas produit un peu moins que la précédente. C'est la loi des RENDEMENTS DÉCROISSANTS : à capacités fixes, le facteur qu'on ajoute rend de moins en moins. Sa conséquence porte elle aussi un nom, et c'est elle qui donne sa pente à la courbe : le COÛT MARGINAL — le coût de la dernière unité produite — augmente avec la quantité. Seule la perspective d'un prix plus élevé justifie alors de produire cette unité-là. (Raisonnement de court terme, à capacités fixes : c'est l'horizon de ce chapitre. À long terme, de nouvelles capacités s'installent et cette montée des coûts s'atténue.)
Ce mécanisme a une date, et la citer place une copie : février 1815, à propos des terres — on cultive d'abord les meilleures, puis des terres de moins en moins fertiles, si bien que chaque quintal supplémentaire coûte plus cher que le précédent. Mais il n'a pas UN auteur : quatre brochures sur les blés paraissent coup sur coup cette saison-là, et Malthus, Edward West, Robert Torrens et David Ricardo y exposent la même idée — que James Anderson avait d'ailleurs déjà formulée en 1777. C'est un cas de découverte simultanée, comme il en existe un autre dans ce chapitre (Jevons et Menger, 1871, à la section V). L'usage a retenu le nom de Ricardo parce qu'il en tire, dans ses Principes de l'économie politique et de l'impôt (1817), toute une théorie de la rente : écris « Ricardo (1815) » en copie sans hésiter, mais sache que la paternité est partagée. Notre café n'est pas une terre, mais le raisonnement est le leur, transposé à une cuisine qu'on n'agrandit pas.
Double lecture ici aussi. Sens direct : « à ce prix, quelle quantité les vendeurs mettent-ils sur le marché ? ». Sens inverse : « pour que cette unité-là soit produite, quel prix minimal faut-il ? » — la hauteur de la courbe d'offre au-dessus d'une unité mesure ce qu'elle coûte à produire, c'est-à-dire son coût marginal. Dit autrement : la courbe d'offre EST la courbe de coût marginal, lue depuis l'axe des quantités. (À une réserve près, pour plus tard : en dessous d'un certain prix, un vendeur préfère ne rien produire du tout — l'offre n'est que la partie HAUTE de la courbe de coût marginal. Et « haute » est encore trop lâche : c'est sa partie CROISSANTE qu'il faut dire. Un coût marginal peut descendre avant de remonter, et son arc descendant se trouve alors lui aussi au-dessus du seuil sans être de l'offre pour autant — le retenir sous la forme « haute », c'est risquer de tracer une offre qui RECULE quand le prix monte. Le chapitre « Le producteur et ses coûts » construit ce seuil et le démontre ; ici la question ne se pose pas, notre droite d'offre monte partout.) Les deux courbes se répondent ainsi terme à terme : l'une raconte les coûts des vendeurs, l'autre les dispositions à payer des acheteurs.
V. L'équilibre : le prix qui vide le marché
Posons les deux courbes sur le même graphique — même bien, mêmes axes, même période. Le prix d'équilibre est celui qui égalise quantité demandée et quantité offerte : graphiquement, l'intersection. À ce prix, les plans des deux camps sont compatibles : tout acheteur prêt à payer ce prix trouve un vendeur, tout vendeur prêt à vendre à ce prix trouve un acheteur. Les économistes disent que le marché « se vide » — ni file d'attente, ni invendus, rien ne reste sur les bras de personne.
Arrête-toi un instant sur ce que tu viens de faire, parce qu'un sujet de dissertation le demande souvent. Faire dépendre le prix de DEUX courbes n'a rien d'évident : c'est le règlement d'une querelle d'un siècle. Smith (1776), puis Ricardo (1817), placent la source de la valeur du côté des COÛTS de production. En face, Jean-Baptiste Say la place dès 1803 du côté de l'UTILITÉ que le bien procure à celui qui l'achète — mais c'est une génération plus tard que cette voie devient une école : en 1871, coup sur coup, William Stanley Jevons en Angleterre et Carl Menger en Autriche fondent la valeur sur l'utilité de la DERNIÈRE unité consommée, celle qu'on appellera marginale ; Walras les rejoint en 1874. C'est cette révolution marginaliste, et non le seul Say, que Marshall a devant lui. Chaque camp tient un bout et refuse l'autre. Alfred Marshall tranche en 1890, dans ses Principles of Economics, par une image restée célèbre — elle se lit au livre V, chapitre III de l'édition définitive, la huitième (1920), celle que reproduisent les éditions courantes : « We might as reasonably dispute whether it is the upper or the under blade of a pair of scissors that cuts a piece of paper, as whether value is governed by utility or cost of production » — autant se demander laquelle des deux lames d'une paire de ciseaux coupe le papier. L'offre est la lame des coûts, la demande celle de l'utilité, et le prix naît de leur rencontre. Le graphique que tu traces à cette section n'est pas une commodité de présentation : c'est cette réponse-là, mise en dessin.
Le même raisonnement se mène sur un tableau de chiffres. Reprenons la demande de marché de la section II, et plaçons l'offre en face :
| Prix de la tasse | Quantité demandée | Quantité offerte | État du marché |
|---|---|---|---|
| 2 € | 900 | 500 | Pénurie de 400 tasses — le prix est poussé vers le haut |
| 3 € | 700 | 700 | Équilibre — le marché se vide |
| 4 € | 500 | 900 | Excédent de 400 tasses — le prix est poussé vers le bas |
VI. Le même marché, en équations
Un tableau ne donne que quelques prix, et un graphique ne se lit qu'à la précision de la règle. En licence, l'énoncé fournit donc les ÉQUATIONS : elles ne disent rien de plus que le tableau, mais elles le disent pour tous les prix à la fois, et elles livrent l'équilibre au centime près. Bonne nouvelle — on peut les reconstruire à partir de ce qu'on a déjà sous les yeux.
Des trois lignes du tableau aux deux équations
Relis la colonne de la demande : 900 tasses à 2 €, 700 à 3 €, 500 à 4 €. D'un euro au suivant, elle perd toujours 200 tasses — la relation est donc une droite, de pente −200. Reste son point de départ : puisqu'à 2 € on demande 900, en redescendant de deux euros jusqu'à un prix nul on ajoute deux fois 200, soit 1300.
Même travail sur l'offre : elle gagne 200 tasses par euro et vaut 500 à 2 €, donc 100 à un prix nul. On peut maintenant écrire les deux relations.
Qd = 1300 − 200 P
Qd : quantité demandée, en tasses. P : prix d'une tasse, en euros. −200 : ce que chaque euro supplémentaire coûte à la demande, en tasses par euro. 1300 : le TERME CONSTANT — la quantité que l'équation donne à prix nul. Une commodité de calcul, pas une prévision : personne ne soutient qu'on écoulerait 1300 tasses gratuites. La droite ne vaut que dans la plage de prix observée, ici de 2 à 4 €. (On évite à dessein « ordonnée à l'origine », que d'autres manuels emploient à cet endroit : sur le graphique marshallien, où le prix occupe l'ordonnée, 1300 se lit sur l'axe des QUANTITÉS — c'est une abscisse à l'origine. Ce cours réserve « ordonnée à l'origine » aux formes INVERSES, celles qui donnent P : là, l'ordonnée est bien un prix — 6,50 € pour la demande, −0,50 € pour l'offre, tous deux au travail à la section IX.)
Qo = 200 P + 100
Qo : quantité offerte, en tasses. +200 : ce que chaque euro supplémentaire rapporte à l'offre. Le SIGNE des deux pentes, négatif ici et positif là, est tout le contenu des deux lois du chapitre.
P = 6,5 − Q/200
La même demande, lue à l'envers : on isole P dans Qd = 1300 − 200 P. Voilà écrite la lecture inverse de la section III — « pour écouler cette quantité-là, quel prix au maximum ? ». C'est aussi la forme que le graphique rend COMMODE — pas celle qu'il exige : le prix étant porté en ordonnée, la forme inverse donne directement la hauteur de la courbe au-dessus d'une quantité, et c'est cette hauteur qu'on lira à la section IX pour chiffrer les surplus. La forme directe se trace tout aussi bien sur les mêmes axes, point par point : on choisit un prix, on calcule la quantité, on place le point. Elle répond simplement à l'autre question — et une écriture commode ne devient pas obligatoire parce qu'elle est commode.
P = Q/200 − 0,5
L'offre de même, en isolant P dans Qo = 200 P + 100. Contrôle : à Q = 700, les deux inverses redonnent P = 3 €, l'équilibre retrouvé par l'autre bout. On continue pourtant de résoudre avec les formes directes ; ces inverses resserviront pour chiffrer les surplus, quand on mesurera ce que l'échange rapporte à chaque camp.
Qd = Qo
L'équilibre écrit en symboles : la quantité que les acheteurs veulent et celle que les vendeurs proposent sont la même. C'est une définition traduite, pas une hypothèse supplémentaire.
1300 − 200 P = 200 P + 100
On remplace chaque membre par son expression. Il ne reste qu'une inconnue : le prix.
1200 = 400 P
On regroupe les P d'un côté, les nombres de l'autre.
P* = 3
L'étoile signale une valeur d'équilibre : le prix d'équilibre est de 3 €.
Q* = 200 × 3 + 100 = 700
On remplace P* dans l'une OU l'autre équation. Fais-le dans les deux : 1300 − 200 × 3 = 700 également. Deux résultats identiques, c'est ton contrôle ; deux résultats différents, c'est une erreur de calcul à reprendre avant d'aller plus loin.
Trois chemins — le tableau, le schéma, l'équation — et un seul résultat : 3 € et 700 tasses. Cette convergence n'est pas une élégance à saluer, c'est l'outil de vérification dont tu disposes en partiel : un calcul qui contredit ton graphique signale toujours une faute, dans l'un ou dans l'autre.
VII. Le long de la courbe, ou la courbe qui se déplace ?
Reprenons le tableau ligne à ligne pour voir les forces de rappel travailler. À 4 €, les invendus s'accumulent : pour les écouler, les vendeurs se font concurrence et le prix descend. À 2 €, les rayons se vident et des acheteurs restent sur le carreau, prêts à payer davantage : le prix remonte. Voilà le contenu réel de l'expression « loi de l'offre et de la demande ». Ce n'est pas une troisième loi qui s'ajouterait aux deux premières, c'est un MÉCANISME DE RAPPEL : hors de l'équilibre, l'excédent ou la pénurie met le prix en mouvement, et ce mouvement résorbe précisément le déséquilibre qui l'avait déclenché.
