Épargne et Invest.Chapitre 9

Épargne et investissement

L'épargne et l'investissement pèsent sur le niveau de richesse d'une économie à long terme. Gregory Mankiw, auteur de manuels d'économie très utilisés, y présente le marché des fonds prêtables au sein d'un chapitre plus large. Ce modèle simplifié décrit une économie où l'épargne nationale finance l'investissement productif et où le taux d'intérêt réel égalise l'offre de fonds (épargne) et la demande de fonds (investissement).

Dernière mise à jour : 16 octobre 2026

Définition

Définition

L'identité fondamentale de la comptabilité nationale établit que, dans une économie fermée, l'épargne nationale (S) est nécessairement égale à l'investissement (I) : S = I. L'épargne nationale se compose de l'épargne privée (revenus des ménages et des entreprises non consommés) et de l'épargne publique, que le modèle de Mankiw assimile au solde budgétaire (excédent de l'État, ou désépargne en cas de déficit), parce qu'il compte l'investissement public dans les dépenses de l'État (G) ; en comptabilité nationale, un État peut être en déficit avec une épargne positive. On dérive cette identité à partir de l'équation Y = C + I + G.

Le marché des fonds prêtables est un modèle simplifié : il représente l'économie comme un marché unique où l'offre de fonds (l'épargne) rencontre la demande de fonds (l'investissement). Dans ce modèle, le taux d'intérêt réel est le prix d'équilibre : il détermine combien les épargnants reçoivent pour leur épargne et combien les emprunteurs paient pour financer leurs investissements. Formellement : S(r) = I(r), où S est croissant en r et I décroissant en r.

Mankiw lui-même réserve ce modèle au long terme. À court terme, il explique le taux d'intérêt par l'offre et la demande de monnaie (la théorie de la préférence pour la liquidité) ; dans ce cadre, la banque centrale agit sur le taux en faisant varier l'offre de monnaie (en pratique, en temps normal, elle fixe le taux et la quantité de monnaie suit). Le modèle des fonds prêtables laisse aussi de côté la création monétaire : selon un article de la Banque d'Angleterre (McLeay, Radia et Thomas, « Money creation in the modern economy », 2014), quand une banque accorde un crédit, elle crée en même temps un dépôt sur le compte de l'emprunteur ; elle ne prête pas une épargne déposée au préalable. Enfin, dans l'analyse keynésienne, le lien peut aller dans l'autre sens : c'est l'investissement qui, en faisant varier le revenu, ajuste l'épargne (voir « Paradoxe de l'épargne » au Vocabulaire).

Comment ça marche

Un modèle simple, celui du marché des fonds prêtables, présenté notamment par Gregory Mankiw, décrit comment l'épargne d'un pays finance son investissement. C'est un modèle de long terme, qui suppose trois choses : la production du pays est fixée, à chaque période, par son travail, son capital et sa technologie ; le pays ne commerce pas avec l'étranger et ne lui emprunte rien ; toute l'épargne passe par un marché unique, où le taux d'intérêt réel joue le rôle de prix.

  1. Ce qui n'est pas consommé devient une offre de fonds. Ménages et entreprises mettent de côté une partie de leurs revenus, et l'État aussi quand ses recettes dépassent ses dépenses.

    1. Ce qui n'est pas consommé devient une offre de fonds

    Les ménages mettent de côté une partie de leur revenu, les entreprises une partie de leurs bénéfices, et l'État aussi quand ses recettes dépassent ses dépenses. Dans ce modèle, toute cette épargne est traitée comme si elle passait par ce marché unique, qui regroupe les banques et les marchés financiers, même quand une entreprise investit elle-même ses bénéfices.

  2. Les entreprises et les ménages empruntent ces fonds pour investir. Ils achètent machines, bâtiments et logements neufs : c'est la demande de fonds, d'autant plus forte que le taux d'intérêt réel est bas.

    2. Les entreprises et les ménages empruntent ces fonds pour investir

    Les entreprises achètent des machines et des bâtiments, les ménages des logements neufs : c'est la demande de fonds. En général, un projet n'est lancé que si l'on en attend plus que ce que coûte l'argent emprunté : plus le taux réel est bas, plus il y a de projets rentables.

