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Action ou obligation ?
Devenir copropriétaire d'une entreprise, ou lui prêter de l'argent ?
R = (P₁ − P₀ + revenu) / P₀ × 100 — pour les DEUX titresÉnoncé / motivation
Vous avez économisé 1 000 € et voulez les placer. Deux conseils reviennent sans cesse : « achetez des actions », « préférez les obligations ». Derrière ces deux mots se cachent deux CONTRATS radicalement différents — et tout le reste (revenu, risque, faillite) découle du contrat.
Le cours « Rendement et risque » a posé les définitions en deux phrases ; ici on les compare EN DÉTAIL. Acheter une ACTION, c'est acheter une part de propriété d'une entreprise : on devient COPROPRIÉTAIRE — avec un droit de vote à l'assemblée générale — et on touche parfois un DIVIDENDE : une part des bénéfices… que cette assemblée DÉCIDE chaque année de verser, ou non. Acheter une OBLIGATION, c'est PRÊTER : on devient CRÉANCIER d'une entreprise ou d'un État, qui DOIT verser l'intérêt prévu au contrat (le coupon, fixe le plus souvent) puis rembourser la somme prêtée à une date convenue.
Un mot encore, car il servira partout : le PORTEFEUILLE, c'est simplement l'ensemble des titres que vous détenez — votre collection de placements. Le cours déroule d'abord le face-à-face des deux contrats, ligne à ligne ; puis la vraie question d'épargnant : quelle PART de chaque, dans le portefeuille ?
Hypothèses
À ton avis, quelles hypothèses faut-il poser pour que ce modèle tienne ? Note tes idées — aucune piste n'est mauvaise, c'est ton plan de travail.
Ton plan de travail est encore vide. Lance-toi : propose au moins une idée.
0 idée(s) proposée(s)Formalisation
Le cours « Rendement et risque » a construit LA formule qui mesure n'importe quel placement : R = (P₁ − P₀ + revenu) / P₀ × 100. Elle vaut telle quelle pour une action comme pour une obligation — le revenu s'appelle dividende ici, coupon là. La comparaison ne porte donc pas sur la formule : elle porte sur ce que l'on SAIT D'AVANCE de chaque terme au moment d'acheter.
Pour l'action, seul P₀ — le prix payé — est certain. Le dividende ? Décidé chaque année par l'assemblée générale, possiblement nul (hypothèse 2). P₁, le prix de revente ? Jamais garanti, et sans échéance qui force une sortie (hypothèse 3). Le rendement d'une action est donc un rendement ESPÉRÉ au sens du cours précédent : une moyenne de scénarios, pas une promesse.
Pour l'obligation gardée jusqu'à l'échéance, tout est écrit d'avance : coupon fixé à l'émission (le plus souvent), nominal remboursé à date convenue. Sauf DÉFAUT de l'émetteur (étape Limites), son rendement est CONNU dès l'achat. (Revendue AVANT l'échéance, en revanche, elle vaut le prix du marché, qui bouge avec les taux d'intérêt — c'est précisément l'objet du cours « Prix d'une obligation et taux d'intérêt ».)
Voilà le face-à-face complet : statut (copropriétaire / créancier), revenu (voté, possiblement nul / dû par contrat), échéance (aucune / date fixe), faillite (payé en dernier / remboursé d'abord), certitude (rendement espéré / rendement connu sauf défaut). Reste la question d'épargnant : MÉLANGER les deux — la part d'actions du portefeuille devient le curseur du couple rendement-risque, réglé à l'étape suivante. Clique chaque terme :
Résolution / calcul
Un épargnant place 10 000 € : 30 % en actions, 70 % en obligations à coupon 3 % (supposées sans défaut et gardées — hypothèses des Limites). Bonne année boursière : les actions font +20 %. Mauvaise année : −10 %. Déroulons les deux scénarios, puis règle la part d'actions toi-même.