C'est le plus ancien raisonnement du chapitre, et il est antérieur à toute courbe : Smith le tient en 1776, sans graphique ni équation. Le prix courant, dit-il, oscille autour d'un PRIX NATUREL — celui qui couvre tout juste les coûts — et y revient par le jeu de la concurrence : trop de marchandise apportée au marché, le prix tombe sous le naturel et des vendeurs se retirent ; trop peu, il monte et d'autres accourent. Ce que la section V appelle « le marché se vide », Smith l'appelait la GRAVITATION du prix de marché vers le prix naturel — et ce prix naturel est celui-là même qui définit la demande effective de la section II : chez lui, les deux idées n'en font qu'une. Un siècle et demi de formalisation a changé les outils, pas le mécanisme.
Une question de fond se glisse dans ce récit : QUI, concrètement, fait bouger le prix ? Sur un marché parfaitement concurrentiel, personne ne le peut — c'est l'atomicité même : chacun subit le prix, nul ne le fixe. Le modèle lève le paradoxe par une fiction, le TÂTONNEMENT walrasien, exposé dans ses Éléments d'économie politique pure (1874) — un « commissaire-priseur » imaginaire annonce un prix, mesure l'excès d'offre ou de demande, le corrige (à la baisse s'il reste des invendus, à la hausse s'il en manque) et recommence, aucun échange n'ayant lieu avant l'équilibre. (Deux précisions qui valent des points : ce personnage de commissaire-priseur a été ajouté APRÈS Walras pour rendre le tâtonnement racontable — lui parlait de la criée des marchés réels ; et l'interdiction d'échanger avant l'équilibre n'est pas un détail, c'est ce qu'il a dû introduire pour que sa construction tienne.) Deux réserves, pour plus tard : que ces forces RAMÈNENT bel et bien le marché à l'équilibre est une HYPOTHÈSE de stabilité, que Walras pose sans la démontrer ; et ce n'est pas le seul ajustement concevable — dans la lecture marshallienne, ce sont les QUANTITÉS qui répondent à l'écart entre le prix que les acheteurs acceptent et celui qu'exigent les vendeurs, l'inverse de Walras, et ses conditions de stabilité ne coïncident pas toujours (matière de L2). Retenir dès la L1 que « le prix descend » cache une construction, et non un fait, c'est déjà penser en économiste.
Levons maintenant la clause « toutes choses égales par ailleurs » : que se passe-t-il quand autre chose que le prix change ? L'exercice porte un nom qu'il faut employer — la STATIQUE COMPARATIVE : on compare deux équilibres, celui d'avant et celui d'après, sans jamais décrire le chemin de l'un à l'autre ni le temps qu'il prend. C'est LA distinction du chapitre, et le piège favori des partiels. Un changement du PRIX du bien fait glisser le marché LE LONG des courbes, qui ne bougent ni l'une ni l'autre. Un changement de n'importe quel AUTRE déterminant déplace la courbe concernée tout entière — à chaque prix, la quantité n'est plus la même.
Déterminants qui déplacent la DEMANDE : le revenu des acheteurs, le prix des biens liés (substituts comme le thé, compléments comme le sucre), les goûts, les anticipations, le nombre d'acheteurs. Exemple, celui du schéma ci-dessous : une hausse du revenu déplace la demande vers la droite — à chaque prix, on demande davantage. (Vrai pour la plupart des biens, dits normaux. Il existe des biens dits inférieurs, délaissés dès qu'on peut s'offrir mieux — les pâtes premier prix en sont l'exemple d'école ; leur demande, elle, se déplace vers la gauche quand le revenu monte.)
Déterminants qui déplacent l'OFFRE : le coût des facteurs de production (matières premières, salaires, énergie), la technologie, les taxes et subventions, les anticipations, le nombre de vendeurs. Exemple : une gelée qui renchérit le grain déplace l'offre vers la gauche — à chaque prix, produire coûte plus cher, donc on offre moins.
Tout raisonnement d'équilibre se mène alors en trois temps, toujours les mêmes : (1) quel côté du marché le choc touche-t-il, la demande ou l'offre ? (2) dans quel sens la courbe se déplace-t-elle ? (3) que deviennent le prix ET la quantité d'équilibre ? Une demande qui augmente : prix et quantité montent tous les deux. Une offre qui recule : le prix monte, la quantité baisse.
Le même choc, chiffré
Le schéma montre le déplacement ; l'équation le chiffre, et un énoncé de licence réclame souvent les deux. Supposons que la hausse du revenu ajoute 200 tasses à la demande, à chaque prix.
Qd′ = Qd + 200 = 1500 − 200 P
Le +200 s'ajoute au terme constant, 1300 qui devient 1500 ; la pente −200, elle, ne bouge pas. La droite se TRANSLATE, elle ne pivote pas : les acheteurs veulent plus de café à chaque prix, mais leur sensibilité au prix est inchangée.
1500 − 200 P = 200 P + 100
Rien de neuf : c'est l'équation d'équilibre de la section VI, avec la nouvelle demande.
1400 = 400 P ⟹ P* = 3,50
Q* = 200 × 3,5 + 100 = 800
Le calcul retrouve exactement le point E₂ du schéma : 3,50 € et 800 tasses. Le prix et la quantité augmentent tous les deux, comme le raisonnement en trois temps l'annonçait — et l'offre, elle, n'a pas bougé : c'est le marché qui a glissé LE LONG d'elle.
VIII. Quand le prix ne peut pas bouger : plafond et plancher
Reprenons le préalable institutionnel posé à la section I, en marge des cinq conditions : « le prix est libre de monter comme de baisser, rien ne l'administre ». Levons-le. Que se passe-t-il quand une autorité publique fixe une limite au prix ? La réponse tient en une phrase, et elle découle de tout ce qui précède : le mécanisme de rappel de la section VII est EMPÊCHÉ de faire son travail, si bien que le déséquilibre, au lieu de se résorber, s'installe.
Un PRIX PLAFOND est un maximum légal — on n'a pas le droit de vendre plus cher. Il ne change quelque chose que s'il est placé SOUS le prix d'équilibre : au-dessus, le marché s'installe de lui-même en dessous de la limite, qui reste lettre morte. Attention au sens du raisonnement, il s'inverse facilement : un plafond à 5 €, les VENDEURS en seraient ravis — ils en proposeraient 1 100 tasses. Ce sont les acheteurs qui n'en veulent que 300 à ce prix-là, et c'est cet excédent qui fait redescendre le prix jusqu'à 3 €, sans que le plafond ait jamais à jouer. Fixons-le maintenant à 2 € sur notre marché du café. Les acheteurs en veulent 900 tasses, les vendeurs n'en proposent que 500 : il manque 400 tasses, et cette pénurie ne peut plus se résorber, puisque le prix n'a pas le droit de monter. Le rationnement se fait alors par autre chose que le prix — la file d'attente, l'ancienneté, la connaissance du gérant, la qualité qu'on laisse se dégrader, ou un marché parallèle. C'est le raisonnement qu'on tient sur l'encadrement des loyers.
Un PRIX PLANCHER est un minimum légal — on n'a pas le droit de vendre moins cher. Symétriquement, il ne mord que s'il est placé AU-DESSUS de l'équilibre. À 4 €, les vendeurs proposent 900 tasses quand les acheteurs n'en veulent que 500 : un excédent durable de 400. Deux cas réels servent d'exemple. Les prix agricoles garantis de la politique agricole commune, dans les années 1980, ont produit des stocks que la Communauté devait racheter — les fameuses « montagnes de beurre ». Lis bien l'exemple, car il dit plus qu'un plancher : un prix garanti ASSORTI d'un achat public n'arrête pas la production au côté court. Les 900 sont produites, les acheteurs en prennent 500, et la Communauté achète les 400 restantes — c'est précisément pourquoi il y a des stocks. Sous un plancher sans acheteur public, l'excédent ne serait pas produit du tout, et la règle du côté court s'appliquerait telle quelle. Et le salaire minimum, où le raisonnement s'applique au marché du travail — avec une prudence que le correcteur attend : ce marché n'est pas celui du café (le salaire n'est pas qu'un prix, l'employeur et le salarié ne se quittent pas après chaque transaction), et les économistes ne s'accordent pas sur l'ampleur de l'effet. Une copie qui pose le mécanisme PUIS nomme ses limites vaut mieux qu'une copie qui tranche.
Voici maintenant le point qui distingue les copies, et il se rate souvent. Quand le marché est empêché, quelle quantité change réellement de main ? Le CÔTÉ COURT, c'est-à-dire le plus petit des deux : on ne peut ni acheter ce qui n'est pas produit, ni vendre ce que personne ne prend. Sous plafond à 2 €, ce sont donc 500 tasses qui s'échangent — pas 900. La « pénurie de 400 » ne signifie pas que 400 acheteurs seront servis plus tard : elle signifie que 400 ne seront pas servis du tout.
Dernier réflexe, avant tout calcul : vérifie de quel côté de l'équilibre se trouve le prix imposé. Un plafond AU-DESSUS de l'équilibre, ou un plancher AU-DESSOUS, ne change strictement rien — la contrainte existe sur le papier mais n'est pas active, et le marché s'équilibre comme si elle n'était pas là. Répondre « rien ne se passe » est alors la bonne réponse, pas une esquive.
Un mot pour boucler : le schéma de la section V montre déjà ces deux écarts, à 2 € et à 4 €. Ils y étaient nommés pénurie et excédent, et la colonne « état du marché » ajoutait que le prix était poussé vers le haut ou vers le bas : ils étaient donc PASSAGERS, le prix allait les résorber. Sous encadrement, ce sont exactement les mêmes écarts — mais devenus durables. Le dessin n'a pas changé ; c'est ce qu'on a le droit de faire au prix qui a changé.
Les deux encadrements, chiffrés
Toujours le même marché : Qd = 1300 − 200 P, Qo = 200 P + 100, équilibre à 3 € et 700 tasses.
Plafond à 2 € : Qd = 900, Qo = 500
Le prix est sous l'équilibre, la contrainte est donc ACTIVE. Pénurie = 900 − 500 = 400 tasses.
Échangé = min(900 ; 500) = 500
Le côté court commande : ce sont les vendeurs qui limitent.