  3. Le taux d'intérêt réel égalise l'offre et la demande de fonds. S'il y a plus de fonds offerts que demandés, le taux baisse ; s'il en manque, il monte. Il se fixe là où l'épargne voulue égale l'investissement voulu.

    3. Le taux d'intérêt réel égalise l'offre et la demande de fonds

    Si les épargnants offrent plus de fonds que les emprunteurs n'en demandent, le taux baisse : épargner rapporte moins, emprunter coûte moins, et des projets jusque-là trop chers deviennent rentables. S'il manque des fonds, le taux monte. Il se fixe là où l'épargne que l'on veut faire égale l'investissement que l'on veut faire. Dans les comptes d'un pays fermé, l'épargne et l'investissement mesurés sont de toute façon égaux après coup, par construction ; le modèle, lui, explique à quel taux, et à quel niveau, l'épargne et l'investissement voulus deviennent égaux.

  4. Plus d'épargne, plus de capital, une production par habitant plus élevée. Le pays accumule des machines et produit davantage par habitant ; ensuite, cette production reste plus élevée, mais ne croît plus qu'au rythme du progrès technique.

    4. Plus d'épargne, plus de capital, une production par habitant plus élevée

    Si le pays épargne durablement davantage, le taux réel baisse et l'investissement monte. Le modèle des fonds prêtables s'arrête là : il ne suit pas les machines qui s'accumulent ensuite ; le modèle de croissance de Solow décrit la suite. Le pays accumule des machines et des bâtiments, et la croissance de la production par habitant accélère un temps ; mais, pour un même nombre de travailleurs, chaque machine de plus rapporte un peu moins que la précédente, si bien que cette croissance revient ensuite au rythme du progrès technique, avec une production par habitant durablement plus élevée.

Épargner plus n'est pas toujours mieux : épargner davantage, c'est d'abord consommer moins ; à long terme, comparée à ce qu'elle aurait été sans ce changement, la consommation par habitant n'augmente que si le taux d'épargne de départ était inférieur à celui de la règle d'or, c'est-à-dire au taux d'épargne qui donne, à long terme, la consommation par habitant la plus élevée ; au-delà de ce taux, épargner davantage la réduit.

Un déficit budgétaire pèse sur l'investissement, dans ce modèle : quand le déficit se creuse, c'est-à-dire quand l'écart entre ce que l'État dépense et ce qu'il perçoit grandit, l'épargne nationale baisse, sauf si les ménages épargnent d'autant plus pour compenser. L'État emprunte pour couvrir l'écart ; il reste moins de fonds pour les autres emprunteurs, le taux réel monte et une partie des projets privés est abandonnée. C'est l'effet d'éviction financière (en anglais, crowding out) ; son ampleur dans les faits varie selon les périodes et reste débattue.

C'est surtout le taux réel qui compte : un prêt à 5 % quand les prix montent de 3 % par an ne coûte, en pouvoir d'achat, qu'environ 2 %. Comme ils décident avant de connaître la hausse des prix, épargnants et emprunteurs regardent le taux affiché moins l'inflation qu'ils attendent.

L'épargne ne réagit pas forcément au taux, ni toujours dans le même sens : un taux plus élevé rend l'épargne plus attirante, mais il permet aussi d'atteindre le même objectif, par exemple une somme pour la retraite, en mettant moins de côté. Pour celui qui épargne, les deux effets se compensent en partie, et selon le cas l'un ou l'autre l'emporte. Dans son manuel de macroéconomie, Mankiw trace d'ailleurs, pour simplifier, une épargne qui ne dépend pas du taux, puis montre la variante où elle augmente avec lui, celle que retient la définition ci-dessus.

Un pays ouvert peut investir plus qu'il n'épargne : il fait alors appel à l'épargne étrangère, en empruntant à l'étranger ou en lui vendant une partie de ce qu'il possède, et l'écart entre son épargne et son investissement apparaît dans le solde de son compte courant. Le compte courant des États-Unis est ainsi déficitaire chaque année depuis 1982, sauf en 1991.

