Le commerce international
Le commerce international désigne l'ensemble des échanges de biens et services entre les économies nationales. Mankiw y consacre des chapitres fondamentaux, en démontrant que le principe de l'avantage comparatif — chaque pays a intérêt à se spécialiser dans les productions pour lesquelles son coût d'opportunité est le plus faible — constitue l'une des propositions les plus robustes de la science économique.
Dernière mise à jour : 8 juillet 2026
Définition
DéfinitionLe commerce international repose sur l'échange de biens et de services entre pays. La balance commerciale mesure la différence entre les exportations (biens et services vendus à l'étranger) et les importations (biens et services achetés à l'étranger). Un excédent commercial signifie que le pays exporte plus qu'il n'importe ; un déficit commercial indique l'inverse.
Le commerce international est un jeu à somme positive : les deux partenaires commerciaux gagnent à l'échange, même si l'un d'entre eux est plus efficace dans la production de tous les biens. Ce résultat repose sur le concept d'avantage comparatif, distinct de l'avantage absolu. Les flux de capitaux, qui relèvent quant à eux de la balance des paiements, sont liés aux échanges par l'identité : NX = S − I, où NX sont les exportations nettes, S l'épargne nationale et I l'investissement. La balance des paiements, plus large que la balance commerciale, enregistre l'ensemble des transactions d'un pays avec le reste du monde, y compris les flux financiers et les transferts.
Pourquoi c'est important
Le principe de l'avantage comparatif est l'une des contributions les plus fondamentales de la science économique. La quasi-totalité des économistes s'accordent sur les bénéfices du commerce libre, même s'ils reconnaissent ses effets redistributifs : certains secteurs et travailleurs souffrent de la concurrence étrangère à court terme, ce qui nécessite des politiques d'accompagnement (reconversion, formation, amortisseurs sociaux).
Le protectionnisme, bien que populaire politiquement, engendre une perte sèche pour l'économie : les consommateurs paient des prix plus élevés, les ressources productives sont mal allouées, et les représailles commerciales des partenaires peuvent annuler les gains espérés.
Points clés
Le commerce international permet une allocation plus efficace des ressources mondiales : chaque pays se consacre aux productions où il est relativement le plus performant, ce qui accroît la production totale mondiale
Les gains du commerce ne sont pas également répartis au sein d'un pays : selon le théorème de Stolper-Samuelson, le libre-échange avantage le facteur de production abondant (le travail peu qualifié dans les pays en développement, le capital et le travail qualifié dans les pays avancés) et désavantage le facteur rare
Les taux de change ont un effet direct sur la compétitivité : une monnaie faible rend les exportations moins chères et les importations plus onéreuses, ce qui tend à améliorer la balance commerciale — à condition que les volumes échangés réagissent suffisamment aux prix (condition de Marshall-Lerner). À court terme, l'effet prix domine souvent : la balance se dégrade d'abord avant de s'améliorer (courbe en J). L'effet inverse opère avec une monnaie forte
Mankiw insiste dans ses éditions récentes sur la distinction entre arguments légitimes en faveur du protectionnisme (sécurité nationale, industries naissantes) et arguments fallacieux (protection contre la « concurrence déloyale » des pays à bas salaires)
Exemple concret
ExemplesL'Allemagne affiche un excédent commercial structurel important : il s'est effondré à environ 80 Mds€ en 2022 sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie, avant de rebondir à 209 Mds€ en 2023 puis à environ 240 Mds€ en 2024, grâce à la compétitivité de son industrie manufacturière (automobile, machines-outils, chimie). À l'inverse, les États-Unis présentent un déficit commercial chronique : 918 milliards de dollars en 2024 pour les biens et services, soit un déficit d'environ 1 200 milliards sur les biens, partiellement compensé par un excédent sur les services. Leur principal déséquilibre bilatéral est avec la Chine : environ 295 milliards de dollars sur les seuls biens en 2024, soit près d'un quart du déficit américain sur les biens. La guerre commerciale sino-américaine initiée en 2018 (droits de douane allant jusqu'à 25% sur environ 250 milliards de dollars d'importations chinoises, une dernière tranche étant ramenée à 7,5% après l'accord de « Phase One » de 2020) a pris une toute autre échelle en 2025 : les États-Unis ont instauré un tarif plancher de 10% sur la quasi-totalité de leurs importations, assorti de surtaxes bien plus élevées selon les pays et les secteurs (pic à 145% sur la Chine au printemps 2025, avant une désescalade négociée), portant leur droit de douane moyen à son plus haut niveau depuis les années 1930. Ces épisodes illustrent les risques du protectionnisme moderne : perturbation des chaînes d'approvisionnement, hausse des prix pour les consommateurs et incertitude pour les entreprises.
Anecdote Mankiw
MankiwMankiw illustre l'avantage comparatif par l'exemple célèbre du fermier et de l'éleveur : même si le fermier est plus efficace que l'éleveur pour produire à la fois des pommes de terre et de la viande, les deux gagnent à se spécialiser et à échanger, car leur coût d'opportunité diffère. Le principe sous-jacent, formulé par David Ricardo en 1817 (à partir de l'exemple du drap anglais et du vin portugais), reste aussi pertinent au XXIe siècle qu'il y a deux siècles.
Impact sur les marchés
MarchésLes données de la balance commerciale et les évolutions des politiques commerciales influencent directement les marchés de devises : un excédent commercial structurel tend à renforcer la monnaie nationale, tandis qu'un déficit chronique l'affaiblit. Les tensions commerciales (droits de douane, sanctions, guerres commerciales) génèrent de la volatilité sur les marchés actions, en particulier pour les entreprises exportatrices et les secteurs dépendants des chaînes d'approvisionnement mondiales. Les marchés des matières premières sont également affectés, car les restrictions commerciales peuvent perturber l'offre et la demande mondiales.