Plancher à 4 € : Qd = 500, Qo = 900
Le prix est au-dessus de l'équilibre, contrainte ACTIVE elle aussi. Excédent = 900 − 500 = 400 tasses.
Échangé = min(500 ; 900) = 500
Le côté court commande encore — cette fois ce sont les acheteurs.
Deux encadrements opposés, et le même coût : 500 tasses échangées au lieu de 700, soit 200 de moins dans les deux cas. Ce n'est pas une coïncidence. Les deux prix imposés sont à la même distance de l'équilibre (1 €), et les deux courbes ont la même pente en valeur absolue (200 tasses par euro) : le côté court recule donc d'autant. Change une seule de ces deux choses et la symétrie disparaît — c'est un bon test pour vérifier qu'on a compris et non retenu.
IX. Ce que l'échange rapporte : les deux surplus
La section VIII s'arrête au milieu du gué. Elle établit que le plafond fait tomber les échanges de 700 à 500 tasses — mais 200 tasses de moins, est-ce grave, et pour qui ? Répondre demande de passer des quantités à la VALEUR, et l'instrument existe : le surplus. On le construit ici, sur le marché libre ; la section X s'en servira pour chiffrer ce qu'une entrave détruit. Il ne demande aucun outil neuf : les deux mêmes droites, lues comme des AIRES. Le schéma ci-dessous les montre — et il part, lui, de l'origine des axes, parce qu'un surplus se mesure DEPUIS elle : le schéma de la section V, cadré sur la zone utile, laisse hors champ le sommet du triangle et le point où l'offre atteint le prix nul. Deux graphiques d'allure semblable et d'échelles différentes : commence par regarder les graduations, toujours.
Reprends la courbe de demande dans le sens que la section III t'a appris : à chaque quantité, elle donne le prix MAXIMAL qu'un acheteur accepte de payer. Le premier café trouve preneur à 6,50 €, le sept-centième à 3 € tout juste. Or tous paient le même prix d'équilibre, 3 €. Celui qui aurait payé 6,50 € et n'en débourse que 3 empoche la différence : ce gain, sommé sur tous les acheteurs servis, est le SURPLUS DU CONSOMMATEUR. Sur un schéma, c'est l'aire comprise entre la courbe de demande et l'horizontale du prix — un triangle, ici de base 700 tasses et de hauteur 6,50 − 3 = 3,50 €, soit 1 225 €.
Deux réserves accompagnent ce chiffre, et aucune ne porte sur le calcul. La première tient à la DROITE, et les vendeurs auront la leur plus bas, de même origine mais pas de même portée : le sommet du triangle, 6,50 € — l'ordonnée à l'origine de la demande inverse —, est le prix auquel la DROITE annulerait la demande — or le tableau n'observe ce marché qu'entre 2 et 4 €, et rien ne garantit que la vraie demande reste une droite deux euros et demi plus haut. Ce qui est certain tient en une ligne, et ne doit rien à la droite : le tableau montre 500 tasses demandées dès 4 €, or elles se paient 3 € — les acheteurs économisent donc au moins 500 €. Au-delà, seule la droite parle — et note l'asymétrie avec ce qui suit : un coût ne peut pas être négatif, cette contrainte de signe donnera un PLAFOND au surplus des vendeurs ; rien, en face, ne borne par le haut une disposition à payer. 1 225 € peut donc aussi bien sous-estimer que surestimer : c'est le chiffre du barème, ce n'est pas une mesure. La seconde réserve porte sur le VERBE autant que sur le nombre : ce surplus n'est pas un revenu. Personne ne verse 1 225 € aux acheteurs — c'est ce qu'ils n'ont PAS eu à payer, la différence entre ce qu'ils auraient accepté et ce qu'on leur a demandé. Aucun compte ne l'enregistre, aucune poche ne le reçoit, et il ne se dépense pas. La mise en garde jumelle attend les vendeurs plus bas, et elle n'est pas la même : leur surplus, lui, est bien de l'argent encaissé — simplement ce n'est pas encore le profit.
Le raisonnement se retourne du côté des vendeurs. La courbe d'offre donne, à chaque quantité, le prix MINIMAL qui décide un vendeur à produire — son coût marginal, vu à la section IV. Celui qui aurait vendu à 1 € encaisse 3 € : la différence lui reste. Sommée, elle forme le SURPLUS DU PRODUCTEUR, l'aire entre l'horizontale du prix et la courbe d'offre. Une précaution s'impose ici, et elle vaut leçon : notre droite d'offre, prolongée sous 100 tasses, réclamerait un prix NÉGATIF — personne ne paie pour vendre. C'est un artefact de la ligne droite, pas un fait économique — et c'est le même avertissement que la section IV posait pour plus tard : l'offre n'est que la partie haute — plus exactement CROISSANTE — de la courbe de coût marginal, et une droite prolongée trop bas cesse de décrire quoi que ce soit. Le modèle est donc MUET sur le coût des 100 premières tasses — il ne l'est pas sur le reste : de 100 à 700 tasses, l'aire vaut 900 €. Et ces 100 premières ? Elles se vendent 3 € et leur coût ne peut pas être négatif : chacune rapporte donc au plus 3 €, soit 300 € de plus. Le surplus des producteurs vaut ainsi 1 200 € au maximum — et 1 200 € exactement si l'on convient que ces cent premières tasses ne coûtent rien à produire. Ne réponds jamais « 900 € » : ce n'est pas le surplus, c'est le morceau qu'on sait lire. Retiens le geste plutôt que le chiffre — quand un modèle se tait, on ne prolonge pas sa droite, on raisonne avec ce qu'on sait, ici qu'un coût ne descend pas sous zéro. Le cours l'avait déjà dit du terme constant de la section VI, et on vient de le redire du 6,50 € des acheteurs : une droite commode ne devient pas vraie parce qu'elle est commode.
Reste la question du partiel, et il faut la trancher honnêtement, parce que les deux réponses ne coïncident pas. La convention des corrigés de L1 prolonge la droite d'offre jusqu'à son ordonnée à l'origine — ici −0,50 € — et donne le triangle PLEIN : ½ × 700 × (3 − (−0,50)) = 1 225 €, symétrique de celui des acheteurs puisque les deux droites ont la même pente en valeur absolue. L'écart avec notre 1 200 € vaut 25 € : c'est l'aire sous l'axe des QUANTITÉS — l'horizontale où le prix vaut zéro —, des coûts négatifs comptés comme des gains. En copie, applique donc cette règle : si l'énoncé prolonge la droite sans réserve, donne 1 225 € — c'est le chiffre du barème — puis signale l'artefact en une ligne, « sous 100 tasses la droite exigerait un prix négatif ; le triangle plein est une convention » : dix secondes, et ça se remarque. Ce chapitre ne t'a pas appris un autre chiffre à opposer au correcteur ; il t'a appris ce que le chiffre attendu contient.
Un dernier mot avant de quitter les vendeurs, et il évite une phrase fausse en copie : ce surplus n'est PAS le profit. Ce qu'on vient d'additionner, ce sont les écarts entre le prix encaissé et le coût de chaque tasse produite — autrement dit la recette moins les coûts VARIABLES, ceux qui naissent avec la production. Or la section IV a posé le décor : à court terme les capacités sont fixes, et ce qui les paie l'est aussi — le loyer du local, la machine, l'assurance. Ces coûts FIXES ne figurent nulle part sous la courbe d'offre, précisément parce qu'ils ne dépendent pas de la quantité produite : aucun schéma de ce chapitre ne les montre. Le profit, lui, les retranche : profit = surplus du producteur − coûts fixes. Notre café peut donc dégager 1 200 € de surplus sur la période et perdre de l'argent, si son loyer et ses machines lui coûtent davantage sur la même période. Écrire « les producteurs gagnent 1 200 € » après avoir calculé un surplus est la faute que le correcteur guette. Et cela éclaire la réserve que la section IV laissait pour plus tard : à court terme, un vendeur produit tant que son surplus reste positif — il peut donc produire en perdant de l'argent, puisque le fixe est dû de toute façon. Sous un certain prix, en revanche, même ce surplus devient négatif ; là, il préfère ne rien produire du tout, et c'est pourquoi l'offre n'est que la partie CROISSANTE de la courbe de coût marginal située au-dessus de ce seuil. Calculer ce seuil est une affaire de deuxième année.
La notion vient de loin, et pas d'un économiste de cabinet : l'ingénieur français Jules Dupuit la construit en 1844 pour trancher une question très concrète — un pont vaut-il ce qu'il coûte ? Le péage encaissé ne mesure rien, répond-il, puisqu'il ignore tous ceux qui auraient traversé pour davantage. Marshall reprend l'idée en 1890 et lui donne son nom. Retiens l'ordre : le surplus est né d'un problème de travaux publics, pas d'une querelle de théorie.
Les aires du marché libre, une par une
Les deux formes inverses de la section VI servent enfin : c'est d'elles que sortent les hauteurs des triangles.
P = 6,5 − Q/200 et P = Q/200 − 0,5
Demande et offre inverses. À Q = 0 la demande accepte 6,50 € ; l'offre atteint 0 € à Q = 100.
Surplus consommateur = ½ × 700 × (6,50 − 3) = 1 225 €
Base : les 700 tasses échangées. Hauteur : du prix payé au prix maximal accepté. Ce sommet de 6,50 € est 2,50 € au-dessus de la plage observée : le triangle SUPPOSE la droite jusqu'en haut. C'est le chiffre du barème — donne-le. La seule borne certaine est un PLANCHER, et il sort du tableau : 500 tasses demandées dès 4 €, payées 3 € — 500 € de surplus acquis, quoi que fasse la vraie courbe plus haut.
Surplus producteur, de 100 à 700 tasses = ½ × 600 × 3 = 900 €
La partie où l'offre demande un prix positif — le seul morceau que le modèle décrit.
+ les 100 premières tasses : au plus 3 € chacune = 300 €
Vendues 3 €, d'un coût que le modèle ignore mais qui ne peut être négatif.
Surplus producteur = 900 + 300 = 1 200 € au maximum
Répondre « 900 € » revient à oublier cent tasses vendues. Et ce 1 200 € est un PLAFOND, pas une mesure : le surplus des vendeurs vaut au plus cela.