Quand ça ne se passe pas comme prévu

Épargner plus peut faire baisser le revenu : si tous les ménages veulent épargner davantage en même temps, sans que les entreprises veuillent investir davantage (par exemple parce que le taux ne baisse pas assez ou que leurs ventes s'annoncent en baisse), la consommation recule. Avec elle reculent les ventes, la production et les revenus ; au bout du compte, l'épargne totale peut ne pas augmenter. C'est le paradoxe de l'épargne : l'idée, déjà présente chez Mandeville (La Fable des abeilles) puis chez Hobson et Mummery (1889), a été placée par Keynes au cœur de son analyse (1936), et le nom a été popularisé par Samuelson (1948). Le modèle des fonds prêtables l'écarte : la production y est fixée, et la baisse du taux y relance toujours l'investissement.

Le taux ne peut pas toujours baisser assez : en 2013, l'économiste Lawrence Summers a relancé l'hypothèse d'une « stagnation séculaire », formulée par Alvin Hansen à la fin des années 1930. Quand on veut épargner beaucoup plus que les projets ne demandent, le taux réel qui égaliserait les deux peut devenir négatif. Or un taux affiché descend difficilement sous zéro : si l'inflation est faible, le taux réel ne peut pas baisser assez. Ce n'est alors plus le taux qui égalise l'épargne que l'on veut faire et l'investissement que l'on veut faire, mais la production : elle baisse, et les revenus avec elle, jusqu'à ce que l'épargne voulue retombe au niveau des projets. Dans les grands pays développés, et semble-t-il dans le monde, les taux d'intérêt réels des emprunts d'État à long terme ont baissé d'environ 4,5 points de pourcentage entre la fin des années 1980 et 2015 (Rachel et Smith, document de travail de la Banque d'Angleterre, 2015). Avec prudence, les auteurs en expliquent la plus grande partie, surtout par une épargne voulue plus forte, liée notamment au vieillissement et à la hausse des inégalités, et par un investissement voulu plus faible. Une croissance attendue plus lente compte moins dans leur calcul.

Aux États-Unis, les taux réels ont nettement remonté depuis 2022 : quand la Réserve fédérale a relevé ses taux pour freiner l'inflation, le rendement réel des emprunts d'État à 10 ans indexés sur l'inflation est passé d'environ −0,9 % en moyenne en 2021 à environ 2 % en moyenne en 2025, contre 0,4 % en 2019 (Trésor américain). Reste à savoir si le taux neutre, celui qui ne freine ni ne stimule l'économie, a lui aussi monté. En avril 2023, le FMI jugeait cette remontée probablement temporaire : une fois l'inflation maîtrisée, les banques centrales des économies avancées devraient assouplir leur politique et ramener les taux réels vers leurs niveaux d'avant la pandémie, plus ou moins près selon la persistance d'une dette publique élevée, la façon de financer les politiques climatiques et l'ampleur de la démondialisation.

Le taux d'intérêt d'un pays peut dépendre de l'épargne des autres, qui vient financer son investissement : en 2005, Ben Bernanke, alors membre du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, a proposé une explication qu'il jugeait lui-même quelque peu inhabituelle. Selon lui, le déficit du compte courant des États-Unis et la faiblesse des taux d'intérêt réels des emprunts à long terme dans le monde venaient en partie d'une « surabondance d'épargne » mondiale. Cette épargne provenait notamment des pays producteurs de pétrole, des pays émergents d'Asie et de pays riches vieillissants comme l'Allemagne et le Japon. Selon cette lecture, les taux américains dépendaient alors en partie d'une épargne qui n'était pas celle des Américains.

À l'inverse, l'épargne a longtemps moins voyagé qu'on ne l'attendrait si les capitaux circulaient librement : Feldstein et Horioka (1980) ont constaté que, dans 16 pays de l'OCDE entre 1960 et 1974, le taux d'investissement moyen d'un pays suivait de près son taux d'épargne, comme si chaque économie était presque fermée. Ce lien s'est beaucoup relâché depuis entre les pays qui forment la zone euro : entre 1991 et 2001, il y était devenu faible (Blanchard et Giavazzi, 2002).