- Répartir le capital (part actions : 30 %)
10 000 × 30 %3 000 € en actions, 7 000 € en obligations - Scénario FAVORABLE : actions +20 %, coupon 3 %
3 000 × 1,20 + 7 000 × 1,03= 10 810 € (+8,1 %) - Scénario DÉFAVORABLE : actions −10 %, coupon 3 % quand même
3 000 × 0,90 + 7 000 × 1,03= 9 910 € (−0,9 %) - Lecture : espéré (scénarios 50/50) et fourchette
(10 810 + 9 910) ÷ 2 ; 10 810 − 9 910espéré 10 360 € (+3,6 %) ; fourchette 900 € — soit 9 points de rendement (8,1 − (−0,9))
À 30 % d'actions, on ESPÈRE +3,6 % en acceptant de finir n'importe où entre −0,9 % et +8,1 %. C'est le couple du cours précédent, rendu réglable : plus de part actions = espéré plus haut ET fourchette plus large. Le coupon, lui, tombe dans les deux scénarios — c'est lui qui amortit la mauvaise année.
portefeuille = part actions × (1 + scénario) + part obligations × (1 + coupon)Règle la part d'actions et les scénarios : les deux issues, l'espéré et la fourchette se déduisent (capital : 10 000 €). Regarde la fourchette se refermer quand la part d'actions descend — c'est ça, un profil prudent. (Les seuils des profils sont des repères indicatifs, pas une règle.)
Interprétation économique
Action ou obligation : pas « la bonne contre la mauvaise », mais deux contrats — et le dosage entre les deux fait le profil de l'épargnant.
L'actionnaire mise sur la RÉUSSITE : il vote à l'assemblée générale, espère dividendes et hausse du prix — et assume d'être payé en dernier si tout tourne mal (hypothèse 4). L'obligataire mise sur la PAROLE DONNÉE : coupon dû, nominal remboursé à l'échéance, quoi qu'il arrive aux bénéfices. C'est exactement pourquoi l'action doit offrir une espérance plus haute — la prime de risque du cours « Rendement et risque », relue à la lumière du contrat.
Au simulateur, la part d'actions règle tout : 10 % = fourchette étroite, dormir tranquille ; 70 % = espéré plus haut, secousses assumées. Il n'y a pas de bon réglage universel — l'horizon compte (une épargne pour dans 30 ans encaisse les secousses, une épargne pour l'an prochain non). (Et répartir chaque poche sur BEAUCOUP de titres — diversifier, déjà croisé au cours précédent — réduit la dispersion sans sacrifier l'espérance. Retiens surtout : le dosage actions/obligations est le premier choix, avant même de choisir LES titres.)
Le face-à-face se lit aussi du point de vue de l'ÉMETTEUR. Émettre des actions, c'est lever des FONDS PROPRES : rien à rembourser, mais on partage le pouvoir de décision et les bénéfices futurs. Émettre des obligations, c'est s'ENDETTER : on garde les commandes, mais le coupon est dû même les mauvaises années. Le choix de financement d'une entreprise est le miroir exact du choix de placement de l'épargnant.
Limites / critiques
Exercices
Vous détenez 40 actions à 18 € et 6 obligations de 500 €. Combien vaut votre portefeuille (en €) ?
L'assemblée générale décide de ne verser AUCUN dividende cette année. L'actionnaire peut-il l'exiger ?
5 000 € placés 100 % en actions : +30 % ou −10 % l'an prochain, à pile ou face. Quelle est la valeur ESPÉRÉE du portefeuille (en €) ?
Vrai ou faux : une action a une échéance — l'entreprise rembourse votre mise au bout de quelques années.
Vous achetez une obligation d'État. Êtes-vous copropriétaire de l'État ?
Une entreprise fait faillite. Sur ce qui reste, qui est remboursé en PREMIER ?
Mêmes 5 000 €, placés cette fois en obligations à coupon 4 % (sans défaut, gardées à l'échéance). Valeur dans un an (en €) ?
Une entreprise veut financer une usine SANS partager le pouvoir de décision ni les bénéfices futurs. Elle émet plutôt…