Convention du barème : ½ × 700 × (3 − (−0,50)) = 1 225 €
Le triangle PLEIN, droite prolongée jusqu'à −0,50 €. Les 25 € d'écart avec 1 200 € sont l'aire sous l'axe des QUANTITÉS, là où le prix serait négatif — des coûts négatifs comptés comme des gains. Si l'énoncé prolonge la droite sans réserve, c'est ce chiffre qu'il attend : donne-le, et signale l'artefact en une ligne. Le TOTAL suit la même règle — dis d'abord ce que tu additionnes. Au barème, les deux triangles pleins : 1 225 + 1 225 = 2 450 €, qu'on retrouve d'un seul trait par ½ × 700 × (6,50 − (−0,50)), l'aire entre les deux droites. Au plus près de ce que le modèle SAIT, ce total n'a pas de borne haute : 1 200 € plafonnent les vendeurs, rien ne plafonne les acheteurs. Une somme n'est jamais plus exacte que le moins exact de ses termes.
X. Ce que l'entrave détruit : perte sèche et transfert
Voici maintenant le concept que le partiel attend derrière tout encadrement des prix. À 3 €, les 700 tasses échangées sont exactement celles pour lesquelles ce qu'un acheteur accepte de payer dépasse ce qu'un vendeur exige. Bloque le prix à 2 € : seules 500 tasses s'échangent. Que deviennent les 200 suivantes ? Elles n'ont pas changé de main, alors qu'il existait pour chacune un acheteur prêt à payer plus que ce que réclamait un vendeur. Ces échanges mutuellement avantageux qui n'ont pas eu lieu forment la PERTE SÈCHE — un gain détruit, qui n'est passé dans aucune poche. C'est ce qui distingue la perte sèche d'un simple transfert : sous plafond, les acheteurs servis paient moins cher, donc une part du surplus des vendeurs leur passe entre les mains — cela, ce n'est pas une perte pour la société, c'est un déplacement. La perte, c'est le triangle des échanges disparus.
Le chiffrage referme la symétrie de la section VIII : plafond à 2 € comme plancher à 4 €, la perte sèche vaut 200 € dans les deux cas. Le même écart de prix, les mêmes pentes, les mêmes 200 tasses perdues — donc le même triangle. Une copie qui écrit « le plafond fait perdre 200 tasses ET 200 € de surplus, dont aucun euro ne revient à quiconque » dit en une phrase ce que ce chapitre entier a construit.
Et comme pour le surplus des vendeurs, dis ce que ce chiffre SUPPOSE : 200 €, c'est un minimum. Le triangle admet, sous plafond, que les 500 tasses vendues échoient aux 500 acheteurs qui les valorisent le plus — or la section VIII vient d'énumérer ce qui remplace le prix quand on l'empêche : la file d'attente, l'ancienneté, la connaissance du gérant. Rien là-dedans ne trie les acheteurs par disposition à payer. Si les 500 tasses se distribuaient au hasard entre les 900 demandeurs, la perte ne serait plus de 200 € mais de 700 €. Sous plancher, le triangle admet cette fois que les 400 tasses invendables ne sont pas produites — et la section VIII cite pourtant le contre-exemple : les montagnes de beurre ONT été produites, puis rachetées. Fabriquer les 400 tasses que personne ne prend à 4 € consomme 1 200 € de ressources bien réelles, ce qui porte la perte à 1 400 € ; que l'État les rachète ou non change QUI paie, pas le fait que ces ressources ont été dépensées — c'est la distinction entre transfert et perte, appliquée cette fois à l'argent public. La symétrie tient donc, mais sous condition, et la condition diffère des deux côtés : côté plafond, un rationnement qui trie bien ; côté plancher, une production qui s'arrête à temps. En copie, donne les 200 €, puis nomme la condition en une ligne : c'est le même geste qu'au surplus des vendeurs.
Un mot d'honnêteté pour finir, car il empêche un contresens fréquent. Dire qu'un prix plafond détruit du surplus n'est PAS dire qu'il est mauvais : le raisonnement pèse l'efficacité, jamais la justice de la répartition. Un locataire logé grâce à un loyer encadré ne trouvera pas dans ce triangle la mesure de ce qu'il y gagne. L'analyse dit ce que coûte l'entrave — elle laisse au débat politique le soin de dire si le jeu en vaut la chandelle. Et elle suppose que le surplus d'un riche et celui d'un pauvre s'additionnent comme deux euros ordinaires, ce qui est une convention, pas une évidence.
Ce que le plafond de 2 € détruit, chiffré
Toujours le même marché et les mêmes formes inverses : Qd = 1300 − 200 P, Qo = 200 P + 100, équilibre à 3 € et 700 tasses, et les deux surplus que la section IX vient de mesurer.
Plafond 2 € : Q passe de 700 à 500
À 500 tasses, la demande accepte 6,5 − 2,5 = 4 € quand l'offre exige 2,5 − 0,5 = 2 €. L'écart vaut 2 €.
Perte sèche = ½ × (700 − 500) × (4 − 2) = 200 €
Le triangle des 200 échanges qui n'ont pas eu lieu.
Transfert = 500 × (3 − 2) = 500 €
À ne pas confondre avec la perte : sur les 500 tasses qui s'échangent encore, l'acheteur paie 1 € de moins qu'à l'équilibre. Ces 500 € quittent la poche des vendeurs pour celle des acheteurs servis — la société n'a rien perdu, elle a réparti autrement. Les 200 €, eux, ne sont dans aucune poche. Et ne confonds pas davantage ce transfert avec le plancher de 500 € du surplus des acheteurs (section IX) : autres tasses, autre euro — deux nombres ronds qui se ressemblent, pas un même objet.
Rationnement au hasard sous plafond : perte = 700 €
Les 500 tasses tirées au sort entre les 900 acheteurs qui en veulent à 2 €. Chacun a alors 5 chances sur 9 d'être servi : les acheteurs recueillent 5/9 de l'aire ENTIÈRE comprise entre la demande et 2 €, soit 5/9 × 2 025 = 1 125 €, au lieu des 1 625 € qu'un tri par disposition à payer leur donnerait. La perte passe de 200 à 700 €. Le triangle de 200 € suppose donc le tri que la file d'attente ne fait pas.
Excédent produit sous plancher : perte = 1 400 €
900 tasses fabriquées — c'est ce qui arrive quand un acheteur public garantit le prix —, 500 vendues sur le marché. Produire les 400 invendues coûte 1 200 € — l'aire sous la courbe d'offre de 500 à 900 tasses — qui s'ajoutent aux 200 € du triangle. Les montagnes de beurre de la section VIII sont exactement ce cas-là.
Refais le calcul avec le plancher à 4 € : la quantité échangée tombe elle aussi à 500, l'écart entre les deux prix vaut encore 2 €, et la perte sèche vaut donc encore 200 €. Deux entraves opposées, un coût identique — la symétrie de la section VIII se prolonge des tasses aux euros. Sous condition, et le calcul chiffre les deux : que le rationnement trie sous plafond, faute de quoi la perte monte à 700 € ; que l'excédent ne soit pas produit sous plancher, faute de quoi elle monte à 1 400 €. Les 200 € sont le minimum de la perte : elle ne peut pas être moindre, elle peut être bien pire.
XI. Deux chocs à la fois : ce qui est certain, ce qui ne l'est pas
Dans la réalité comme en partiel, les chocs arrivent rarement seuls. La règle est simple : traiter chaque choc séparément avec la méthode en trois temps, puis combiner les deux conclusions. Sur la variable que les deux chocs poussent DANS LE MÊME SENS, la conclusion est certaine. Sur celle où ils se CONTREDISENT, le résultat dépend de l'ampleur relative des deux déplacements, et la réponse juste est : indéterminé sans information sur les amplitudes.
Prenons la demande et l'offre de café qui augmentent en même temps — le pays se met au café, et une machine plus efficace abaisse les coûts de torréfaction. Les deux chocs poussent la quantité vers le haut : elle augmente à coup sûr. Sur le prix, ils tirent en sens contraire — la demande accrue le pousse vers le haut, l'offre accrue vers le bas : il peut finir plus haut comme plus bas. Écrire « le prix est indéterminé » n'est pas un aveu de faiblesse, c'est la réponse exacte, et c'est elle qui est attendue.
Retiens la symétrie, elle se récite en une ligne : demande et offre déplacées dans le MÊME sens → quantité certaine, prix indéterminé ; déplacées en sens OPPOSÉS → prix certain, quantité indéterminée.
Le schéma ci-dessous montre le cas que ce chapitre a suivi depuis la section VII, celui de l'application : la demande monte de 200 tasses, l'offre recule — faiblement, puis fortement. Regarde les deux équilibres neufs. Le prix monte dans les DEUX cas, il passe de 3 € à 3,75 € puis à 4,25 € : c'est la variable certaine. La quantité, elle, monte à 750 tasses avec la gelée faible et tombe à 650 avec la gelée forte : elle change de SENS sans qu'aucune règle ait changé, sur le seul dosage d'un des deux chocs. Voilà « indéterminé » mis en dessin — et l'exercice 10 comme l'atelier de la section XII te feront refaire le mouvement toi-même.
Un dernier mot sur ce que ce chapitre ne dit pas. Sans les équations, il donne des SENS de variation — le prix monte, la quantité baisse — jamais des amplitudes. Avec les équations, il donne un chiffre, mais uniquement parce que l'énoncé a fixé de combien la courbe se déplaçait. Répondre « de combien le marché réagit-il ? » suppose de mesurer la sensibilité des quantités au prix : c'est l'objet du chapitre « L'élasticité-prix ». Savoir où s'arrête un outil fait partie de sa maîtrise.
XII. L'atelier : déplace le marché toi-même
Tout ce qui précède tient en trois gestes : reconnaître l'événement, dire quelle courbe bouge et dans quel sens, lire le nouvel équilibre. L'atelier ci-dessous te les fait faire — et il te demande ton PRONOSTIC avant de te montrer quoi que ce soit, parce qu'une règle se retient bien mieux quand on s'est trompé une fois en la testant.
Deux commandes pour les deux gestes du chapitre. Le curseur de prix te promène LE LONG des courbes, qui ne bougent pas : tu y vois naître la pénurie et l'excédent, et tu lis la pression qu'ils exercent sur le prix. Le choix d'un événement, lui, DÉPLACE une courbe : la précédente reste en pointillé pour que le déplacement se voie, l'équilibre se recalcule, et les équations se réécrivent sous le graphique. Une TROISIÈME commande apparaît une fois ton pronostic révélé — « Dose l'ampleur du choc », en trois crans : choc faible, choc moyen, choc fort. Elle règle de combien la courbe se déplace, sans rien changer au côté du marché touché.