Pourquoi c'est important

Dans le modèle de Solow, l'épargne pèse sur le niveau de richesse de long terme, tandis que seul le progrès technique soutient une croissance durable du PIB par habitant. Un pays qui épargne davantage peut investir davantage, ce qui augmente son stock de capital, sa productivité et son PIB potentiel. Toutefois, du fait des rendements décroissants du capital, une hausse du taux d'épargne élève le niveau du PIB par habitant à l'état stationnaire, mais pas le taux de croissance de long terme — l'effet sur la croissance n'est que transitoire.

Dans le modèle des fonds prêtables, le taux d'intérêt réel sert de signal pour répartir les ressources entre consommation présente et consommation future. Un taux réel élevé rend l'épargne plus attirante (reporter sa consommation rapporte davantage), sans que l'épargne monte forcément, et décourage les investissements dont le rendement attendu est faible. Un taux réel bas ou négatif encourage l'endettement et l'investissement, mais peut conduire à une allocation inefficace du capital si des projets non rentables sont financés.

Points clés

L'identité S = I est une égalité comptable : dans une économie fermée, elle est toujours vérifiée après coup, mais elle ne dit pas lequel des deux entraîne l'autre. En économie ouverte, un pays peut investir plus qu'il n'épargne en empruntant à l'étranger (déficit du compte courant)

Dans le modèle des fonds prêtables, les politiques qui encouragent l'épargne (excédents budgétaires, ou incitations fiscales à l'épargne si elles font monter l'épargne nationale) déplacent la courbe d'offre de fonds prêtables vers la droite, faisant baisser le taux d'intérêt réel et augmentant l'investissement d'équilibre

Les déficits budgétaires réduisent l'épargne publique, et donc l'épargne nationale, sauf si les ménages épargnent d'autant plus pour compenser. Dans le modèle des fonds prêtables, ils absorbent une partie des fonds, font monter le taux d'intérêt réel et évincent l'investissement privé (crowding out).

Le taux d'épargne de la « règle d'or » est celui qui maximise la consommation par habitant à l'état stationnaire : il correspond à la condition PMK = δ + n (la productivité marginale du capital doit égaler la somme de la dépréciation et de la croissance démographique), qui devient PMK = δ + n + g dès que l'on introduit le progrès technique au taux g. Épargner plus que ce taux réduit paradoxalement cette consommation, car trop de ressources sont consacrées à l'investissement

Exemple concret

Exemples

Un calcul simple montre l'effet d'éviction. Supposons une épargne nationale de 200 (en milliards d'euros par an), qui ne dépend pas du taux, et une demande d'investissement égale à 300 − 25 × r, où r est le taux d'intérêt réel en %. L'équilibre est atteint quand 200 = 300 − 25 × r, soit un taux de 4 % : l'investissement vaut alors 200. Si l'État dépense 50 de plus sans relever les impôts, son déficit se creuse de 50 et l'épargne nationale tombe à 150 ; l'équilibre exige alors 150 = 300 − 25 × r, soit un taux de 6 %, et l'investissement tombe à 150 : il perd 50, autant que le déficit. L'éviction est ici totale parce que l'épargne ne réagit pas au taux ; si elle augmentait avec lui, le taux monterait moins et l'investissement perdrait moins de 50.

Le Japon présentait historiquement un taux d'épargne des ménages très élevé (entre 13 et 23 % dans les années 1970-80), mais celui-ci est tombé ces dernières années à un niveau proche de zéro, parfois négatif, hors pic de 2020. Depuis 2000, ce recul tient surtout à la baisse du taux d'épargne des ménages âgés, bien plus qu'au vieillissement de la population (Horioka, 2024). Malgré un taux d'épargne national encore soutenu (porté par les entreprises), la croissance reste atone depuis trois décennies, illustrant que l'épargne seule ne suffit pas si les opportunités d'investissement rentable manquent ou si la démographie est déclinante. À l'inverse, la Chine a maintenu un taux d'investissement dépassant 40 % de son PIB pendant deux décennies, finançant une croissance spectaculaire mais posant des questions de surcapacité dans certains secteurs. En France, le taux d'épargne des ménages recule à 17,4 % du revenu disponible brut en 2025, après 18,0 % en 2024, et reste nettement au-dessus de la moyenne de la zone euro (14,7 % en 2025, Banque de France).

