Volume et OI ÉlevéChapitre 8

Le volume et l'open interest

Le volume mesure l'intensité de l'activité du marché et confirme ou infirme les signaux de prix. Murphy lui consacre le chapitre 7 de « Technical Analysis of the Financial Markets » et le considère comme le deuxième pilier de l'analyse technique après le prix. Sur les marchés à terme, l'open interest (intérêt ouvert) apporte une dimension supplémentaire en mesurant l'engagement des participants.

Dernière mise à jour : 29 juillet 2026

Prérequis

Prérequis

Cette fiche suppose la maîtrise des concepts de tendances, supports et résistances (ch. 2), des figures chartistes (ch. 3) et des moyennes mobiles (ch. 5). Le volume est un outil de confirmation qui complète l'analyse de ces éléments fondamentaux.

Définition

Définition

Murphy définit le volume au chapitre 7 (éd. 1999) comme le nombre total d'unités (actions, contrats, lots) échangées au cours d'une période donnée. Le volume mesure l'intensité et la conviction derrière un mouvement de prix. Un mouvement de prix accompagné d'un volume élevé est considéré comme plus significatif et durable qu'un mouvement sur faible volume — le volume est le « carburant » qui alimente la tendance.

L'open interest (OI, intérêt ouvert) est spécifique aux marchés dérivés (futures, options). Il représente le nombre total de contrats ouverts (non encore liquidés) à un instant donné. Contrairement au volume qui mesure l'activité, l'OI mesure l'engagement. Un OI croissant signifie que de nouveaux participants entrent sur le marché, renforçant la tendance en cours.

Murphy reprend à son compte la règle fondamentale des techniciens : « le volume précède le prix ». Les changements dans la dynamique du volume annoncent souvent des changements dans la direction des prix. Un essoufflement du volume en tendance haussière (alors que le prix continue de monter) est un signal d'alerte précoce que la tendance s'affaiblit.

Pourquoi c'est important

Murphy place le volume au même rang d'importance que le prix et la tendance dans la hiérarchie de l'analyse technique. La raison est simple : le prix seul ne raconte qu'une partie de l'histoire. Un nouveau sommet sur un volume en baisse (divergence volume/prix) est un signal d'alerte que la hausse manque de conviction — les acheteurs sont de moins en moins nombreux à pousser le prix vers le haut. À l'inverse, un breakout sur volume explosif montre que de nombreux nouveaux participants entrent en position, renforçant considérablement la probabilité que le mouvement se poursuive.

Murphy souligne que le volume est le seul outil qui mesure directement la participation des acteurs de marché. Les indicateurs de prix (RSI, MACD) sont dérivés du prix et n'apportent pas d'information fondamentalement nouvelle. Le volume, en revanche, est une variable indépendante qui confirme ou infirme ce que le prix raconte.

Points clés

Murphy établit quatre règles d'or du volume et de la tendance : (1) Dans une tendance haussière saine, le volume augmente lors des impulsions haussières et diminue lors des corrections — les acheteurs sont plus agressifs que les vendeurs. (2) L'inverse en tendance baissière. (3) Un breakout haussier sans expansion du volume est suspect — l'exigence est asymétrique : Murphy précise qu'un marché peut chuter de son propre poids sur volume faible, alors qu'une cassure haussière exige la confirmation du volume. (4) Un pic de volume extrême signale souvent un point d'épuisement

La divergence volume/prix est le signal le plus fiable du volume. Si le prix fait un nouveau sommet mais le volume est inférieur au sommet précédent, la hausse s'essouffle. Murphy considère ce signal comme plus fiable que les divergences des oscillateurs car le volume mesure directement la participation

L'OBV (On Balance Volume), créé par Joe Granville, est l'indicateur de volume le plus simple et le plus répandu selon Murphy — qui souligne aussitôt sa limite : tout le volume de la séance est affecté à un seul camp selon le signe de la clôture, d'où des variantes plus fines qui pondèrent le volume par l'amplitude du mouvement. Sa direction doit confirmer celle du prix. Si le prix monte mais l'OBV stagne ou baisse, un retournement est probable

Sur les marchés à terme, Murphy recommande de combiner volume et open interest et en tire quatre combinaisons prix/OI. Prix en hausse + OI en hausse = tendance haussière saine (de l'argent neuf entre à l'achat) ; prix en baisse + OI en hausse = tendance baissière confirmée (des vendeurs neufs s'engagent). Les deux cas intermédiaires sont les plus instructifs : prix en hausse + OI en baisse = short covering — hausse techniquement faible, alimentée par le rachat des vendeurs à découvert sans argent neuf, signal d'alerte classique ; prix en baisse + OI en baisse = liquidation de positions longues, la baisse s'épuise faute de nouveaux vendeurs. Le volume en expansion renforce chacune de ces lectures

Exemple concret

Exemples

Le 24 janvier 2022, le S&P 500 a connu une séance spectaculaire de selling climax : après une ouverture en forte baisse (−4% en intraday), le volume NYSE a explosé à plus de 5 milliards d'actions échangées (contre une moyenne d'environ 3,5 milliards). Le marché a ensuite retracé intégralement la baisse pour clôturer en légère hausse, formant un marteau sur volume extrême. Ce climax de volume a marqué le creux de court terme du marché avant un rebond de 8% en deux semaines. Murphy note que les selling climax sont parmi les signaux de retournement les plus fiables car ils représentent la capitulation des derniers vendeurs — quand tout le monde a vendu, il ne reste que des acheteurs potentiels.

Erreurs fréquentes

Attention

Ignorer le volume lors de l'analyse des breakouts. Murphy y voit une des causes principales des signaux de breakout ratés : sans expansion significative du volume, une cassure haussière reste suspecte tant qu'elle n'est pas confirmée

Analyser le volume en absolu plutôt qu'en relatif. Un volume de 10 millions de titres ne signifie rien en soi : il faut le comparer à la moyenne récente (typiquement 20 ou 50 jours)

Confondre volume élevé et signal d'achat. Un volume élevé en baisse est un signal baissier (les vendeurs sont agressifs), pas un signal d'achat

Oublier les limites des données de volume selon les marchés. Murphy vise le forex spot — marché de gré à gré sans volume centralisé, où le volume affiché n'est que celui du broker — et rappelle que sur les futures, volume et open interest sont publiés avec un jour de décalage. L'avertissement s'étend aux crypto-actifs, postérieurs à son livre : le volume y est celui de chaque plateforme, gonflable par le wash trading

Astuce Murphy

Murphy

Si vous ne devez retenir qu'une seule règle sur le volume, c'est l'adage des techniciens que Murphy martèle : « le volume précède le prix ». Avant de prendre toute décision de trading, regardez le volume. Un mouvement de prix sans volume est comme un procès sans preuves — il n'est pas recevable. Il recommande d'ajouter systématiquement un histogramme de volume sous le graphique de prix et de vérifier que chaque signal important est confirmé par le volume avant d'agir.

📊 Volume — Confirmation des Breakouts

PrixRésistanceBreakout ✓Faux ✗Vol.Volume élevé → ValideVolume faible → SuspectPrixVolume

Impact sur les marchés

Marchés

Les journées à volume anormalement élevé sur les indices majeurs sont immédiatement commentées par tous les médias financiers et les analystes. Les selling climax et les blow-off tops sont des événements de marché majeurs qui déclenchent des réallocations d'actifs massives. Le VWAP est la référence utilisée par les algorithmes d'exécution institutionnels pour minimiser l'impact de leurs ordres sur le marché. Le volume profile est utilisé par les market makers et les traders haute fréquence pour identifier les zones de liquidité optimales.

Référence