Et l'atelier a un SECOND MODE, qu'un onglet te propose au-dessus du graphique : « Épreuve — du graphique à la cause ». Il retourne le geste. Dans le premier mode tu pars de l'événement et tu prédis le graphique ; dans l'épreuve, le marché s'est DÉJÀ déplacé — une courbe a bougé, la précédente reste en pointillé, le nouvel équilibre est dessiné — et c'est à toi de dire quel événement a pu le produire, parmi quatre causes proposées. Six graphiques se succèdent, et deux d'entre eux répètent une cause déjà vue avec un choc plus faible : le sens du déplacement suffit à lire la cause, son ampleur ne change rien. C'est l'exercice inverse de la §VII, et c'est celui qu'on te demandera en partiel — on ne te donne jamais l'événement, on te donne le graphique.
Un dernier conseil d'usage : sur le scénario à deux chocs, ne t'arrête pas au premier résultat. Change l'ampleur de la gelée et regarde la quantité changer de sens pendant que le prix, lui, monte toujours. C'est la démonstration de ce que veut dire « indéterminé » — et elle vaut mieux que de le lire.
À 3 €, offre et demande s'égalisent à 700 tasses : le marché se vide, c'est l'équilibre.
Qd = 1300 − 200 PQo = 200 P + 100P* = 3 €Q* = 700
Le curseur ne déplace que le PRIX : le marché glisse le long des courbes, aucune des deux ne bouge.
Aucune courbe ne bouge. Déplace le curseur de prix : tu te promènes LE LONG des courbes, et tu vois naître la pénurie puis l'excédent de part et d'autre de l'équilibre.
Application — un sujet de partiel, corrigé pas à pas
Marché fictif du café. Deux nouvelles tombent le même jour : une gelée détruit une partie de la récolte de grains, et une vaste étude, largement reprise, vante les effets du café sur la santé. Que deviennent le prix et la quantité d'équilibre ? Justifier, puis illustrer par un schéma.
- Quel côté du marché ? La gelée renchérit le grain, qui est un coût de production : elle touche l'OFFRE. L'étude modifie les goûts des acheteurs : elle touche la DEMANDE. Deux chocs, donc — on les traite un par un avant de combiner.
- Dans quel sens ? Coûts en hausse : à chaque prix, les vendeurs offrent moins → l'offre se déplace vers la GAUCHE. Goûts plus favorables : à chaque prix, les acheteurs demandent plus → la demande se déplace vers la DROITE.
- Quel nouvel équilibre ? Sur le prix, les deux chocs poussent dans le même sens, vers le haut : la hausse est certaine. Sur la quantité, ils se contredisent — l'offre en retrait la tire vers le bas, la demande accrue vers le haut : elle est indéterminée sans information sur l'ampleur des deux déplacements.
Phrase de copie : « Le prix d'équilibre augmente de façon certaine ; l'effet sur la quantité d'équilibre est indéterminé, car il dépend de l'ampleur relative des deux chocs. » À accompagner d'un schéma où tout est nommé : axes P et Q, courbes D → D′ et O → O′, équilibres E₁ et E₂, flèches de déplacement.
À toi de jouer — cherche avant de regarder
À 3,50 € la tasse, les étudiants du campus demandent 275 tasses et les employés du quartier 325. Quelle est la demande de marché à ce prix ? Vérifie ensuite ton résultat avec l'équation de la demande de marché.
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On additionne les quantités, jamais les prix : 275 + 325 = 600 tasses. Le geste porte un nom que le partiel attend — c'est la SOMME HORIZONTALE de la section II : on ajoute des longueurs mesurées horizontalement, à hauteur de prix constante.
Vérification par l'équation : Qd = 1300 − 200 × 3,50 = 1300 − 700 = 600. Les deux chemins donnent le même nombre — c'est exactement le contrôle qu'on attend de toi en copie.
Sur le marché fictif du café, le prix est momentanément fixé à 4 €. Le marché est-il en pénurie ou en excédent ? De combien ? Que se passe-t-il ensuite, et quelle courbe se déplace ?
Voir le corrigé
Qd = 1300 − 200 × 4 = 500 tasses ; Qo = 200 × 4 + 100 = 900 tasses. L'offre dépasse la demande : c'est un EXCÉDENT de 400 tasses.
Les invendus poussent les vendeurs à se faire concurrence pour les écouler : le prix baisse, et il baisse jusqu'à 3 €, où l'excédent disparaît. Nomme ce que tu viens de décrire : c'est le MÉCANISME DE RAPPEL de la section VII — la GRAVITATION du prix de marché vers le PRIX NATUREL chez Smith, que le modèle raconte par la fiction du TÂTONNEMENT walrasien. Trois mots pour un seul mouvement, et le correcteur en attend au moins un.
Piège de la dernière question : AUCUNE courbe ne se déplace. Seul le prix a changé, donc le marché glisse LE LONG des deux courbes. Répondre « l'offre diminue » serait une faute de raisonnement, pas une simple maladresse d'expression.
Un camarade écrit dans sa copie : « le prix du café augmente, donc la demande de café diminue ». Corrige la phrase, puis explique en une ligne pourquoi la nuance compte.
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Phrase corrigée : « le prix du café augmente, donc la QUANTITÉ DEMANDÉE de café diminue ».
La nuance compte parce que « la demande » désigne la courbe entière, et elle n'a pas bougé : on s'est seulement déplacé le long d'elle. Écrire l'inverse annonce un déplacement de courbe qui n'a pas eu lieu — et fait manquer toute la suite du raisonnement.
Le prix du café double. Un étudiant écrit : « les acheteurs sont moins riches, donc leur revenu baisse : la courbe de demande se déplace vers la gauche. » La conclusion est fausse, et pourtant l'idée de départ est juste. Nomme les DEUX mécanismes qui font baisser la quantité demandée, dis lequel l'étudiant a en tête, et explique pourquoi il ne faut pas déplacer la courbe. Puis fais le même travail du côté des vendeurs : quel mécanisme donne sa pente à la courbe d'offre, et de qui le tient-on ?
Un coup de pouce
Deux mots pour la demande, deux pour l'offre. Et demande-toi si le REVENU des acheteurs a changé, ou seulement ce que ce revenu permet d'acheter.
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Les deux mécanismes de la demande : l'effet de SUBSTITUTION — le café renchéri devient moins intéressant que ses substituts, une partie des acheteurs bascule vers le thé — et l'effet de REVENU : à budget inchangé, un prix plus élevé réduit ce que ce budget permet d'acheter.
L'étudiant a en tête l'effet de revenu, et il a raison sur le fond : le pouvoir d'achat des acheteurs se contracte bel et bien.
Mais sa conclusion est fausse, et la faute est instructive. Le REVENU des acheteurs n'a pas changé : c'est le PRIX du café qui a changé — et le prix du bien est le seul déterminant qui fait glisser LE LONG de la courbe. L'effet de revenu est l'une des deux raisons pour lesquelles cette courbe DESCEND : il est déjà dans sa pente. Le compter une seconde fois en déplaçant la courbe, c'est compter deux fois le même effet.
Réflexe à emporter : un mécanisme qui figure DÉJÀ dans la pente d'une courbe ne peut pas, en plus, la déplacer. C'est le meilleur garde-fou contre le piège de l'exercice 3.
Côté vendeurs : à capacités fixes, chaque unité de facteur ajoutée rend moins que la précédente — ce sont les RENDEMENTS DÉCROISSANTS — donc le COÛT MARGINAL augmente avec la quantité, et seule la perspective d'un prix plus élevé justifie de produire l'unité suivante. C'est le raisonnement de Ricardo (1815) sur les terres de fertilité décroissante, transposé à une cuisine qu'on n'agrandit pas.
Autre marché fictif, celui des places de concert : Qd = 900 − 100 P et Qo = 100 P + 300. Détermine le prix et la quantité d'équilibre. Que se passerait-il si le prix était fixé à 2 € ?
Un coup de pouce
Pose l'égalité Qd = Qo, résous en P, puis remplace P dans l'une des deux équations — et recalcule avec l'autre pour te contrôler.
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À l'équilibre : 900 − 100 P = 100 P + 300, donc 600 = 200 P, donc P* = 3 €.
Quantité : Q* = 100 × 3 + 300 = 600 places. Contrôle avec l'autre équation : 900 − 100 × 3 = 600 également.
À 2 € : Qd = 700 et Qo = 500. La quantité demandée dépasse la quantité offerte — pénurie de 200 places. Des acheteurs déçus sont prêts à payer davantage : le prix est poussé vers le haut, jusqu'à 3 €.
Une nouvelle taxe frappe les producteurs de café et, la même semaine, le prix du thé chute fortement. Que deviennent le prix et la quantité d'équilibre du café ?
Un coup de pouce
Deux chocs : traite-les séparément avant de combiner. Et demande-toi ce qu'est le thé, pour le café.
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La taxe est un coût prélevé sur les producteurs : elle touche l'OFFRE, qui se déplace vers la gauche. Prise seule : prix en hausse, quantité en baisse.
À garder pour le chapitre « L'élasticité-prix », qui y revient : la taxe est PRÉLEVÉE sur les producteurs, mais cela ne dit pas qui la SUPPORTE au final. La verser au fisc et en porter la charge sont deux choses distinctes — le partage entre acheteurs et vendeurs dépend des pentes des deux courbes, pas de qui signe le chèque. C'est la question de l'incidence fiscale.
Le thé est un SUBSTITUT du café. Le thé devenu moins cher, une partie des acheteurs s'y reporte : la DEMANDE de café se déplace vers la gauche. Prise seule : prix en baisse, quantité en baisse.
Combinaison : sur la quantité, les deux chocs poussent dans le même sens — elle diminue de façon certaine. Sur le prix, ils s'opposent — il est indéterminé sans l'ampleur des deux déplacements.
Nomme aussi la méthode : comparer l'équilibre d'avant et celui d'après sans décrire le chemin ni le temps qu'il prend, c'est de la STATIQUE COMPARATIVE. Remarque à faire en copie : c'est le cas MIROIR de l'application du cours, où le prix était certain et la quantité indéterminée. Le raisonnement, lui, n'a pas changé d'un mot — c'est le signe qu'il est solide.
Le gérant veut écouler 900 tasses dans la journée. Quel prix MAXIMAL les acheteurs consentent-ils pour la 900ᵉ tasse, et quel prix MINIMAL les vendeurs exigent-ils pour la produire ? Conclus.