Pour aller plus loin

Progression

Mankiw utilise le marché des fonds prêtables comme un modèle simple : l'offre (épargne) et la demande (investissement) déterminent le taux d'intérêt réel d'équilibre selon S(r) = I(r). Il s'en sert pour analyser l'impact de trois politiques : des incitations à l'épargne (qui, dans son modèle, augmentent l'épargne privée et déplacent l'offre de fonds vers la droite), un déficit ou un excédent budgétaire (qui fait varier l'épargne publique) et un crédit d'impôt à l'investissement (qui augmente la demande de fonds). Dans chaque cas, le modèle indique dans quel sens bouge le taux d'intérêt réel ; l'investissement aussi, à une exception près : si l'épargne ne dépend pas du taux, comme dans l'Exemple concret, un crédit d'impôt fait monter le taux sans changer l'investissement. Cette lisibilité en fait un outil d'enseignement commode.

Les travaux cités dans cette fiche :

N. Gregory Mankiw, Macroéconomie et Principes de l'économie : le marché des fonds prêtables, la règle d'or et l'effet d'éviction.

Bernard Mandeville, La Fable des abeilles ; John A. Hobson et Albert F. Mummery, The Physiology of Industry (1889) ; Paul A. Samuelson, Economics (1948) : le paradoxe de l'épargne avant et après Keynes.

Robert M. Solow, « A Contribution to the Theory of Economic Growth », Quarterly Journal of Economics, 1956.

John Maynard Keynes, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936).

Alvin H. Hansen, « Economic Progress and Declining Population Growth », American Economic Review, mars 1939.

Lawrence H. Summers, intervention à la conférence annuelle de recherche du FMI, novembre 2013 (stagnation séculaire).

Łukasz Rachel et Thomas D. Smith, « Secular drivers of the global real interest rate », Banque d'Angleterre, Staff Working Paper n° 571, décembre 2015.

Ben S. Bernanke, « The Global Saving Glut and the U.S. Current Account Deficit », conférence Sandridge, Richmond, 10 mars 2005.

Martin Feldstein et Charles Horioka, « Domestic Saving and International Capital Flows », The Economic Journal, 1980.

Olivier Blanchard et Francesco Giavazzi, « Current Account Deficits in the Euro Area: The End of the Feldstein-Horioka Puzzle? », Brookings Papers on Economic Activity, 2002.

Michael McLeay, Amar Radia et Ryland Thomas, « Money creation in the modern economy », Banque d'Angleterre, Quarterly Bulletin, 2014.

Charles Yuji Horioka, « Household Saving in Japan: The Past, Present, and Future », université d'Osaka, ISER Discussion Paper n° 1264, 2024.

FMI, Perspectives de l'économie mondiale, avril 2023, chapitre 2 : « The Natural Rate of Interest: Drivers and Implications for Policy ».

Trésor américain, courbe quotidienne des rendements réels (Daily Treasury Par Real Yield Curve Rates) ; Banque de France, « Épargne des ménages », 2026-T1.

Les fiches ci-dessous prolongent les modèles invoqués ici : Solow pour l'accumulation du capital, IS-LM pour le court terme, la monnaie pour la création monétaire, le commerce international pour la balance des paiements.

Marché des fonds prêtables

rFonds prêtables (Q)S (épargne)I (invest.)S'E'S''E''I'E'Er*Q*
  • Offre de fonds (épargne)
  • Demande de fonds (investissement)

Impact sur les marchés

Marchés

Le taux d'intérêt réel influence l'ensemble des classes d'actifs. Un taux réel négatif (taux nominal inférieur à l'inflation) tend à pousser les investisseurs vers les actifs risqués (actions, immobilier, crypto-actifs), car les placements sûrs offrent un rendement réel nul ou négatif. Un taux réel positif élevé rend en général les obligations et les placements monétaires attractifs par rapport aux actions et favorise un arbitrage des portefeuilles vers la sécurité. Le taux réel à long terme sert de référence pour actualiser les revenus futurs, et pèse ainsi sur la valorisation de la plupart des actifs financiers.

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