Un coup de pouce
Les deux questions demandent un prix à partir d'une quantité : ce sont les formes inverses de la section VI, P = 6,5 − Q/200 et P = Q/200 − 0,5.
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Côté acheteurs : P = 6,5 − 900/200 = 6,5 − 4,5 = 2 €. Contrôle par la forme directe : Qd = 1300 − 200 × 2 = 900.
Côté vendeurs : P = 900/200 − 0,5 = 4,5 − 0,5 = 4 €. Contrôle : Qo = 200 × 4 + 100 = 900.
Conclusion : pour cette 900ᵉ tasse, les acheteurs ne montent pas au-dessus de 2 € — ces 2 € sont sa DISPOSITION À PAYER, la hauteur de la courbe de demande au-dessus de cette unité — quand les vendeurs ne descendent pas en dessous de 4 €, qui est son coût marginal. Aucun prix ne convient aux deux : 900 tasses, c'est trop pour ce marché — l'équilibre est à 700. Tu viens de relire l'excédent de la section V par l'autre axe : à 4 €, les vendeurs en proposeraient 900 et les acheteurs n'en prendraient que 500.
À retenir pour le partiel : quand l'énoncé donne une quantité et demande un prix, passe par la forme inverse ; quand il donne un prix et demande une quantité, reste en forme directe. Choisir la bonne écriture évite la moitié des erreurs de signe.
La mairie plafonne le prix de la tasse à 2,50 €. La contrainte mord-elle ? Si oui, quelle est l'ampleur du déséquilibre, combien de tasses s'échangent réellement — et que coûte la mesure, en euros de surplus détruit ?
Un coup de pouce
Quatre questions, quatre gestes : situer 2,50 € par rapport à l'équilibre, calculer Qd et Qo à ce prix, prendre le côté court — puis, pour le coût, mesurer entre les DEUX courbes inverses sur les tasses disparues.
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2,50 € est SOUS le prix d'équilibre (3 €) : un plafond y mord, la contrainte est active.
Qd = 1300 − 200 × 2,5 = 800 tasses ; Qo = 200 × 2,5 + 100 = 600 tasses. Pénurie = 800 − 600 = 200 tasses.
Quantité échangée : le côté court, min(800 ; 600) = 600 tasses. Contre 700 à l'équilibre : le plafond, censé protéger les acheteurs, en prive 100 de leur tasse.
Piège à éviter : répondre « 800 tasses s'échangent » parce que c'est ce que les acheteurs veulent. On n'achète pas ce qui n'est pas produit.
Le coût, maintenant (section X). Sur les 100 tasses disparues, il faut l'écart entre ce que la demande acceptait et ce que l'offre exigeait. À 600 tasses : demande inverse P = 6,5 − 600/200 = 3,50 € ; offre inverse P = 600/200 − 0,5 = 2,50 €. L'écart vaut 1 €, et il se referme à 0 en 700 tasses. Perte sèche = ½ × 100 × 1 = 50 €.
Le contrôle qui vaut la peine : le plafond à 2 € de la section X coûtait 200 € pour 200 tasses perdues ; celui-ci coûte 50 € pour 100 tasses. Deux fois moins de tasses, mais QUATRE fois moins d'euros — le triangle grandit comme le carré de l'écart au prix d'équilibre. Une entrave deux fois plus serrée coûte quatre fois plus cher : c'est ce que l'aire dit et que le comptage des tasses tait.
Une taxe de 1 € par tasse est prélevée sur les vendeurs : à un prix de vente P ils n'encaissent plus que P − 1, et offrent donc ce qu'ils offraient au prix P − 1. La nouvelle offre s'écrit Qo′ = 200 (P − 1) + 100. Calcule le nouvel équilibre, puis dis qui supporte la taxe.
Un coup de pouce
Développe Qo′ avant de poser l'égalité. Pour la seconde question, compare ce que l'acheteur PAIE et ce que le vendeur ENCAISSE, avant et après.
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Qo′ = 200 P − 200 + 100 = 200 P − 100. Équilibre : 1300 − 200 P = 200 P − 100, donc 1400 = 400 P, donc P* = 3,50 €.
Quantité : Q* = 200 × 3,5 − 100 = 600 tasses. Contrôle avec la demande : 1300 − 200 × 3,5 = 600. La taxe déplace l'offre vers la gauche : le prix monte, la quantité baisse — le sens annoncé par la méthode en trois temps.
Qui la supporte ? L'acheteur payait 3 €, il paie 3,50 : il en porte 0,50. Le vendeur encaissait 3 €, il encaisse maintenant 3,50 − 1 = 2,50 : il en porte 0,50 aussi. La taxe de 1 € est partagée EXACTEMENT en deux, alors qu'elle est prélevée en totalité sur les vendeurs.
Pourquoi moitié-moitié ici ? Parce que les deux pentes ont la même valeur absolue — 200 tasses par euro d'un côté comme de l'autre. La part supportée par les acheteurs est le rapport de la pente de l'OFFRE à la somme des deux pentes : 200 / (200 + 200) = 1/2. Ici les deux valent 200, donc le rapport ne trahit pas laquelle est au numérateur — raison de plus pour le retenir dans un cas où il le dirait : une offre deux fois plus réactive (400 tasses par euro) laisserait aux acheteurs 400 / (400 + 200) = 2/3 de la taxe. Retiens le sens plutôt que la fraction — le camp qui se dérobe le plus facilement, celui dont la quantité réagit le plus au prix, en supporte le MOINS. Change une pente et le partage change : c'est toute la question de l'incidence fiscale, annoncée à l'exercice 6 et traitée au chapitre « L'élasticité-prix ». Retiens la formule du raisonnement : qui signe le chèque ne dit rien de qui paie.
Le même mois, deux chocs : un engouement ajoute 200 tasses à la demande à chaque prix, et une gelée en retire 100 à l'offre à chaque prix. Calcule le nouvel équilibre. Recommence en supposant une gelée plus dure, qui retire 300 tasses. Que conclus-tu ?
Un coup de pouce
Écris les deux nouvelles équations à chaque fois, puis résous comme d'habitude. Compare ensuite les deux résultats à l'équilibre de départ (3 € ; 700 tasses).
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Gelée à −100 : Qd′ = 1500 − 200 P et Qo′ = 200 P + 100 − 100 = 200 P. Égalité : 1500 = 400 P, donc P* = 3,75 € et Q* = 200 × 3,75 = 750 tasses (contrôle : 1500 − 750 = 750).
Gelée à −300 : Qo′ = 200 P − 200. Égalité : 1500 − 200 P = 200 P − 200, donc 1700 = 400 P, donc P* = 4,25 € et Q* = 200 × 4,25 − 200 = 650 tasses (contrôle : 1500 − 850 = 650).
Conclusion : dans les deux cas le prix MONTE (3,75 puis 4,25) — c'était certain, les deux chocs le poussent dans le même sens. Mais la quantité passe de 750 (en hausse) à 650 (en baisse) selon la seule ampleur de la gelée. Voilà ce que « indéterminé » veut dire, démontré par le calcul : ce n'est pas qu'on ignore la réponse, c'est qu'il n'y en a pas une sans connaître les amplitudes.
Ce sont exactement les trois crans de « Dose l'ampleur du choc » dans l'atelier de la section XII, sur le scénario à deux chocs : choc faible, moyen puis fort donnent 750, 700 et 650 tasses. Le point de bascule, où la quantité ne bouge pas du tout, est celui où les deux déplacements se compensent : une gelée de −200, soit précisément l'ampleur de l'engouement.
Reviens au marché des places de concert de l'exercice 5 — Qd = 900 − 100 P et Qo = 100 P + 300, équilibre à 3 € et 600 places. Chiffre le surplus des ACHETEURS, puis celui des VENDEURS. Pour ce second, donne les deux réponses que la section IX distingue : celle du barème et la borne rigoureuse. Que vaut l'écart, et que penses-tu de sa taille ?
Un coup de pouce
Écris d'abord les deux formes inverses. Pour les vendeurs, demande-toi à partir de quelle quantité l'offre réclame un prix POSITIF — c'est là que le modèle cesse d'être muet.
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Les deux formes inverses, obtenues comme à la section VI : P = 9 − Q/100 pour la demande, P = Q/100 − 3 pour l'offre. À Q = 0 la demande accepte 9 € ; l'offre atteint 0 € en Q = 300.
Surplus des acheteurs : base 600 places, hauteur 9 − 3 = 6 €, soit ½ × 600 × 6 = 1 800 €.
Surplus des vendeurs, borne rigoureuse : le modèle ne décrit que de 300 à 600 places, où l'aire vaut ½ × 300 × 3 = 450 €. Les 300 premières se vendent 3 € pour un coût que la droite ne peut pas donner — elle y exigerait jusqu'à −3 € — mais qui ne peut pas être négatif : elles rapportent au plus 900 €. Total : 1 350 € AU MAXIMUM.
Surplus des vendeurs, chiffre du barème : le triangle PLEIN, droite prolongée jusqu'à −3 €, soit ½ × 600 × (3 − (−3)) = 1 800 €. C'est ce que l'énoncé attend s'il prolonge la droite sans réserve.
L'écart vaut 1 800 − 1 350 = 450 €, soit un quart du chiffre rendu. Voilà ce que l'exercice t'apprend, et c'est plus important que les nombres : sur le marché du café l'artefact ne coûtait que 25 €, on pouvait le croire négligeable. Ici il pèse 450 €, parce que la droite d'offre plonge jusqu'à −3 € au lieu de −0,50 €. La règle de copie ne change pas — donne le triangle plein, puis signale l'artefact en une ligne —, mais tu sais maintenant que la réserve n'est pas une coquetterie.
Dernier réflexe : ces 1 350 € ne sont pas un profit. Ils ignorent les coûts fixes de la salle, qui n'apparaissent sous aucune courbe.
La mairie renonce au plafond et impose au contraire un prix PLANCHER de 3,50 € la tasse. La contrainte mord-elle ? Combien de tasses s'échangent ? Chiffre la perte sèche ET le transfert, en disant dans quel sens il va. Compare enfin avec le plafond à 2,50 € de l'exercice 8.
Un coup de pouce
Même méthode qu'à l'exercice 8, dans l'autre sens. Pour le transfert, regarde ce que l'acheteur paie EN PLUS sur chaque tasse encore échangée — et à qui cet argent va.
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3,50 € est AU-DESSUS du prix d'équilibre (3 €) : un plancher y mord, la contrainte est active.
Qd = 1300 − 200 × 3,5 = 600 tasses ; Qo = 200 × 3,5 + 100 = 800 tasses. Excédent = 800 − 600 = 200 tasses. Côté court : min(600 ; 800) = 600 tasses s'échangent, contre 700 à l'équilibre. Ce sont les ACHETEURS qui limitent, cette fois.
Perte sèche : sur les 100 tasses disparues, l'écart entre les deux courbes inverses. À 600 tasses, la demande accepte 6,5 − 3 = 3,50 € et l'offre exige 3 − 0,5 = 2,50 € : l'écart vaut 1 €, et il se referme à 0 en 700 tasses. Perte sèche = ½ × 100 × 1 = 50 €.
Transfert : sur les 600 tasses encore échangées, l'acheteur paie 0,50 € de plus qu'à l'équilibre, soit 600 × 0,50 = 300 €. Le SENS est l'inverse de celui du plafond : ici l'argent va des ACHETEURS vers les VENDEURS. C'est le même geste, retourné — et c'est ce que « transfert » veut dire : rien n'est détruit, quelqu'un paie et quelqu'un encaisse.
Comparaison avec l'exercice 8 : le plafond à 2,50 € et ce plancher à 3,50 € sont à la même distance de l'équilibre, 0,50 €. Ils font tomber la quantité au même chiffre — 600 tasses —, détruisent le même surplus — 50 € — et déplacent le même montant — 300 € —, mais dans des directions opposées. La symétrie de la section VIII se vérifie ici jusqu'aux euros.
Et la condition, sans quoi la réponse est incomplète (section X) : ces 50 € supposent que les 200 tasses invendables ne soient PAS produites. Si un acheteur public garantit le prix et les rachète, produire ces 200 tasses consomme l'aire sous la courbe d'offre de 600 à 800 tasses, soit 200 × (2,50 + 3,50)/2 = 600 € — et la perte passe de 50 à 650 €, treize fois plus. Une ligne suffit à le dire, et elle vaut des points.
Un camarade ouvre sa copie ainsi : « La loi de l'offre et de la demande dit que le prix d'un bien monte quand sa demande augmente. Sur le marché du café, une étude favorable fera donc monter le prix. » Sa conclusion est juste, et pourtant la copie perd des points avant d'avoir commencé. Que manque-t-il ? Rétablis le cadre, avec les noms que le partiel attend.
Un coup de pouce
Trois choses, toutes posées à la section I : sur quel type de marché la loi s'énonce, sous quelle clause elle est vraie, et de quel type d'équilibre on parle. Une quatrième n'est pas une condition de concurrence — cherche-la quand même.
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Le type de marché. La loi s'énonce en CONCURRENCE PURE ET PARFAITE, et le partiel veut les cinq conditions par leur nom : atomicité, homogénéité, fluidité — les trois de la PURETÉ —, puis transparence et libre circulation des facteurs de production — les deux de la PERFECTION. Ce découpage trois + deux est la convention des manuels français, pas une thèse de Chamberlin : c'est elle qu'on rend, en sachant ce qu'elle est.
La clause. « TOUTES CHOSES ÉGALES PAR AILLEURS » — ceteris paribus dans les énoncés. Sans elle la phrase est fausse, puisque rien n'interdit qu'autre chose bouge en même temps et renverse la conclusion : c'est exactement ce que montre l'exercice 6, où un second choc rend le prix indéterminé.
Le type d'équilibre. On fait de l'ÉQUILIBRE PARTIEL : un seul marché, celui du café, les prix et les revenus de tous les autres tenus pour fixes. C'est la méthode de Marshall ; l'ÉQUILIBRE GÉNÉRAL de Walras déterminerait tous les marchés ensemble. Dire que ce cadre est un CHOIX, et non la réalité, vaut une ligne et rapporte.
La quatrième, que le chapitre range délibérément à part : le PRÉALABLE INSTITUTIONNEL — le prix est libre de monter comme de baisser, rien ne l'administre. Ce n'est pas une sixième condition de concurrence, c'est le droit, pour le mécanisme, de faire son travail. La section VIII le lève, et l'on mesure ce que le marché devient sans lui.
Phrase de copie, à écrire AVANT tout raisonnement : « En concurrence pure et parfaite — atomicité, homogénéité, fluidité, transparence, libre circulation des facteurs —, toutes choses égales par ailleurs et en équilibre partiel, une étude favorable déplace la DEMANDE de café vers la droite : le prix et la quantité d'équilibre augmentent tous les deux. »
Le réflexe que cet exercice installe : le cadre n'est pas une politesse d'introduction. Une loi énoncée hors de son cadre est une loi fausse — et le camarade a beau tomber juste, rien dans sa phrase ne le prouve : c'est le cadre qui transforme une intuition en démonstration.
Définitions à connaître
- Marché concurrentiel
- Marché comptant de nombreux acheteurs et de nombreux vendeurs, dont aucun n'a de pouvoir individuel sur le prix, pour un bien homogène — le cadre dans lequel s'énonce la loi de l'offre et de la demande. Le prix LIBRE n'en est pas une condition de plus, c'est le préalable institutionnel que la section I pose à part : le droit, pour le mécanisme, de faire son travail.
- Concurrence pure et parfaite
- Cadre du modèle, défini par cinq conditions : atomicité (une multitude d'acheteurs et de vendeurs, aucun ne fixant le prix), homogénéité (bien identique d'un vendeur à l'autre), fluidité (libre entrée et sortie du marché), transparence (information parfaite sur les prix et la qualité) et libre circulation des facteurs de production (travail et capital se déplacent sans entrave d'une entreprise à l'autre). Les trois premières définissent la concurrence PURE — pure de tout élément de monopole —, les cinq réunies la concurrence PARFAITE. La distinction pur/parfait est de Chamberlin (1933) ; cette répartition en trois + deux, elle, est la convention des manuels français, et c'est celle qu'on attend en copie. Réunies, elles font de chaque agent un « preneur de prix ».
- Toutes choses égales par ailleurs (ceteris paribus)
- Hypothèse de raisonnement : on fait varier UNE seule variable (ici le prix), tous les autres déterminants étant supposés constants.
- Équilibre partiel
- Méthode qui étudie UN marché en tenant pour fixes les prix et les revenus de tous les autres (Marshall). Elle s'oppose à l'équilibre général (Walras), où tous les marchés se déterminent ensemble.
- Demande
- Relation entre chaque prix possible et la quantité que les acheteurs sont prêts à acheter à ce prix, toutes choses égales par ailleurs.
- Demande effective (Smith, 1776)
- Chez Smith, la demande de ceux qui sont disposés à payer le PRIX NATUREL — celui qui couvre tout juste rente, travail et profit. Elle s'oppose au simple désir, et elle est dite effective parce qu'elle SUFFIT à faire venir la marchandise au marché : c'est elle qui commande la gravitation du prix de marché vers le prix naturel. La glose des manuels français — « un désir solvable » — abrège l'idée en la modernisant.
- Effet de substitution et effet de revenu
- Les deux mécanismes par lesquels une hausse de prix réduit la quantité demandée, et une bonne copie les nomme tous les deux. Effet de SUBSTITUTION : le bien renchéri devient moins intéressant que ses substituts, une partie des acheteurs bascule vers eux. Effet de REVENU : à budget inchangé, un prix plus élevé réduit ce que ce budget permet d'acheter, et la consommation se contracte avec le pouvoir d'achat. Ils tirent normalement dans le même sens, et c'est ce qui fonde la loi de la demande.
- Loi de la demande
- Toutes choses égales par ailleurs, la quantité demandée d'un bien diminue quand son prix augmente — par effet de substitution et par effet de revenu.
- Demande de marché
- Somme, à chaque prix, des quantités demandées par tous les acheteurs. On additionne les quantités et jamais les prix : c'est une somme horizontale.
- Quantité demandée
- Quantité que les acheteurs souhaitent acheter À UN PRIX DONNÉ — un point de la courbe de demande, à ne pas confondre avec la demande, qui est la courbe entière.
- Disposition à payer
- Prix maximal qu'un acheteur consent à payer pour une unité d'un bien — graphiquement, la hauteur de la courbe de demande au-dessus de cette unité.
- Offre
- Relation entre chaque prix possible et la quantité que les vendeurs sont prêts à vendre à ce prix, toutes choses égales par ailleurs.
- Loi de l'offre
- Toutes choses égales par ailleurs, la quantité offerte d'un bien augmente quand son prix augmente — parce que produire chaque unité supplémentaire coûte plus cher que la précédente.
- Rendements décroissants
- À capacités fixes (court terme), chaque unité supplémentaire du facteur qu'on ajoute — une heure de travail, par exemple — apporte moins de production que la précédente. C'est la raison technique pour laquelle le coût marginal augmente.
- Coût marginal
- Coût de la DERNIÈRE unité produite. Il croît avec la quantité par l'effet des rendements décroissants, et c'est lui qui donne sa pente à la courbe d'offre : la hauteur de cette courbe au-dessus d'une unité est le coût marginal de cette unité.
- Quantité offerte
- Quantité que les vendeurs souhaitent vendre À UN PRIX DONNÉ — un point de la courbe d'offre, à ne pas confondre avec l'offre, qui est la courbe entière.
- Prix d'équilibre
- Prix qui égalise quantité demandée et quantité offerte ; à ce prix le marché se vide, sans pénurie ni excédent. Il se détermine en résolvant Qd = Qo.
- Pénurie (excès de demande)
- Situation où, au prix courant, la quantité demandée dépasse la quantité offerte — le prix tend alors à monter.
- Excédent (excès d'offre)
- Situation où, au prix courant, la quantité offerte dépasse la quantité demandée — le prix tend alors à baisser.
- Mécanisme de rappel
- Force qui ramène le prix vers l'équilibre : au-dessus, l'excédent pousse les vendeurs à baisser ; en dessous, la pénurie pousse les acheteurs à surenchérir. Il suppose des prix libres — la section VIII montre ce qu'il advient quand on l'empêche, et la section X ce que cela coûte.
- Prix naturel et prix de marché (Smith, 1776)
- Le prix naturel couvre tout juste les coûts ; le prix de marché est celui du jour, qui oscille autour de lui et y revient par la concurrence — Smith parle de GRAVITATION. C'est l'ancêtre, sans courbe ni équation, du mécanisme de rappel de la section VII. Le prix naturel est aussi celui qui définit la DEMANDE EFFECTIVE.
- Tâtonnement (Walras, 1874)
- Fiction qui explique QUI fait bouger le prix alors qu'en concurrence parfaite personne ne le fixe : un ajustement par essais et erreurs, aucun échange n'étant conclu tant que l'équilibre n'est pas atteint. C'est un procédé de raisonnement, pas une description d'un marché réel.
- Statique comparative
- Comparaison de deux équilibres, avant et après un choc, sans décrire le chemin de l'un à l'autre ni le temps qu'il prend. C'est l'exercice des sections VII et XI.
- Biens substituts / compléments
- Substituts : biens qui se remplacent (thé et café) — la hausse du prix de l'un accroît la demande de l'autre. Compléments : biens qui se consomment ensemble (café et sucre) — la hausse du prix de l'un réduit la demande de l'autre.
- Bien de Giffen
- Exception théorique à la loi de la demande : un bien INFÉRIEUR dont l'effet de revenu l'emporterait sur l'effet de substitution, si bien que sa quantité demandée augmenterait quand son prix monte. Cas d'école quasi introuvable — l'exemple classique, débattu, est le pain des ménages les plus pauvres au XIXᵉ siècle. Il se cite pour ce qu'il montre : seul l'effet de revenu pourrait renverser la loi, et c'est pourquoi elle tient d'ordinaire.
- Bien normal / bien inférieur
- Bien normal : sa demande augmente quand le revenu des acheteurs augmente. Bien inférieur : sa demande diminue quand le revenu augmente, les acheteurs se tournant vers un bien de meilleure qualité.
- Prix plafond
- Prix maximal fixé par une autorité. Il n'a d'effet que s'il est placé SOUS le prix d'équilibre : il crée alors une pénurie durable, que le prix n'a plus le droit de résorber. La quantité qui s'échange n'est pas celle que les acheteurs demandent : c'est le CÔTÉ COURT, min(Qd, Qo) — ici l'offre. C'est le point qui distingue les copies.
- Prix plancher
- Prix minimal fixé par une autorité. Il n'a d'effet que s'il est placé AU-DESSUS du prix d'équilibre : il crée alors un excédent durable. Là encore, ce qui s'échange est le CÔTÉ COURT, min(Qd, Qo) — cette fois la demande. Et l'excédent n'est pas forcément détruit : s'il est produit puis racheté, son coût s'ajoute à la perte.
- Côté court
- La plus petite des deux quantités, offerte ou demandée : c'est elle qui s'échange réellement quand le prix ne peut pas équilibrer le marché. On n'achète pas ce qui n'est pas produit, on ne vend pas ce que personne ne prend.
- Surplus du consommateur
- Différence entre ce qu'un acheteur était prêt à payer et ce qu'il paie réellement, sommée sur tous les acheteurs servis. Aire entre la courbe de demande et l'horizontale du prix. Ce n'est pas un revenu : personne ne le verse, c'est ce qu'on n'a pas eu à payer. Et le triangle calculé sur une droite est un chiffre de BARÈME — son sommet sort de la plage de prix observée, et rien ne le borne par le haut.
- Surplus du producteur
- Différence entre le prix encaissé et le prix minimal qui décidait le vendeur à produire, sommée sur toutes les unités vendues. Aire entre l'horizontale du prix et la courbe d'offre. Ce n'est PAS le profit : le surplus ne retranche que les coûts variables, le profit retranche en plus les coûts FIXES.
- Coûts fixes et profit
- Les coûts VARIABLES naissent avec la production — ce sont eux que la courbe d'offre additionne, unité par unité. Les coûts FIXES sont dus quelle que soit la quantité produite (loyer, machines, assurance) et n'apparaissent donc nulle part sous cette courbe. D'où profit = surplus du producteur − coûts fixes : un vendeur peut dégager un surplus positif et perdre de l'argent.
- Incidence fiscale
- La question de savoir qui SUPPORTE une taxe, par opposition à qui la VERSE au fisc. Les deux sont distincts : une taxe prélevée sur les vendeurs se partage entre acheteurs et vendeurs selon les pentes des deux courbes, pas selon qui signe le chèque. Ce chapitre la pose ; le chapitre sur l'élasticité-prix la calcule.
- Perte sèche
- Surplus détruit par une entrave à l'échange — les transactions mutuellement avantageuses qui n'ont pas eu lieu. À distinguer d'un TRANSFERT, qui déplace du surplus d'un camp à l'autre sans en détruire. Le triangle qu'on en calcule est une mesure MINIMALE : il suppose que ce qui s'échange encore va à ceux qui le valorisent le plus, et que ce qui ne s'échange pas n'est pas produit.
Méthode — les réflexes de copie
- Devant un prix encadré, ne t'arrête pas à la quantité perdue : chiffre la PERTE SÈCHE (le triangle entre les deux courbes, sur les unités disparues) et distingue-la du simple transfert entre acheteurs et vendeurs. C'est le point qui sépare les copies. Puis nomme ce que le triangle suppose — un rationnement qui sert les plus fortes dispositions à payer, un excédent qui n'est pas produit : c'est un MINIMUM, pas la perte.
- Deux surplus, deux mises en garde DIFFÉRENTES, et le correcteur attend la bonne. Côté VENDEURS : le surplus est de l'argent encaissé, mais ce n'est pas le PROFIT — profit = surplus − coûts fixes, et les fixes ne sont sur aucun schéma. Côté ACHETEURS : ce n'est pas de l'argent du tout, c'est ce qu'ils n'ont pas eu à payer. N'écris donc ni « les producteurs gagnent tant », ni « les acheteurs gagnent tant ».
- Surplus du producteur sur une droite d'offre : deux chiffres existent — le triangle plein du barème (droite prolongée jusqu'à son ordonnée à l'origine, ici −0,50 €, ce qui donne 1 225 €) et la borne rigoureuse (ici 1 200 € au plus). Si l'énoncé prolonge la droite sans réserve, donne le triangle plein, puis signale en une ligne que la droite exige un prix négatif à l'origine — la réponse attendue d'abord, la réserve ensuite. Et ne crois pas le côté demande exempt : son triangle monte lui aussi jusqu'à une ordonnée à l'origine que rien n'observe — simplement, aucune contrainte de signe ne le borne. On donne donc le chiffre du barème sans pouvoir l'encadrer.
- En dissertation, situe la loi avant de l'appliquer : telle qu'on l'écrit aujourd'hui, elle est la SYNTHÈSE de Marshall (1890) entre l'école des coûts (Smith 1776, Ricardo 1817) et celle de l'utilité marginale (Jevons et Menger 1871, Walras 1874, annoncée par Say en 1803) — les deux lames des ciseaux. Une phrase suffit, et elle place la copie.
- Ouvre toujours par le cadre : concurrence pure et parfaite — atomicité, homogénéité, fluidité, transparence, libre circulation des facteurs de production. Trois conditions pour la PURE, les cinq pour la PARFAITE : le distinguo vaut des points. Une loi énoncée hors de son cadre est une loi fausse.
- Écris « toutes choses égales par ailleurs » chaque fois que tu énonces une loi — sans cette clause l'énoncé est faux, et le correcteur le sait.
- Le prix du bien change → mouvement LE LONG des courbes. N'importe quoi d'autre change → déplacement D'UNE courbe. Tranche avant de tracer, jamais pendant.
- Raisonne en trois temps : côté touché (demande ou offre) → sens du déplacement → nouvel équilibre. Le prix ET la quantité sont attendus, les deux valent des points.
- Équilibre chiffré : pose Qd = Qo, résous en P, remplace P* dans l'une des équations — puis recalcule avec l'autre. Deux résultats identiques, c'est un contrôle gratuit.
- On additionne des quantités, jamais des prix : la demande de marché est une somme horizontale.
- Prix encadré : commence par regarder de quel côté de l'équilibre il tombe. Plafond SOUS l'équilibre ou plancher AU-DESSUS : la contrainte mord. Sinon elle ne change rien, et le dire est la bonne réponse.
- Sous encadrement, la quantité échangée est le CÔTÉ COURT — min(Qd, Qo). Une pénurie de 400 ne veut pas dire 400 acheteurs servis plus tard : elle veut dire 400 qui ne seront pas servis.
- Deux chocs simultanés : traite-les un par un, puis combine. Là où ils s'accordent, conclus fermement ; là où ils s'opposent, écris « indéterminé » et dis pourquoi — c'est la réponse juste, pas une échappatoire.
- Piège classique : « le prix du café monte, donc la demande de café baisse » est FAUX — c'est la quantité demandée qui baisse. Réserve le mot « demande » à la courbe entière.
- Sur un graphique, nomme tout : axes (P, Q), courbes (D, O), équilibres (E₁, E₂), flèches de déplacement. Un schéma muet ne rapporte aucun point.
- Une quantité donnée, un prix demandé → forme inverse (P = …). Un prix donné, une quantité demandée → forme directe (Q = …). Choisir l'écriture avant de calculer évite la moitié des erreurs de signe.
- Méfie-toi des deux bouts d'une droite : le terme constant d'une forme directe (le 1300 de Qd) comme l'ordonnée à l'origine d'une forme inverse (6,50 € pour la demande, −0,50 € pour l'offre). Ces valeurs servent le calcul, elles ne décrivent rien hors de la plage de prix de l'énoncé — et un surplus mesuré jusqu'à elles est un chiffre de barème, pas une mesure.
Sources
- Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776
- James Anderson, An Enquiry into the Nature of the Corn Laws, 1777
- Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, 1803
- Thomas Robert Malthus, An Inquiry into the Nature and Progress of Rent, 1815
- Edward West, Essay on the Application of Capital to Land, 1815
- Robert Torrens, An Essay on the External Corn Trade, 1815
- David Ricardo, Essai sur l'influence du bas prix du blé sur les profits du capital, 1815
- David Ricardo, Des principes de l'économie politique et de l'impôt, 1817
- Jules Dupuit, De la mesure de l'utilité des travaux publics, 1844
- William Stanley Jevons, The Theory of Political Economy, 1871
- Carl Menger, Grundsätze der Volkswirtschaftslehre, 1871
- Léon Walras, Éléments d'économie politique pure, 1874
- Alfred Marshall, Principles of Economics, 1890
- Edward Chamberlin, The Theory of Monopolistic Competition, 1933